Maklû
mes sorcières, sont rompus, dissous, ne sont plus ! ». Ou encore : « Avec l'eau de mort j'ai dpmpté votre cœur, j'ai détruit votre foie, j'ai fait sortir des gémissements de votre cœur, j'ai troublé votre entendement, j'ai ruiné vos conseils, j'ai brûlé votre enchantement, j'ai anéanti les projets de votre cœur1 ».
Les incantations peuvent agir directement. C'est le cas lorsqu'elles sont simplement récitées sur telle ou telle partie du corps, comme dans ce rituel qui indique les incantations à réciter sur la main droite et la main gauche, la poitrine et le cœur, le pied droit et le pied gauche \ Mais il arrive aussi qu'elles n'agissent qu'indirectement, et par l'intermédiaire de l'eau lustrale ou de l'onguent sur lesquels elles sont récitées4, et à la vertu desquels elles ajoutent la leur.
Il faut enfin noter que les paroles servaient aux charmes comme aux contres-charmes, et que les sorciers avaient leurs incantations, aussi bien que les exorcistes : « Funeste est l'incantation de la sorcière », dit un texte de la série rnaklû *. Ou bien : « Que ton incantation ne m'approche pas, que tes paroles ne m'atteignent pas • ». — « Faire rentrer les paroles dans la bouche » de la sorcière est synonyme de « détruire ses enchantements7 », et pour la réduire à l'impuissance on disait : « Que ta bouche funeste soit remplie de terre, que ta langue de malheur soit liée avec des cordes ' ». La croyance au pouvoir néfaste des paroles était telle que les terribles utukku étaient appelés « les paroles de malheur qui derrière l'homme s'attachent9 ».
i. MaW I, 4i.