LES RITKS ORAUX. INCANTATIONS ET IMPRÉCATIONS
douleur, en ce jour qu'ils soient chassés du corps de N. fils deN. »'.
Un fait prouve bien que les paroles de l'incantation ne sont pas destinées à fléchir ou à intimider, mais qu'elles ont une dction en quelque sorte mécanique, c'est que par elles l'exorciste prétend agir sur les êtres inanimés aussi bien que sur les esprits. Par elles il prétend contraindre les éléments à l'aider dans sa tâche : « Que la montagne vous couvre, dit-il aux sorciers, que la montagne vous soit un obstacle, que la montagne vous arrête, que la montagne vous anéantisse, que la montagne vous fasse reculer, que la montagne vous empêche, que la montagne vous écrase, que la montagne vous recouvre, que la montagne puissante tombe sur vous* ». Ou bien : « Contre l'envo&teuse et la sorcière, que la rue et le chemin se, soulèvent, que la maison et la demeure se soulèvent' ».Une incantation appelait contre les maladies la mer, les rivières et les montagnes : « Le mal de tête, le mal de bouche, le mal de cœur, le délire, le mal d'yeux, que la
mer le flot, le torrent, l'eau du Tigre, l'eau de l'Euphrate,
les montagnes noires, . les montagnes blanches, les montagnes escarpées les fassent retourner en arrière... * ».
De même que les paroles ajoutées aux rites manuels en augmentent l'effet, elles peuvent, en en affirmant le résultat, le rendre plus certain, ou, en le constatant, le consolider en quelque sorte et le rendre définitif. C'est, me semble-t il, le but de paroles comme celles-ci : « Son nœud est dénoué, son enchantement est détruit, toutes ses paroles remplissent le désert1 ». Ou bien : « Tous les ensorcellements, les charmes de
i. Surpu IV 4-6.
a. Maklû V i54-i65.