LA PHARMACOPÉE MAGIQUE
extraordinaires et les plus rares, formant les mélanges les plus inattendus. C'est là le caractère d'une magie qui n'est plus très sûre d'elle-même ni très sincère, et qui cherche surtout à étonner et à dérouter la simplicité crédule de ses clients. Rien de pareil dans la magie assyrienne. Les matières employées sont des matières très communes, comme le yin et l'huile, le sel ft, les dattes et le sésame, dont les orientaux faisaient et font encore un si grand usage dans leur alimentation, le mastakal « dont la terre est remplie »*, le GlS.éE.ÔA.KU « dont le blé est rempli1 ». La salive, à laquelle on attribuait également le pouvoir de tuer et de guérir4, ne peut point non plus passer pour une substance peu commune. La magie assyrienne n'affectait point l'extraordinaire et le surnaturel : ses recettes étaient le résultat de déductions a priori dont la logique paraissait indiscutable, ou dont l'expérience avait démontré la valeur et l'infaillible puissance.
Les matières employées par la magie assyrienne ne sont pas nécessairement absorbées par le malade ; elles le sont même assez rarement. Un ensorcelé se plaint que les sorciers lui aient fait manger et boire1 des substances dont le nom a d'ailleurs disparu. Mais dans les recettes que contiennent nos textes je ne vois guère de potions ou de médicaments pour rasage interne. Après les ablutions dont nous avons déjà parlé, ce sont les onguents et les frictions qui jouent le plus grand rôle6. Les sorciers les employaient aussi,
i. IV B 26, n° 7, 45 ; 28* n° 3, rev. 3; 29* a 3.