‹ La magie assyrienneChapitre 5 sur 201 · LES SOURCES 4 S · texte numérisé non relu

LES SOURCES 4 S

maklû vient une ligne ainsi conçue : « Incantation. Nusku, souverain, prince des dieux grands ». Cette ligne se retrouve en tète de la deuxième tablette, qui débute en effet par une incantation adressée à Nusku. Certaines séries étaient très considérables. Ainsi le n° 30 des prières nié kâti publiées par Eing est la 434e tablette d'une série siptu. .. Nous ne possédons pas en entier de série aussi importante. Nous avons les cinquième et seizième tablettes de la série Utukku limnu, et la neuvième de la série Murus kakkadi, et comme ces tablettes présentent toutes une ligne d'amorce, nous pouvons assurer que ces séries contenaient respectivement au moins dix-sept et dix tablettes. La série surpu ne comportait pas plus de neuf tablettes1, car la neuvième ne porte pas de ligne d'amorce qui annonce une ^dixième, et nous lisons après le numéro neuf la mention en sumérien : zag til-la-bi-ku, dont l'allemand de Zimmern zugleich die letzte n'est peut-être pas une traduction littérale, mais doit rendre assez bien le sens.

Pour la même raison, nous pouvons être assurés que la série maklû ne formait pas plus de huit tablettes. Les sept premières contiennent des incantations auxquelles sont jointes quelques brèves indications rituelles. La huitième, malheureusement très-mutilée, est, pour la plus grande partie, consacrée aux rites et aux cérémonies propres aux diverses incantations. Je dis pour la plus grande partie, etnon pas tout entière, comme pourrait le faire croire un restitution, à mon sens erronée et insoutenable, proposée par M. Tallquist, l'éditeur de la série. La première ligne de la huitième tablette nous est donnée, suivant l'usage expliqué plus haut, à la fin de la septième. C'est : « Incantation. Je t'attends, soleil, ô maître, jusqu'à ce que tu te lèves. » Et c'est en effet la première incantation que nous retrouverons (ligne 73) après celles de la septième tablette, sur la lifte des incantations et des rites qui les accompagnent.

i. La première n'a pas été retrouvée jusqu'à présent.

Hais nous trouvons en outre des prescriptions rituelles pour six incantations dont les titres sont : « âamas s'est levé, j'ai accompli la purification de mes mains. — La sorcière a passé le „ pont; j'ai lavé mes mains. — Sur Tordre (?) de Ninib, ils ont appelé le dieu Alala sur la montagne. — Sa bouche a prononcé des paroles funestes; j'ai lavé mes mains. — La sorcière, la magicienne a jeté le venin de son ensorcellement dans mon corps. — Dansl'ombre, tu rempliras d'eau le vase burzigalsar. » Il y avait donc six incantations au début de la huitième tablette, avant les prescriptions rituelles qui terminent la tablette et la série.

Nous n'avons pas le recueil des incantations à l'usage des sorciers et des sorcières. De pareils ouvrages, s'ils ont jamais existé, devaient être soigneusement cachés par ceux qui les possédaient, et détruits avec non moins de soin par ceux qui, ne pratiquant pas la sorcellerie, pouvaient s'en emparer par hasard. Mais les incantations dirigées contre les maléfices des sorciers nous permettent de nous faire une idée assez complète de leurs procédés, car il semble que plusieurs fois l'ensorcelé cherche à énumérer tous les moyens par lesquels un sort a pu lui être jeté; et rénumération doit être complète» puisqu'une seule omission rendrait ou pourrait rendre l'exorcisme inutile. Le formalisme le plus rigoureux est en effet une des marques caractéristiques de toute magie : la parole et le geste sont tout-puissants, mais à condition d'être exactement conformes au rite, et d'être convenablement choisis pour l'espèce dontilest question. Il estdonc très vraisemblable qu'une énumération comme celles que nous rencontrerons devait épuiser la liste des sortilèges possibles. En tous cas, comme l'exorcisme, est, ainsi que nous le verrons, la contre-partie exacte de l'ensorcellement, nous pourrons appliquer à celui-ci, mut atis mu tandis, tout ce que les incantations nous apprendront sur les procédés par lesquels les Chaldéens croyaient combattre les maléfices des sorciers.

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