VISION
Dans les expériences de l’Agnélas, les faits de vision d’images astrales ou de lumière astrale ont été très peu nombreux et nous le regrettons vivement.
M. de Bodisco (3) a étudié dans de bonnes conditions la condensation progressive de la lumière astrale qui est une des clefs de Vapport que nous verrons plus tard. Rapportons cependant les uniques faits de visions observées par la commission. Les objets blancs observés
(1) Papus, Considérations sur les phénomènes du Spiritisme, in-8, 1890, p. 10,
(2) Idem, ibid.
(3) De Bodisco, Jrails de Lumière, et surtout élude sur le corps astral parue dans l’Initiation.
^ et la main sont des condensations de lumière astrale ij du médium plus ou moins bien formée. Il en est de ^ même de la tête, à propos de laquelle il est bon de se 3I reporter aux expériences de Donald Mac Nab publiées ^ dans le Lotus Rouge (n°® 20 à 24).
' En résumé, M, Dariex tenait le médium de manière 1 à être sûr des membres inférieurs, du bras droit et du 1 poignet droit, qui ne quittaient pas la table, et de la tête, qui ne quittait pas la sienne. M. Maxwell tient toujours la main gauche, comme il a été dit ci-dessus ; M. Sabatier, la main droite d’une manière très ferme.
I Le médium se plaint de la lumière; la porte est fermée ■ presque complètement, d’où il résulte une obscurité assez prononcée pour qu’on ne puisse distinguer que les objets volumineux ou de couleur blanche.
Le fauteuil qui se trouve derrière les rideaux est dé- I placé vivement, ainsi qu’on en peut juger par un bruit de roulement intense. Le rideau se gonfle, à environ 0’“,80 au-dessus de la tête d’Eusapia ; il est violemment déplacé et projeté sur la table ;il frotte contre la figure de M. Maxwell qui a la sensation d’un corps dur frot- ! tant le rideau sur sa figure. M. Maxwell reçoit trois I coups nettement localisés sur le côté droit de la poitrine ;
toujours dans les mêmes conditions le pied du fauteuil I frappe trois coups violents ; on entend une série dénotés I jouées vivement sur le piano ; celui-ci passe sur la tête de M, Maxwell et est apporté sur la table. M. de Gra- I mont a vu un objet blanc ayant l’apparence du rideau blanc de dessous et paraissant accompagner l’objet , 1 dans son transport : il a vu le piano se déplacer lente- ! ment et se balancer en passant entre Eusapia et M. Maxwell, comme si une main le tenait, enveloppé r dans la doublure du rideau, puis, au bout de quelques '’i secondes, se poser au milieu de la table. M. Sabatier a < également vu les notes blanches du piano se poser tranî quillement sur la table, M. Maxwell a eu l’impression
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suivante: une fois le petit piano placé sur la table, il voit un objet blanc de la forme vague d’une main, se détachant dans l’obscurité et se retirant assez rapidement pour entrer dans l’embrasure de la fenêtre. Est-ce le rideau blanc? M. Maxwell ne le croit pas. Le rideau eût été visible comme une masse blanchâtre se retirant, tandis que l’impression a été celle d’une pince — comme le pouce et l’index opposés — coupée brusquement au niveau du poignet de la main. Aucune traînée blanche ne la rejoignait au bord du rideau rouge, derrière lequel elle disparut. Pendant ce temps la main de M. Maxwell est maintenue immobile par celle d’Eusapia et est restée, avec celle-ci, appuyée sur la table.
10 h, 15 m. — Eusapia annonce qu’elle va former une tête. Elle dit: « Regardez, vous allez voir une tête ou la tête. » M. Maxwell regarde. Il tenait la main gauche d’Eusapia, qui appuyait sa tête sur la sienne. Il a alors vu à 0“,10 de sa figure une silhouette noire qui se profilait sur la partie de la muraille du salon placée en face de lui, et qu’éclairait la bande de lumière qui passait dans la fente de la porte. C’était une silhouette nettement découpée en haut, se perdant en bas et pouvant rappeler la silhouette d’une tête avec une saillie recourbée ressemblant à des cheveux frisés. C’était comme sur une muraille. L’impression était semblable à celle qu’eût produite un objet plat, un carton découpé par exemple. Cette forme s’est déplacée à droite, puis, après un repos est revenue à gauche. Le mouvement a été très rapide. Maxwell seul a vu cette forme.
M. Maxwell, invité par J'iusapia à regarder, a eu la sensation visuelle d’un avant-bras et d’une main. Il a vu se profilant sur la bande de la muraille éclairée par la fente de la porte en face de lui une main et un bras qui étaient au-dessus de la tête de M. Sabatier. Ils lui ont paru, à diverses reprises, s’abaisser et se relever comme pour toucher la tête de M. Sabatier, qui a accusé
; à ce moment divers attouchements. L’avant-bras lui (! a paru long et mince. Il n’en a pas vu la continuité avec i le bras, car il se perdait dans l’ombre, à l’endroit où i aurait pu être le coude. Aucun des autres observateurs ï n’a observé le fait ; mais il convient de dire que M. Maxwell seul, par sa position, pouvait saisir la sil- I houette sur un fond éclairé.
LES EFFETS PRODUITS A l’eXTÉRIEUR
! Nous avons considéré jusqu’à présent les effets proi duits surtout par rapport au médium et aux assistants ;
! occupons-nous un peu des effets produits sur le milieu extérieur.
Nous revenons ici, par un certain côté, aux communications déveloi^pées dans notre première partie (voy. les expériences de M. lodko); mais nous allons rappeler les enseignements des maîtres de l’occultisme à ce sujet.
« La magnétisation d’un guéridon ou d’une personne est absolument la même chose, et les résultats sont identiques ; c’est l’envahissement d’un corps étranger : par l’électricité vitale intelligente ou la pensée du ma- ) gnétiseur et des assistants.
Ainsi l’électricité accumulée sur un corps isolé acquiert une puissance de réaction égale à l’action, soit pour aimanter, soit pour décomposer, soit pour enflammer, soit pour envoyer ses vibrations au loin. Ce sont là des effets sensibles de l’électricité brute,
I produits par des éléments bruts ; mais il y a évidemment une électricité correspondante produite par la I pile cérébrale de l’homme : cette électricité de l’âme cet éther spirituel et universel qui est le milieu am- I hiant de l’univers métaphysique ou incorporel, a besoin ‘ d’être étudié, avant d’être admis par la science, qui ne
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connaîtra rien du grand phénomène de la vie avant cela (1).
On a découvert tout récemment que les tables tournent aussi et que l’aimantation humaine donne aux objets mobiliers soumis à l’influence des crisiaques un mouvement de rotation. Les masses mêmes les plus lourdes peuvent être soulevées et promenées dans l’espace par cette force, car la pesanteur n’existe qu’en raison de l’équilibre des deux forces de la lumière astrale ; augmentez l’action de l’une des deux, l’autre cédera aussitôt. Or, si l’appareil nerveux aspire et respire cette lumière, en le rendant positif ou négatif suivant les surexcitations personnelles du sujet, tous les corps inertes soumis à son action et imprégnés de sa vie deviendront plus légers ou plus lourds suivant le flux ou le reflux de la lumière qui entraîne dans le nouvel équilibre de son mouvement les corps poreux et mauvais conducteurs autour d’un centre vivant, comme les astres dans l’espace sont emportés, balancés et gravitant autour du soleil (2).
Les faits produits ont été étudiés ;
1" Dans l’obscurité ou en demi-lumière ;
2® En pleine lumière.
Ce second ordre de phénomènes est si rarement obtenu dans les commissions scientifiques qu’il est de la plus haute importance d’en constater la présence dans le cas actuel.
Nos lecteurs savent que certains rayons lumineux agissent comme de véritables dissolvants, à cause de leur potentiel élevé, sur les émanations électriques et astrales du médium.
Voilà pourquoi l’obscurité est nécessaire autant aux faits psychiques qu’à certaines manipulations photo-
(1) Eliphas Lévi, Science des Esprits, p. 270, citant A. Morin.
(2) Eliphas Lévi, Histoire de la Magie, p. 494.
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^ graphiques, et ce n’est qu’au prix de grands efforts et ' d’une accoutumance spéciale qu’un médium peut par- 3 venir à produire certains faits en pleine lumière.
M. Lemerle a fait un très beau rapport sur des faits 1 produits en pleine lumière (1).