Pinches : Guide to the Nimroud central Saloon, pp
3. Mémoires de la Délégation en Perse, t. II, p. 8g, I. 16-22.
sont nommés, les armes représentées, les demeures montrées » . Les découvertes de M. de Morgan, en même temps qu'elles indiquaient de quel côté était la vraie solution, en donnaient déjà une partie. Elles nous ont rendu en effet un fragment de kudurru sur lequel les emblèmes étaient accompagnés du nom du dieu qu'ils réprésentaient1. Plusieurs de ces noms sont malheureusement illisibles. Ceux qui restent prouvent que la lampe représentait Nusku, dieu du feu ; Ea était figuré par une antilope finissant en poisson, et par une espèce de massue terminée par une tète de bélier; Sukamuna par une hampe surmontée d'une masse carrée ; Zamama par un protome d'animal méconnaissable; enfin Marduk par une lance. Nous savions déjà qu'un croissant était le symbole de Sin, le soleil et l'étoile double ceux de Samas et dlstar, étoile du matin et du soir. Avec ces éléments, on pourrait, par une simple comparaison des différents kudurru et de leurs inscriptions, déduire mathématiquement le symbole de chaque dieu, s'il y avait un parallélisme parfait, entre la texte et la figuration ; mais il est trop évident qu'il n'en est pas ainsi. Le kudurru de Nabukudurusur1, pour ne citer qu'un exemple, nomme dix dieux,- et porte dixneuf symboles : les trois premiers sont ceux d'Istar, de Sin et de Samas qui ne paraissent point dans le texte. Il faut donc attendre qu'une nouvelle découverte complète les renseignements que nous ont apportés les premières fouilles do M. de Morgan à Suse. J'appellerai seulement l'attention sur un groupe de monuments qui portent eux aussi des emblèmes divins, les stèles royales, et particulièrement celles de Bavian *.
i. Mémoires de la délégation en Perse, t. I, pp. 167-170.
3. Layard. Discoveries among the ruins of Ntneveh and Babyfon, i853, p. 179 : le dessin est reproduit dans Mittheilungen aus den Orientalischen Sammlungen, Heft xi. Ausgrabungen in Sendsehirli I, p. 21. M. V. Luschan a réuni toutes les représentations du môme genre et les a accompagnées d'un commentaire astro'ogico-mythologique, agrémenté d'équations, mais
Le texte des inscriptions de Bavian commence par les noms de douze dieux, dont l'un a disparu : Asur, Anu, Bel, Ea,Sin, 8 amas, Ramman, Afarduk, Nabû,...1 Istar, les Igigi. Les identifications faites plus haut permettent d'abord de reconnaître que les symboles des dieux sont ici rangés dans le même ordre que leurs noms. Nous avons en effet successivement : la massue à tête de bélier, emblème d'Ea, le croissant et le disque ailé, emblèmes de Sin et de Ôamas. Il est certain que le foudre qui vient ensuite représente Ramman, et que la grande étoile, et les sept astres plus petits qui terminent la série, sont respectivement la représentation d'Istar et des Igigi — ces dieux étaient sept, et l'idéogramme qui les désigne le plus fréquemment est le nombre sept. Nous pouvons donc admettre, sans craindre de nous tromper, que les trois' tiares qui précèdent le bélier d'Ea sont celles d'Asur, d'Anu et de Bel, que l'objet pointu dénommé par M. Y. Luschan : « ein stylisirter Baum mit herabhângenden Frûchten », est la lance ornée de banderoles de Marduk; enfin que l'objet rectangulaire qui suit est le ciseau de Nabû, ailleurs élargi vers le haut1. Nous saurions le nom qu'il faut donner au double protome de chien placé entre Nabû et Istar, s'il n'y avait dans le texte une lacune regrettable. Nous pouvons seulement conjecturer que c'était là l'emblème de Ninip, dont l'omission sur une pareille liste serait étonnante.
Ajoutons, pour terminer cette description, que quelques kudurru avaient un nom qui était lui-même une espèce de talisman; l'un s'appelait mukin-kudurri-darâti> soutien éternel des limites ' ; un autre : Nabû-7iasir-kudur-eklâti, Nabû garde la borne des champs \
dont les déductions n'ont rien de la rigueur mathémathique. — Il y faut joindre la plaque de bronze que nous avons décrite pp. 3o-33.
i. Ici une lacune, après le déterminatif qui précède le nom de chaque dieu.