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salle, les kudwrru devaient leur prestige et leur puissance aui images des dieux et aux terribles imprécations qu'ils portaient « Le texte contient d'abord une description et une évaluation de la superficie du domaine donné, vendu, ou échangé, au profit d'un temple ou d'un particulier. Ensuite vient une malédiction longuement détaillée contre celui qui oserait contester les titres du nouveau propriétaire, ou déplacer les bornes de la propriété. Voici un exemple de ces imprécations, tel qu'on le lit sur le caillou Michaux ' :
« À jamais, dans la suite des temps, quiconque parmi les frères, les fils, les parents, hommes ou femmes, les serviteurs ou les servantes de Bit-JJabban, que ce soit un représentant ou un intendant, ou quelqu'autre personne, se lèvera pour prendre ce domaine, ou déplacer cette borne ; se dressera et donnera ce domaine à un dieu, ou enverra quelqu'un pour l'enlever*, ou en prendra possession lui-même, changera la surface, les limites ou les bornes ; amoindrira, démembrera le domaine, dira : « ce champ n'a pas été donné comme dot » ; à cause de la terrible malédiction écrite sur ce kudurru, enverra un fou, un sourd, un aveugle, un insensé, un étranger, un ignorant, et lui fera enlever cette inscription; la jettera dans l'eau, la cachera dans la terre, la brisera avec une pierre, la brûlera dans le feu, l'effacera et écrira autre chose dessus, ou la mettra dans une place où personne ne pourra la voir; — cet homme-là, que les grands dieux Anu, Bel, Ea et Bélit le regardent avec colère, arrachent ses fondations, détruisent sa postérité. Que Marduk, le grand seigneur, l'afflige de l'hydropisie dont le lien ne se desserre pas. Que èamas, le juge, le plus grand des cieux et de la terre, juge son zir-diet se dresse avec violence contre lui. Que Sin, la lumière
i. Ainsi appelé du nom du voyageur qui le rapporta eu France en 1800 ; publié dans I R 70. Le nombre des hudurru connus était de dix ; les fouilles de M. de Morgan à Suse ont presque doublé ce nombre.
a. ZL G A = nasdhu.
qui habite dans les cieux brillants, le couvre de lèpre comme d'un vêtement. Gomme un âne sauvage, puisse-t-il se coucher àla porte de sa ville. Qu'Istar, maîtresse descieuxet de la terre, l'induise au mal chaque jour devant dieu et le roi. Que Ninip, fils de l'Esarra, fils sublime de Bel, arrache sa surface, sa limite, son kudurru1. Que Gula, la grande guérisseuse, épouse de êam as-su tu, jette dans son corps un poison destructeur et l'arrose de sang et de pus au lieu d'eau. Que Ramman, le grand taureau des cieux et de la terre, le fils puissant d'Ânu, inonde son champ et détruise le blé ; que les épines y poussent en abondance, et que son pied écrase végétation et pâturage. Que Nabù, le sublime messager, apporte le besoin et la famine sur lui, et qu'il n'obtienne rien de ce qu'il désire pour le fyarri de sa bouche. Que les grands dieux, tous ceux dont les noms sont mentionnés sur cette inscription, le maudissent d'une malédiction terrible, indélébile, et détruisent sa race à jamais ».
Pour assurer d'une manière plus certaine le concours des dieux requis de sévir contre celui qui oserait déplacer un feudur ru, ces dieux étaient représentés sur le kudurru lui-même ; ils s'identifiaient ainsi avec lui et partageaient son sort ; le cacher, le mutiler ou le détruire, c'était les offenser gravement, commettre un sacrilège qu'ils ne pouvaient laisser sans punition. Ces dieux, il est vrai, ne sont pas figurés sous des traits facilement reconnaissables pour nous, mais par des emblèmes qui ont donné lieu à mainte interprétation erronnée. On a même voulu y retrouver les signes du zodiaque*. Le doute n'est plus possible depuis que nous pouvons lire sur le kudurru de Nazimaruttas ' : ilânirabûti malâ ina eli narê annî êuméunu zakru kakkesunu kullumu u subâtumsunu uddd, c'est-à-dire : « les grands dieux, tous ceux dont, sur cette pierre, les noms
i. C'est-à-dire la surface, la limite de ses propriétés.