LBS RITES DESTRUCTEURS. L ENVOÛTEMENT
— et en même temps Ton provoquait, car c'est tout un — sa déroute et sa fuite. Finalement, l'image de r ennemi était probablement détruite par l'eau ou le feu. En tout cas, c'était la conclusion ordinaire des opérations de l'envoûtement. Les sorciers brûlaient *, noyaient», enterraient, emmuraient* les images de ceux qu'ils voulaient faire périr. Leurs victimes ripostaient en faisant subir à leurs images mille mutilations qui étaient censées leur enlever le pouvoir de nuire. « Je mets en pièces ta puissance, dit une incantation » ; et l'idée est développée en ces termes : « j'arracbe ta langue, je remplis tes yeux de vent, je fends tes flancs » *. Ou bien encore : « Sorcière, j'ai pris ta bouche, j'ai pris ta langue, j'ai pris tes yeux perçants, j'ai pris tes pieds agiles, j'ai pris tes genoux flexibles, j'ai pris tes mains puissantes, j'ai attaché tes mains derrière ton dos »'. Lier les membres de la sorcière, c'était déjà la rendre impuissante : « J'ai ligotté ton corps, lié tes membres, enchaîné ta personne »fl. Enfin, l'image était brûlée : « Les images de sept et sept sorcières, je les ai livrées à Girru ' ». Girru, comme Gibil, est le dieu du feu « qui brûle, consume, enchaîne, dompte les sorcières » B. L'incinération avait quelquefois lieu sur les bords du Nâru'. Il semble aussi que les images étaient parfois chargées sur un petit bateau que l'on faisait couler au milieu du fleuve. Une incantation, malheureusement incomplète, dit : « Sin a fait faire mon vaisseau : entre ses cornes10 il porte la délivrance; dans l'intérieur
i. Maklû IV, 45.