IV R ai 6 4i
4. Mdkiù V 5-io. Cf. i38 et passim. Cf. IV R i b n-54; i* a 6a-6 6; b ao-a8.
qu'Ea soit là, lui le maître de l'humanité, dont la main a créé l'homme;
que Sin soit là, le maître des mois, qu'il rompe son enchantement ;
que Samas suit là, le maître des jugements, qu'il efface sa faute ;
que Ramman soit là, le maître des visions (?}, avec Samas, qu'il éloigne la maladie ;
que âub soit là, le seigneur des armées, qu'il chasse la contagion ;
que Ninib soit là, le seigneur des armes, qu'il enlève l'angoisse ;
que Papsukal soit là, le seigneur du sceptre, qu'il éloigne la maladie ;
que Marduk soit là, le plus sage des dieux, celui qui fixe les destins ;
que Siliggalâar soit là, le magicien des dieux grands, dont l'incantation fait revivre les morts et ranime les malades ;
que Nergal soit là, le seigneur du châtiment, devant lequel les r/allû accablent de maux les endroits les plus cachés ;
que Ningirsu soit là, le seigneur des campagnes, qu'il anéantisse la maladie ;
que Zamalmal soit là, le seigneur des sanctuaires, qu'il chasse la peste ;
qu'Ennugi soit là, le seigneur des canaux et des irrigations, qu'il enchaîne Ya&akku ;
que Nusku soit là, le messager du temple des ordres et des grâces, qu'il fasse vivre le malade ;
que Gibil soit là, lui qui réconcilie avec le dieu irrité et ta ilève la douleur de son corps ; maîtresse des pays, qu'elle intercède
les dieux dans la magie
que Ninkarrag soit là, la grande guérisseuse, qu'elle enlève la douleur de son corps ;
que Bau soit là, qu'elle dissipe son angoisse '.
La fin de la deuxième tablette surpu invoque les dieux et les êtres inanimés, temples, étoiles., vents, villes dans un pêle-mêle qui montre bien que tous sont également incapables de résister à une injonction faite suivant les rites :
« Qu'il soit délivré, ô Samas, juge ;
délivre, Samas, maître du haut et du bas ;
conducteur des dieux, roi des pays ,
sur ton ordre, que le droit soit exécuté ;
que le... prospère devant toi.
Délivre, magicien des dieux, seigneur miséricordieux, Marduk ;
délivre, dieu du maître de maison, dieu du maître de
délivre, dieu du maître de....
Délivre, Nergal, dieu de la délivrance.
Délivrez Sukamuna et Simalia.
Délivrez, dieux grands, tous tant que vous êtes.
Délivre, réchaud, fils d'Ea.
Que Bel et Délit délivrent.
Qu'Anu et Anatu délivent.
Qu'Enlil, le roi, créateur de l'univers délivre.
Que Ninlil, la dame de l'Ekur, délivre.
Qu'Ekur, le sanctuaire des femmes, délivre.
Qu'Enki délivre, que Ninki délivre.
Qu'Ensar délivre, que Ninsar délivre.
Qu'Ea, roi de l'Océan, délivre.
Que l'Océan, demeure de sagesse, délivre.
Qu'Eridu, demeure de l'Océan, délivre.
Que Marduk, roi des Igigî, délivre.
Que Zarpanit, reine de l'Esagil, délivre.
i. Surpu IV 67-87.
128 GBAPllRE iii
Que l'Esagil et Babyloaae, demeure des dieux grands, délivrent.
Que Tasmetu, la grande dame, délivre.
Que Daianu, le guzalu de l'Esagil, délivre.
Que Ikbidunki, le distributeur de grâces, délivre.
Que Durilu et Edimgalkalama délivrent.
Que Malik et Diritu délivrent.
Que Susinak et Lafruramit dans Suse délivrent.
Que Sabru et Humban le roi (?) délivrent, eyx les grands dieux.
Que les étoiles du sud, du nord, de Test, de l'ouest,
Que les quatre vents soufflent, ei le délivrent de son enchantement.
Qu'Istar, dans Uruk aux fortes murailles, le délivre.
Qu'Anunit, dans Agadé ville de délices (?), délivre.
Qu'Agadé délivre, qu'Eulbar délivre.
Qu'Ishara, déesse des habitations, délivre.
Que Siduri, déesse de la sagesse, délivre.
Que l'esprit de vie, Girra, Girra le grand, Girra le tout puissant, délivre.
Que Laz, JJani, Galfruàa délivrent.
Que Lugaledinna, Latarak, Sarrafru délivrent.
Que Dun, Samas, avec leur nom délivrent. Que Tibal, Sakkut, Kaiamariu, Immeria délivrent.
Que l'étoile de l'archer, l'étoile du javelot, l'étoile de la lance, Mustabarru-mutânu, Narudu délivrent.
Que Pasagga et l'étoile Sibzianna délivrent. Que les dieux et les déesses, tous tant qu'ils sont, se lèvent en ce jour.
De N. fils de N.
qu'ils effacent, qu'ils absolvent
LES DIEUX DANS tA MAGIE 129
les péchés, les fautes
les mamit.
Qu'ils détruisent son enchantement1. »
On remarquera que les dieux Ensuéinak, Laburamit, Jabru, Humban sont des dieux susiens. Il n'est guère probable qu'Asurbanipal ait rendu un culte dans Ninive aux divinités de Suse. Seule la magie, qui supposait les dieux incapables de résister à ses ordres, pouvait faire intervenir des divinités étrangères.
Au lieu d'invoquer tous les dieux du ciel et de la terre, l'exorciste peut multiplier les appels à un même dieu : « Gibil, brûle le sorcier et la sorcière; Gibil, consume le sorcier et la sorcière; Gibil, brûle-les; Gibil, consume-les; Gibil, dompteles ; Gibil, anéantis-les ; Gibil, emmène-les au loin1 » . Cet ordre mille fois répété, et sous des formes à peine différentes, ces sommations à tant de divinités, véritables litanies, sont encore fort loin de la prière. Les dieux n'y sont point implorés, mais commandés ; ce n'est pas de leur bonne volonté qu'on attend le salut, mais de la toute -puissance des paroles prononcées, et c'est pour cela qu'on en est si prodigue.
Les progrès de la réflexion devaient amener les Assyriens à reconnaître que les dieux n'étaient pas passivement soumis aux ordres de leurs incantations, mais qu'ils étaient libres d'accorder ou de refuser à l'homme le secours do leur magie, I] fallait donc obtenir de leur faveur ce qu'on ne croyait pas leur arracher par la force. Heureusement, s'ils échappaient à la tyrannie de l'homme, ils restaient sensibles aux moyens de séduction dont celui-ci disposait. La flatterie ne pouvait pas les laisser indifférents, et il leur était bien difficile de ne pas intervenir en faveur de ceux qui exaltaient leur puissance et leur bonté, et proclamaient leur supériorité sur les autres
i. Èurpu II i3o-i9i* a. Maïlû H 97-io3.
dieux. Aussi bon nombre d'incantations ressemblent-elles à s'y méprendre à des hymnes, et la distinction serait souvent impossible pour nous, si la destination magique de ces morceaux ne nous était pas nettement attestée par le titre qu'ils portent. Voici par exemple une prière à Ninip à laquelle on n'aurait guère osé donner le nom, qu'elle porte cependant, d'incantation :
« Incantation. Fils puissant, premier-né de Bel; très grand, parfait, rejeton d'Esarra, qui es revêtu de terreur et rempli de majesté effrayante, tempête de nuées dont le choc est irré sistible, élevée est ta place parmi les dieux grands ; dans Ekur, ton séjour préféré, ta tête est élevée. Bel ton père t'a donné de tenir dans ta main la loi de tous les dieux. Tu juges les humains. Tu diriges celui qui erre, celui qui est dans le besoin. Tu prends la main du faible, tu exaltes celui qui est sans force. Celui qui a été précipité dans l'Arallu (les enfers) tu rétablis son corps. Celui qui a péché, tu effaces son péché. Celui dont le dieu est irrité, tu le fais rapidement rentrer en grâce. Ninip, tu es le prince des dieux, le puissant/ ».
Les dieux invoqués le plus souvent dans ces hymnes sont Gibil, dieu du feu*, dont la force destructrice est employée pour anéantir les images des sorciers, ou les objets qui symbolisent le mal dont souffre le possédé ; Samas, qui dissipe les ténèbres à la faveur desquelles sorciers et démons exercent leurs maléfices, et connaît les sortilèges dont le malade est victime'; Marduk, fils d'Ea, le dieu magicien4; Lugalgirra, dieu redoutable, sou vent malfaisant, mais dont l'homme peut obtenir le concours*.
i. King, Magic, 2, n-25.