‹ La Magie dévoiléeChapitre 19 sur 26 · ZOROASTRE · texte numérisé non relu

ZOROASTRE

« Si, délaissant ce corps grossier, tu passes en la li- « berté éthérée, tu seras un demi-dieu. »

(P^THAGORE.).

« Quand Tintelligence est bien disposée, elle s'élève « au dessus de la matière, elle force tout ce qui est « matériel à lui obéir. » (Avicenne.)

« L'âme exerce son empire par la transmission de « certaines vapeurs extrêmement subtiles. Tout cela « n'est pas compris par le profane vulgaire ; mais ce « sont des vérités concédées et démontrées par ces phi- « losophes qui sont les dieux de la terre. »

( Pompon ACB.)

a C'est une substance simple, immortelle d'elle-même, sage, raisonnable, dominatrice, divinatrice. »

(Tertdllien.)

« Et en cette manière pense de toy-mesme, et com- (( mande à ton âme à aller là, et elle y sera bien plus c vite que tu ne lui auras commandé ; commande-lui (( de passer la mer, et tout ainsi elle y sera derechef « plutôt, non comme traversant de lieu à lieu, mais « comme étant ailée ; commande-lui aussi de voler au « ciel, elle n'aura besoin de plumes, aucune chose ne (( Tempêche : non le feu du soleil, non la haute région « de Tair, non le tournoiement du ciel, non les corps « des étoiles ; car, pénétrant toutes choses, elle volera « toujours au dernier corps. Et si tu veux traverser cet a univers, il t'est permis. »

« Mais si tu renclos ton âme dans ton corps et la « rabaisses, disant : Je n'entends aucune chose, je ne « puis aucune chose, je crains la mer, je ne puis mon- « ter au ciel, je ne sais qui étoit, je ne sais qui je serai. (( Qu'as-tu de commun avec Dieu, attendu que tu ne « peux entendre aucune chose de celles qui sont belles <( et bonnes, estant de matière de ton corps et mauvais ; (( car c'est parfaite malice ignorer la Divinité. Mais « pouvoir connoître, vouloir et espérer est la droite « voye propre au bien, large et facile à toy, passant ce « chemin. Elle te sera partout au devant, elle t'appa- « roîtra partout : voir où et quand tu ne t'y attendras, « veillant, dormant, naviguant, cheminant de nuit, de « jour, parlant, taisant. Car il n'est chose qui ne soit € subjeéte à l'imagination du sépulcre. »

« Et quand rimagination reçoit influence d'en haut, « lors elle est faite imitation de vérité : de tant « que sans l'opération d'en haut elle demeure men- <( songe. »

a En cas semblable, ses visions sont images, qui, <( procédant de Tarchétype, se viennent à réverbérer en (( ses créatures, ny plus ny moins que les rays du soleil, « lesquels escartez parmy Tair se recueillent en un « miroir cave ; ou une fiole pleine d'eau, en une figure « semblable à luy ; et de là se redilatent derechef par « réfleyion comme au précédent ; et quand il passe à « travers quelque verre teint ils se revestent en appa- « rence de la couleur qui y est empreinte, tout ainsi que « fait la Divinité de ses séphiroths ou ornemens par les- (( quels, y estant cachée quant à son essence, elle se (( communique à ses créatures^ qui n'enpourroient rien « apercevoir autrement. »

« Toutes choses sont faites de Dieu, mais la vie est « conjonction de pensées et d'âme. La mort n'est pas « abolition des choses composées, mais elle est dissoluce tion de conjonction. »

« Je me figure, non par la vue des yeux, mais par (( l'efficace des vertus intelligibles. Je suis au ciel, en (( terre, en Teau, en l'air, dans les animaux, dans les « plantes, dans le ventre, avant le ventre, après le ven- « tre, tout partout. »

Voilà le véritable agent magique : Vânie ! Vous ne pouvez le saisir que parce qu'il est soudé à la matière ;

ET CE n'est qu'ainsi QUE LA VIE NATURELLE OPÈRE SURNA- TURELLEMENT ET DEVIENT IMPERCEPTIBILITÉ MOUVANTE. VoUS

comprenez les œuvres qui lui sont propres, et la discrétion VOUS viendra en reconnaissant qu'il y a ici un saint mystère qu'on ne doit point dévoiler au premier venu.

Page 1