‹ La magie assyrienneChapitre 57 sur 201 · Ma^lû, I · texte numérisé non relu

Ma^lû, I

6. IV R 26 n« 7, 43-49 ; 28*, n° 3 6 3-5 ; King, Magic XI, 45 : XII, 102 ; U, i3; LVIfl, 8; XII, 76, 8, i5, 116.

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et l'une de leurs victimes se plaint d'avoir été ointe « d'un onguent d'herbes funestes '. »

Quelle que fût la manière dont elles étaient employées, les drogues étaient censées agir en vertu du symbolisme que nous avons expliqué plus haut. Celtes qui, à l'usage, s'étaient révélées réellement efficaces n'avaient sans doute été choisies tout d'abord qu'en application du principe de la sympathie. A ce titre seul leur emploi était véritablement magique. Il l'était doublement quand, a leur vertu propre, venait s'ajouter celle d'un rite qu'il nous reste à étudier, et que d'aucuns considèrent comme le rite magique par excellence, l'incantation.

i. MaJflû I, ioG.

Les rilesque nous avons étudiés jusqu'à présent se réduisent tous à un certain nombre d'actes et de gestes; ce sont des rites manuels. Ils sont rarement employés seuls. Le plus souvent ils sont accompagnés, précédés ou suivis par la récitation de paroles sacramentelles qui ne sont réputées ni moins indispensables, ni moins efficaces. Ces récitations constituent les rites verbaux ; l'incantation sous ses diverses formes en est l'instrument.

Il est d'abord indispensable que le but des opérations magiques, qui sont ou vont être accomplies, soit bien spécifié. Une force terrible va être déchaînée ; il ne faut pas qu'elle risque de s'égarer sur un autre objet que celui qui est visé par le magicien. Celui-ci sera donc minutieusement et copieusement désigné. Une incantation presque tout entière est employée à définir la sorcière :

« Incantation. 0 toi qui m'as ensorcelé, toi qui m'as fait en- « sorceler, toi qui m'as maléficié, toi qui m'as abattu, toi qui « m'as fait prisonnier, toi qui m'as accablé, toi qui m'as « anéanti, toi qui m'as jeté un charme, toi qui m'as lié, [toi « qui m'as souillé, toi qui m'as aliéné mon dieu et ma déesse, « toi qui m'as aliéné parents, frère, sœur, amis, voisins, ser- « viteurs * ».

Une autre décrit ainsi ses faits et gestes :

i.MaVûlll 104-116.

« La chasseresse des chasseresses, la sorcière des sorcières, dont le filet est jeté dans les rues, dont les yeux vont et viennent dans les carrefours, qui pourchasse les hommes de la ville.., qui traque les femmes de la ville * ».

Les descriptions des démons et de leurs méfaits, dont on trouvera la traduction à la fin de ce volume*, et dont nous avons réuni plus haut les traits principaux, n'ont pas d'autre but : déterminer avec précision l'objet des exorcismes et des contre-charmes.

Il peut arriver que, malgré les recherches préliminaires et les secours de la divination, cet objet ne soit pas connu de l'exorciste, ou qu'il veuille, en rompant d'un même coup tous les charmes possibles, écarter toute chance d'erreur. Il énumérera alors dans son incantation toutes les espèces du genre auquel il croit avoir à faire. Telle est la raison d'être de ces longues listes de marnit, dont nous avons déjà cité un exemple, et dont l'unique prétention est évidemment d'être complètes. C'est encore pour n'en laisser échapper aucun que l'on nomme tous les démons dans un passage comme celui-ci :

« Que ce soit Yutukku méchant, Yalû méchant, Vekimmu « méchant, le g al lu méchant, Yilu méchant, le rabisu méchant, « la labartu, le labasu, Yafyfyazu, le /i'/?î, la MU, Yardat Mi, la « 'main du dieu', la 'main de la déesse', l'accablement de la « fièvre, Lugalurra, Lugalutulpaea, Namtar, 'celui qui lève la « mauvaise tète', la mort, le feu, la flamme, le 'mugissant', « Vekimmu de la famille, Yekimmu d'un étranger, un mal « quelconque,quelqu'ilsoit,un fléau qui n'apasdenom,la peste,

i. Mablâ VII 80.86.

2. V. spécialement IV R i5 6. Gibil, accablé par les démons, va trouver Anu qui lui révèle en partie la nature et l'origine des démons et lui conseille de s adresser à Marduk. Celui-ci demande a Ea son père, qui consent, de lui faire connaître les mœurs des sept et le moyen de les combattre utilement, Sayce (Hibbert Lectures, p. 469-70) a complètement méconnu le sens de ce morceau.

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