STIGMATES ET STIGMATISÉS
Nous citerons à ce propos les remarques suivantes extraites d’un article du D'' Cari du Prel.
Le D"" du Prel, le plus profond et le plus érudit des mystiques de notre temps, s’occupe de la question dans l’un des récents numéros de la Zukunft (n” 21, 1895). Pour lui, la stigmatisation sur l’organisme est l’une des plus claires sources où l’on puisse puiser des arguments contre le matérialisme. Celui-ci professe que la pensée n’est qu’une sécrétion cérébrale. On sait que le spiritualisme moderne renverse la proposition. Le D'' Cari du Prel estime que c’est, au contraire, l’âme qui est l’architecte du corps, et que celui-ci n’est que l’instrument de l’esprit.
« Il insiste surtout sur le cas de François d’Assise, qui n’est pas seulement le premier en date (1224) des stigmatisés, mais qui en est aussi le plus saisissant. On trouve chez lui l’expression suprême du phénomène de la stigmatisation. Les trous de ses mains et de ses pieds étaient tels qu’il les avait contemplés peu auparavant sur une image du Crucifié, et son côté droit était positivement comme percé d’un coup de lance. Les plaies de ses extrémités béaient très notablement et étaient sanguinolentes. Dans leur milieu, on voyait des clous formés d’excroissances de tissu cellulaire,
(1) Revue des Revues, 15 juin 1895.
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et ces clous étaient noirs et durs comme le fer dont ils avaient la couleur ; ils étaient pointus d’un côté, et de l’autre ils avaient une tête rabattue, de telle sorte qu’entre elle et la peau on pouvait insinuer un doigt. Ils étaient mobiles en tous sens, et, lorsqu’on appuyait sur l’une de leurs extrémités, on voyait se redresser l’autre. Cependant, ils ne pouvaient être arrachés ; même après la mort du stigmatisé, ce fut en vain que sainte Claire s’y efforça. La plaie du côté était longue de trois doigts, assez large et assez profonde, et fréquemment elle humectait de sang les vêtements du saint. Ajoutons que jamais aucune de ces plaies ne vint à s’enflammer, ni à suppurer, et que jamais aucun soin médical ne leur fut donné.
« On peut citer, parmi les autres cas de stigmatisation ceux de Catherine Emmerich, de Maria Mœrl et de Louise Lateau. La grande majorité des stigmatisés appartiennent au sexe féminin.
« L’Eglise catholique considère la stigmatisation comme un miracle destiné à bien établir que la version romaine du christianisme est la seule qui assure le salut. Il est difficile de s’en tenir à cette explication. D’abord, un miracle qui, tantôt s’effectue intégralement, tantôt ne se manifeste qu’à moitié, et tantôt s’arrête dès la première phase, n’est pas un miracle. Puis, la stigmatisation se rencontre dans l’histoire des hérésies. Enfin, elle peut être déterminée artificiellement.
« Jacques de Voragine, l’auteur de la Légende dorée (xiii® siècle), plus tard Corneille Agrippa et Giordano Bruno, le philosophe brûlé à Rome en 1609, estiment que la cause principale du phénomène réside dans la puissance d’imagination qui fait ressentir positivement aux sujets les souffrances du Christ, jusqu’à en faire « transparaître les marques sur leur propre corps » Parmi les modernes, Gœrres, l’auteur de la Mystique
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Chrétienne, et Tholuck n’ont pas une autre opinion, et le D'' Cari du Prel les approuve. »
§ 9. — Des Influences d’ordre plus élevé que la simple suggestion.
Du Démords.
Le phénomène du Remords est un des plus intéressants exemples de l’action de l’idée vitalisée par un élémentaire sur la conscience, c’est-à-dire sur la lumière intérieure de l’être.
Ici nous sortons du domaine étroit de la suggestion car à l’idée vivante vient s’ajouter l’action constante d’une autre entité du monde invisible. C’est donc par une erreur capitale que les matérialistes ont voulu voir dans ce phénomène un simple fait d’auto-suggestion.
Comme exemple bien curieux de l’action sur le plan invisible d’un élémentaire : Gouffé, nous citerons l’affaire dans laquelle le chef de la Sûreté a été l’objet d’une bien singulière obsession.
L’Affaire Gouffé.
Un événement qui vient de préoccuper tous les psychologues de la presse quotidienne remet en cause la question du remords : nous voulons parler de Gabrielle Bompard et de son action peu explicable pour beaucoup de philosophes.
Une jeune femme quelque peu nerveuse fd’un tempérament N, S.) pouvant presque sûrement échapper à la justice, vient d’elle-même se livrer sans trop savoir pourquoi.
Il serait hasardeux de prétendre que le remords entre pour quelque chose dans cette action. Cependant un peu de réflexion semble conduire assez logiquement à cette
idée. Il faut en effet bien comprendre ce qu’on entend par ce terme de remords avant d’entrer dans aucune explication complémentaire.
Généralement le remords est conçu comme un état de malaise qui hante le criminel jusqu’au moment où il se décide à avouer son crime. Cet état est d^’origine psychologique et touche par bien des points aux études de pathologie mentale, chères à beaucoup de nos hypnotiseurs actuels.
Quelle est la cause de cet état particulier? L’occultisme donne une explication fort originale à ce sujet.
Nos idées deviennent, dès qu’elles sont exécutées, des ÊTRES RÉELS : êtres invisibles agissant invisiblement, mais sûrement sur l’homme.
Ces êtres sont bons ou mauvais suivant le genre d’idée ; ils vivent, de par leur fusion avec une des forces inconscientes de la nature (un élémental), plus ou moins longtemps, suivant la force cérébrale qui leur a donné naissance.
Pendant qu’ils vivent, ils se nourrissent de notre propre vitalité et agissent sur nous par l’intermédiaire du système nerveux inconscient (grand sympathique).
Le remords est la manifestation d’un de ces êtres, être d’autant plus puissant qu’il peut être vitelisé encore davantage par l’influence occulte de la victime. Ce remords peut donc agir de deux façons :
1“ Le criminel se rend compte de la hantise dont il est l’objet, il souffre sans savoir exactement le siège de sa douleur, quoiqu’il comprenne parfaitement ['origine même de cette douleur. Le remords est alors conscient ;
2“ Le criminel subit mconsciem ment Vmûoence des êtres invisibles qui l’entourent ; et si ce criminel est faible de caractère, comme une Parisienne en général, et nerveux par surcroit, il obéit, sans s’en rendre lîompte, aux impulsions du monde invisible qu’il porte en lui et qui l’entoure.
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C’est ce second cas qui s’appliquerait à Gabrielle Bompard.
Il y a bien des points curieux dans cette affaire' Gouffé.
Avez-vous réfléchi à cette chose singulière qu’alors que le cadavre de Millery avait été considéré comme un inconnu vulgaire et, de ce fait, jeté avec trois autres dans une fosse commune, un garçon d’amphithéâtre eut l’idée de lui mettre un chapeau. Pourquoi cette idée de mettre une coiffure à un des trois cadavres, et justement à celui-là?
Ceux qui savent que le hasard n'existe pas pourront, méditer sur ce point.
D’où vient aussi que le chef de la Sûreté ait été hanté par l’idée qu’il n’avait pas vérifié l’existence ou la disparition d’une molaire de cet inconnu de Millery, à tel point qu’il retourna là-bas, cfu’il fit déterrer le cadavre (reconnaissable au fameux chapeau) et qu’il constata avec étonnement que son idée était juste et qu’il avait eu raison d’ohéir à Vobsession.
N’ouhlions pas non plus que la Lanterne avait publié quatre mois à l’avance les révélations d’une somnambule annonçant c[ue les assassins se livreraient au mois de janvier, ce qui a eu lieu. Cette somnambule est M'"® veuve Aufïinger, la mère du directeur de la Chaîne Magnétique.
§ 10. — De la Psychurgie.
A côté de la Médecine matérialiste qui demande à des substances la guérison des maladies il existe d’autres médecines fort peu connues de nos jours.
La Médecine Hermétique qui agit bien au moyen de substances, mais après les avoir dynamisées par les influences astrales.
La Médecine Psychique qui agit directement sur
l’âme soit au moyen des images ou des opérations faites à distance sur la nature, soit même en plaçant le malade dans un courant de magnétisme hautement dynamisé.
Enfin la. Médecine Théurgique ou Théurgie qui agit directement sur l’esprit au moyen d’influences célestes.
C’est la seconde de ces sciences, la Psychurgie, dont nous devons surtout parler ici.
Nous allons donc transcrire quelques faits :
1° Se rapportant à des cures sympathiques par l’action de l’âme sur Tâmo ;
2“ Se rapportant à des cures dites miraculeuses par l’action d’un courant dynamique d’ordre très élevé.