LBS RITES ORAUX. INCANTATIONS ET IMPRÉCATIONS
peut être parlé, il n'en est pas moins efficace : oral ou manuel, le symbolisme est toujours irrésistible1.
Puisque la puissance de la parole est telle que l'énoncé d'un fait équivaut au fait lui-même, à plus forte raison un ordre donné en termes convenables ne peut pas rester vain. Un démon sommé de quitter le corps d'un possédé ne peut pas le tourmenter plus longtemps, et le génie bienfaisant invité à prendre sa place ne peut pas s'y refuser. De là cette formule qui termine fréquemment les incantations : « Le rabisu mauvais qu'il sorte, qu'il se tienne à l'écart; le éédu bienfaisant, le lamassu bienfaisant dans son corps qu'ils se tiennent*. » Xïekimmu obéit à la voix de celui qui l'appelle contre les sorcières*. De même le charme à qui Ton dit : « sois anéanti * » est en effet anéanti. « Que l'homme soit pur * », et il le devient aussitôt. « Que la langue mauvaise reste au loin * », et ses paroles sont sans effet. Les sorciers ne peuvent pas quitter leurs repaires ni pénétrer dans les maisons, si on leur dit : « Ne traversez pas le Tigre et l'Euphrate, n'allez pas sur les rigoles et les canaux, ne traversez pas les murs et les clôtures, n'entrez pas par les portes et les ouvertures » 7 . Si on ne les a point prévenus, si on leur a laissé le temps d'opérer leurs sortilèges, il suffira de leur dire par exemple : « Partez, partez, allez-vous en, allez-vous en ; cachez-vous, cachez-vous ; fuyez, fuyez ; retournez, allez, partez, allez-vous en ; que vos maléfices montent au ciel
i. La présence d'un récit de la création dans une incantation, dont nous n'avons d'ailleurs que le commencement, (publié par Pincbes JRAS 1891 p. 400) reste encore inexplicable.
2. ASKT n« 11 col. III 9-12. Cf. IV R 6 6 16-18; 5 c 6980; i* a 5o-6o ; 6 a 5-6; 3o* a 12-32; 16 a 16-68.