Malflù V 1 32-i
comme la fumée ; de mon corps partez ; de mon corps allezvous en ; loin de mon corps cachez-vous ; de mon corps fuyez ; hors de mon corps retournez ; hors de mon corps allez ; dans mon corps ne revenez pas ; de mon corps n'approchez pas, près de mon corps ne venez pas ; mon corps ne l'accablez pas ' ». Ces nombreuses répétitions, qui n'ont assurément rien de littéraire, montrent bien quel effet on attendait des paroles prononcées ; on ne les répétait que pour en augmenter l'efficacité, et parce qu'on leur croyait une efficacité propre. Des phrases comme celle-ci : « Ne me tue pas, ne m'anéantis pas, ne me foule pas aux pieds* », ou bien : « Que vos ensorcellements, vos maléfices, ne m'approchent pas • », ou bien encore : « Que ton incantation n'approche pas de moi, que tes paroles ne m'attaquent pas * », ne sont évidemment pas de simples souhaits ni des prières adressées aux sorciers; ce sont des défenses formelles, et que nul ne peut transgresser. L'exorcisme n'est pas d'un secours moins utile contre le mamit et ses effets : « Que le malade vive, que le paralytique marche, que l'enchaîné soit délivré, que le prisonnier soit libre, que le captif voie la lumière. Celui qui est disgracié par son dieu et sa déesse, en ce jour qu'il rentre en grâce ; que le cœur fermé du dieu et de la déesse de N. fils de N. lui soit ouvert. Que ses fautes soient lavées ; en ce jour qu'il en soit débarrassé, délivré. Que la tablette de ses péchés, de ses fautes, de ses manquements, de ses mamit, que les maladies causées par les mamit soient jetées dans l'eau. Que ses péchés soient effacés, ses fautes enlevées; que ses enchantements soient dissous, ses maladies guéries. Le besoin, le chagrin, l'angoisse, la maladie, les gémissements elles lamentations, les jours sans repos, l'infortune, l'angoisse, la
i. Moftlû V 166-179.