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LES RITES ORAUX. INCANTATIONS ET IMPRÉCATIONS <0i
Les incantations suivent assez ordinairement l'ordre que nous avons adopté dans cette étude : description et définition des démons et des maladies que Ton se propose d'exorciser, puis exorcisme. Les recettes magiques, les rites, quand ils sont indiqués, le sont dans une section spéciale de la tablette, séparée de l'incantation par un trait. Tel est du moins ce qu'on pourrait appeler le type classique du texte magique. Mais ce genre de composition admet beaucoup de variétés. Il y a des incantations qui ne sont qu'un long exorcisme; d'autres au contraire qui sont tout entières consacrées à décrire les ravages de la maladie. Certaines ressemblent plus à une recette qu'à une incantation, racontent la confection des drogues, ou des amulettes, ou des nœuds magiques, ou, comme nous l'avons vu, reproduisent verbalement toutes les phases de la cérémonie magique. La recette magique, dont l'invention est attribuée à Ea, est quelquefois introduite sous une forme dramatique,après l'exposé des ravages de la maladie. Nous aurons l'occasion ' de citer l'un de ces textes où est racontée l'intervention d'Ea. Enfin certaines incantations ne sont qu'un chant de victoire, célébrant la délivrance du possédé, et il est difficile de croire qu'elles n'aient pas été précédées d'autres paroles magiques. Nous savons en effet qu'une seule cérémonie pouvait comporter la récitation d'un grand nombre de textes9. Malheureusement nous ne possédons pas les incantations dontj'emploi est prescrit dans nos rituels : mais il y a tout lieu de croire que si nous pouvions les mettre bout à bout, elles se présenteraient dans l'ordre logique que nous avons suivi pour parler de l'incantation en général : description du mal et détermination des causes, quelquefois récit de la révélation d'Ea, enfin exorcisme et constationdu succès.
Une composition aussi serrée et aussi claire surprendra peut-être les personnes habituées au décousu et à l'obscurité
i. V. chap. xii.