Légende de Gilgamei, I, col
CONCLUSION. MAGIB, RELIGION BT SCIENCE 139
mans. Nous avons déjà parlé de la ceinture d'Istar. Marduk, allant combattre Tiamat, portait à la main une plante magique (satnmtm tami) * .
Le pouvoir des dieux n'est donc pas essentiellement différent du pouvoir attribué aux magiciens, et, tant que l'homme se borne à le capter et à l'utiliser au moyen de l'incantation, il n'y a pas à proprement parler phénomène religieux, mais magie indirecte ou à deux degrés. « Par religion, dit M. Frazer, j'entends une propitiation ou une conciliation de pouvoirs supérieurs à l'homme, qui sont censés diriger ou contrôler le cours' de la nature et de la vie humaine1 ». Il faudrait, pour plus de précision, ajouter : et sont conçus comme capables d'accorder ou de refuser à leur gré leur concours. Là en effet se trouve la seule distinction solide et objective entre la magie et la religion : le rite magique contraint, le rite religieux concilie. Le magicien prétend commander aux dieux comme aux simples démons et aux éléments ; le prêtre n'attend rien que de la bonne volonté des dieux qu'il s'efforce de fléchir. Sans doute, et il fallait bien s'y attendre, il n'est pas de religion qui n'ait accepté et conservé d'une manière plus ou moins officielle un grand nombre de pratiques magiques, où l'eau bénite, les scapulaires, les reliques et autres amulettes ne trouvent leur emploi. Bien plus, un même rite peut, suivant les points de vue, être considéré comme magique ou religieux, ou plutôt présenter un mélange indissoluble de magique et de religieux. Le sacrifice des Robigalia, où Ton immolait des chiens roux pour obtenir que les moissons parvinssent à la maturité dont cette couleur est le signe (rufse canes immolabantur ut fruges flavescentes ad maturitatem perducerentur*), était religieux si Ton considère l'offrande comme moyen de fléchir leg djeux, magique si l'on considère les effets attendus
x. Création, IV, 62.