LES SOURCES
JL.es incantations sont des formules récitées à un certain moment des opérations magiques, et ce n'est qu'indirectement qu'elles nous renseignent sur ces opérations : de la parole nous concluons au geste. Par exemple, il est bien évident que celui qui prononçait ces mots : « Que ton enchantement, ton ensorcellement, tes philtres, tes funestes destructions, tes sortilèges ennemis, tes artifices malfaisants, ton amour, ta haine, tes paroles ennemies, tes imprécations, tes malédictions, tes blasphèmes soient enlevés avec l'eau de mon corps, et avec l'eau qui a purifié mes mains1 », faisait en même temps des ablutions destinées à le purifier. Mais nous trouvons aussi fréquemment, à la suite d'une incantation, quelques lignes énumérant les opérations qu'elle doit accompagner ou précéder. Enfin les Assyriens avaient aussi composé des recueils exclusivement consacrés aux prescriptions rituelles. Ces textes, longtemps négligés par les assyriologues à cause des difficultés que présente l'interprétation d'une langue pleine de termes techniques, commencent maintenant à livrer leur secret. M. Zimmern a courageusement ouvert la voie en publiant ses Rilualtafeln fur Wahrsager, Besckwôrer uni Sdnger. Nous y recueillerons plus d'un détail intéressant que nous chercherions en vain dans les incantations.
La plupart des textes religieux que nous possédons jusqu'à présent proviennent de la bibliothèque d'Asurbanipal que les fouilles de Koujoundjik nous ont rendue en partie. L'origine est attestée par la mention finale qui se répète uniformément sur presque toutes ces tablettes et dont on trouvera plusieurs exemples dans nos textes magiques8. Nous avons aussi quelques textes provenant de bibliothèques particulières ; ainsi une des copies de la première tablette Maklû* appartenait à
i. M<m. vu, 72-77.