‹ La magie et l'hypnoseChapitre 29 sur 70 · LA. PARTIE INVISIBLE DE LA NATURE · texte numérisé non relu

LA. PARTIE INVISIBLE DE LA NATURE

§ 1. — Introduction à l’étude du plan invisible ou astral.

Nous avons vu dans le chapitre précédent que c’est en étudiant les actions produites par la partie invisible de l’homme que nous pouvions nous rendre compte d’une foule de phénomènes qui paraissent impossibles à comprendre si l’on s’en tient uniquement aux données courantes de la science.

Or, tout comme l’homme physique, le monde physique, le plan des sensations corporelles est doublé d’un monde invisible, d’un plan perceptible seulement pour les êtres que développent, soit momentanément soit d’une façon continue, des sens nouveaux qui sont seulement à l’état de germe dans la plupart des hommes actuels.

Un des buts principaux de transformation que subit l’être humain après la mort corporelle est justement de développer progressivement ces sens nouveaux indispensables à posséder pour agir pleinement dans le plan qui succède au plan physique. Ce plan que double le monde physique a été appelé par l’Ecole de Paracelse: le plan astral, comme le corps invisible a été appelé le corps astral.

LA MAGIE ET L’ilYl'XOSE

A mesure que se développent les sens du plan astral ceux du plan physique s’éteignent et c’est là une des grandes raisons de l’impossibilité qu’ont les disparus de venir communiquer facilement avec ceux qui sont restés sur terre. Mais qu’on ne croie pas que cette

quelques cas bien nets de communications réelles entre les vivants et les morts.

Mais si la généralité des hommes n’est pas apte au développement de ces sens nouveaux, il est quelques rares individus qui, au moyen d’un entrainement particulier peuvent, dès cette existence, percevoir quelques coins de ce plan astral. Les anciens avaient créé de véritables écoles chargées de sélecter de tels individus, c’était là l’un des buts des Mystères d’Isis en Egypte et du Collège des Prophètes ainsi que, la secte des Esseniens en Israël. — Aujourd’hui encore, les Chinois possèdent de tels centres d’études, les Indous surtout la caste brahmanique, en possèdent aussi et les Musulmans ont créé de même des centres actifs d’études mystiques. Seuls les chrétiens ont laissé les individualités se développer à leurs risques et périls, sans vouloir former des collèges réguliers d’initiation, et c’est aux Frères illuminés de la Rose-Croix ou aux fondateurs du Martinisme qu'il faut nous adresser, en Occident, pour trouver un essai de formation d’un centre de cohens élus (1).

communication est toujours impossible, ce serait une erreur aussi grande que la négation absolue de tous les phénomènes. Nous choisirons dans notre étude sur les Elémentaires

(I) Voy. Martines de Pasquelly, 1 vol. in-8.

LA MAGIE ET L’iIYPNOSE

Mais cela n’a pas empêché certains intuitifs, des savants même de découvrir, souvent avec étonnement quelques morceaux de ce plan qui pénètre le nôtre de temtes parts et qu’il ne faut pas aller chercher par delà les étoiles, mais bien en nous-mêmes ou de l’autre côté des êtres et des objets physiques.

En nous-mêmes il n’existe qu’une voie réellement élevée pour y parvenir c’est la voie du Silence, de l’Humilité et de l’Amour de l’Humanité.

Le Silence est la première et la plus importante des conditions du développement psychique, car tout être humain proféré appartient aux forces destructrices delà mort.

Mais V Adversaire dans ses quatre polarisations : Satan, Lucifer, Nahash, Asmodée (ou les noms équivalents qu’il est inutile de révéler) veille aux quatre centres d’émanation de l’homme et applique son sceau d’annihilation à toutes les émanations qui participent à ses lois. Le quadruple sphinx humain est jalousement surveillé à l’extérieur s’il a réussi à fermer les portes de son entendement, car une loi veut que l’Arbre humain ne développe magnifiquement ses fleurs vers le ciel, qu’à mesure que les racines s’enfoncent d’autant vers le chaos (1).

Or, le Silence développe comme fleur l’Humilité, et comme racine l’Orgueil.

Malheur au silencieux qui s’assombrit, car alors il cristallise ses forces et évolue vers le règne minéral, il est jaloux de son savoir et fier de sa science, ses yeux révèlent la puissance; mais un sourire le terrasse, car il n’a pas su acquérir I’Humilité du petit enfant qui produit à son tour I’Amour (2), comme fleur et qui cependant a l’égoïsme comme racine.

(1) Enseignement de maître Philippe de Lyon.

(2) Un initié contemporain qui signe Amo a parfaitement compris la valeur et la grandeur de cette méthode de développement.

LA MAGIE ET L’ilYPNOSE

Ainsid’un côté : Silence, Humilité, Amour; de l’autre : Science, Orgueil, Egoïsme; telles sont les deux voies qui toujours s’entrecroisent et qu’il faudra toujours distinguer dans l’évolution de l’être humain vers l’adeptat.

Celui qui a vu l’Unité est calme comme le Silence, humble comme le petit enfant et souriant comme l’amoureux ; car il a développé les fleurs mystiques de l’arbre des humains sephiroth. Et tout cela a toujours été su ; mais jamais peut-être ce no fut mieux résumé que par le grand initié chinois auteur de la Voie droite dans le milieu.

Laissons-là ces digressions et cette voie mystique et, fidèle à notre plan d'étude, voyons comment la science contemporaine est parvenue à se mettre en rapport avec ce plan astral.

Nous allons d’abord transcrire une « vision » qui donnera à nos lecteurs une conception générale du plan astral.

Cela fait, nous aborderons d’abord l’exposé de quelques expériences qui ont conduit les contemporains aux frontières astrales.

Nous parlerons donc de l’Od de ReicJienbach et des expériences de Lecomte avec Mireille.

Ensuite nous verrons comment les différentes entités qui habitent l’astral prennent chacune constitution sur terre : une apparition ; enfin nous étudierons séparément et avec quelques détails chacun des facteurs de cette apparition.

Voilà le plan de notre chapitre.

§2. — La clairvoyance.

La clairvoijance est une des facultés de l’initié. Nous avons dit que l’entrainement magique permet-

tait de développer consciemment certaines facultés encore en germe dans la plupart des êtres humains.

Parmi ces facultés l’une des plus intéressantes est la Vision du plan astral dont nous allons donner deux cas. Celui de Swedenborg et celui de Cazotte. Nos lecteurs trouveront plus loin, dans notre étude sur les images astrales d’autres faits de même genre.

On trouve dans les « Observations ou notes sur Swedenborg » insérées par le traducteur (A. J. P.) des Merveilles du Ciel et de l'Enfer (1), les deux faits suivants, choisis parmi pas mal d’autres.

a Le sénateur Mgr le comte de Mopken et la femme du jardinier de M. de Swedenborg m’ont assuré les deux faits suivants. Après que M. de Marteville fut mort, on vint demander à sa veuve le payement d’une somme considérable que l’on disoit due par son mari, dette prétendue qu’elle sçavoit bien avoir été payée pendant le vivant do son époux, mais elle ne sçavoit où il en avoit mis la quittance. Dans son embarras elle eut recours à M. de Swedenborg. Celui-ci fut la trouver le lendemain, lui dit qu’il avoit parlé à son mari mort, lequel lui avoit déclaré où il avoit déposé cette même quittance, et et qu’elle la trouveroit dans tel endroit indiqué. Le défunt apparut aussi en songe à sa veuve^ vêtu de la même robe de chambre qu’il portait avant sa mort, et lui ayant donné les mêmes indices, se retira. Elle en fut tellement effrayée, qu’elle réveilla sa femme de chambre couchée dans le même endroit et lui raconta le fait. La quittance fut trouvée où M. de Swedenborg l’avoit dit. Cette histoire fît beaucoup de bruit à la Cour et à la Ville, et chacun la racontait à sa façon. »

« Autre fait. La Reine actuellement douairière d’Adolphe Frédéric, et sœur du roi de Prusse, ayant

(Ij Berlin, 1782, 2 vol. in-8.

entendu parler de l’histoire précédente et de beaucoup d’autres, mises sur le compte de M. de Swedenborg, dit au sénateur le comte de Hopken qu’elle désiroit parler à M. de Swedenborg. Le comte allant porter les ordres de la Reine, rencontra M. de Swedenborg qui alloit dans le dessein de parler à cette princesse. Après avoir conversé sur différents objets, la reine lui demanda s’il pouvoit sçavoir le contenu d’une lettre qu’elle avait écrite à son frère, prince de Prusse défunt ; contenu dont elle étoit assurée que personne au monde n’avoit connaissance que ce frère. M. de Swedenborg lui répondit qu’il lui feroit le récit du contenu de cette lettre dans peu de jours. Il tint parole, car ayant tiré Sa Majesté à part, il lui dit, mot pour mot, le contenu ne ladite lettre. La Reine, rien moins que superstitieuse et douée de beaucoup d'esprit, en fut saisie du plus grand étonnement. Elle raconta le fait, qui fît beaucoup de bruit dans Stockholm et hors du pays, où chacun le broda à sa manière. »

La prophétie de Cazotte.

« 11 me semble que c’était hier, et c’était cependant au commencement de 1788. Nous étions à table chez un de nos confrères à l’Académie, grand seigneur et homme d’esprit ; la compagnie était nombreuse et de tout état : gens de robe, gens de cour, gens de lettres, académiciens, etc. On avait fait grande chère, comme de coutume. Au dessert, les vins de Malvoisie et de Constance ajoutaient à la gaieté de la bonne compagnie cette sorte de liberté c[ui n’en gardait pas toujours le ton : on en était venu alors dans le monde au point où tout est permis pour faire rire.

Chamfort nous avait lu de ses contes impies et libertins, et les grandes dames avaient écouté sans avoir

LA MAGIE ET L’ilYPNOSE

même recours à l’éventaiL De là un déluge do plaisanteries sur la religion : et d’applaudir. Un convive se lève, et tenant son verre plein :

— Oui, messieurs, s’écrie-t-il, je suis aussi sûr qu’il n'ij a pas de Dieu, que je suis sûr qu’Homère est un sot.

En effet, il était sûr de l’un comme de l’autre ; et l’on avait parlé d’Homère et de Dieu, et il y avait là des convives qui avaient dit du bien de l’un et de l’autre.

La conversation devient plus sérieuse ; on se répand en admiration sur la réplique qu'avait faite Voltaire, et l’on convient que c’est là le premier litre de sa gloire :

— ■ Il a donné le ton à son siècle, et s’est fait lire dans l’antichambre comme dans le salon.

Un des convives nous raconta, en pouffant de rire, que son coiffeur lui avait dit, tout en le poudrant :

— Voyez-vous, Monsieur, quoique je ne sois qu’un misérable carabin, je n’ai pas plus de religion qu'un autre.

On en conclut que la Révolution ne tardera pas à se consommer ; qu’il faut absolument que la superstition et le fanatisme fassent place à la philosophie, et l’on en est a calculer la probabilité de l’époque, et quels seront ceux de la société qui verront le règn ; de la raison. Les plus vieux se plaignent do ne pouvoir s’en flalter ; les jeunes se réjouissent d’en avoir une espérance très vraisemblable ; et l’on félicitait surtout l’Académie d’avoir préparé le grand œuvre, et d’avoir été le cheflieu, le centre, le mobile de la liberté dépenser.

Un seul des convives n’avait point pris de part à toute la joie de cette conversation, et avait même laissé tomber tout doucement quelques plaisanteries sur notre bel enthousiasme ; c’était Cazotte, homme aimable et original, mais malheureusement infatué des rêveries des illuminés. Son héroïsme l’a, depuis, rendu à jamais illustre.

OOA

Il prend la parole et du ton le plus sérieux :

— Messieurs, dit-il, soyez satisfaits ; vous verrez tous cette grande et suljlime Révolution que vous désirez tant. Vous savez que je suis un peu prophète, je vous répète, vous la verrez.

On lui répond par le refrain connu ;

— Faut pas être grand sorcier pour ça.

— Soit, . mais peut-être faut-il . l’être un peu plus pour ce qui me reste à vous dire. Savez-vous ce qui en arrivera pour vous, tant que vous êtes ici, et ce qui en sera la suite immédiate, l’effet bien prouvé, la conséquence bien- reconnue ?

— Ah ! voyons, dit Condorcet avec son air sournois et niais ; un philosophe n’est pas fâché de rencontrer un prophète.'

— Vous, Monsieur de Condorcet, vo-us expirerez étendu sur le pavé d'un cachot, vous mourrez du poison que vous aurez pris pour vous dérober au bourreau ; du poison que le bonheur de ce temps-là vous forcéra de porter toujours sur vous.

Grand étonnement d’abord ; mais on se rappelle que le bon Cazotte est sujet à rêver tout éveillé, et l’on rit de plus belle.

— Monsieur Cazotte, le conte que vous faites ici n’est pas si plaisant qüe vo\.v& D'ablc' amoureux -, mais quel diable vous a mis dans la tête ce cachot, ce poison et ces

Qu’est-ce que cela peut avoir de commun avec là philosophie et le règne de la raison ?

— C’ést précisément ce que je vous dis : c’est au nom de la philosophie, de l’humanité, de la liberté, c’est sous le règne de la raison qu’il vous arrivera de finir ainsi, et ce sera bien le règne de la raison, car alors elle aura des temples.^ et même il n’y aura plus dans toute la France, en ce temps-là, que des temples de la raison.

— Par ma foi, dit Chamfort avec le rire du sarcasme, vous ne serez pas un des prêtres de ces temples-là.

GL ,'PTO 97, rue Oborkampf,

(0e/3//>^c.. J'cy^rèj Ja Jedc/-///ü'on f Lv . // .)

Un initié au X'iii” o le Louis-Claude de Saint Martin Chef de l'ordre Mariiniste auquel appartenait Cazotte.

On se regarde et on rit encore.

— Vous, Monsieur Vicq-iVAzh% vous ne vous ouvrirez pas les veines vous-même ; mais, après vous les avoir fait ouvrir six fois dans un jour, après un accès de goutte pour être plus sûr de votre fait, vous mourrez dans la nuit. Vous, Monsieur de Nicolaï, vous mourrez sur l’échafaud; vous, Monsieur B nUy, sur l’échafaud...

LA MAGIE ET L’iIPYXOSE 225

— Je l’espère ; mais vous. Monsieur de Chamfort, qui en serez un, et très digne de l’être, vous vous couperez les veines de vingt-deux coups de rasoir, et pourtant vous n’en mourrez que quelc[ues mois après.

LA MAGIE ET L’ilYPNOSE

— Ah ! Dieu soit béni, dit Rouchcr, il paraît qu& 'Monsieur n'en veut qu’à l’Académie ; il vient d’en faire une terrible exécution ; et moi, grâce au ciel...

— Vous ! vous mourrez aussi sur l’échafaud.

— Oh ! c’est un gageure, s’écrie-t-on de toutes parts il a juré de tout exterminer.

— Non, ce n’est pas moi qui l’ai juré.

— Mais nous serons donc subjugués par les Turcs et les Tartares ? et encore ?...

— Point du tout, je vous l’ai dit : vous serez alors gouvernés par la seule philosophie, par la seule raison. Ceux cjui vous traiteront ainsi seront \o\is>û.esphüosophes.,. puront à tout moment dans la bouche toutes les mêmes ahrases que vous débitez depuis une heure, répéteront toutes vos maximes, citeront tout comme vous les vers de Diderot et de la Pucelle...

On se disait à l’oreille :

— Vous voyez bien qu’^7 est fou (car il gardait le plus grand sérieux). Est-ce que vous ne voyez pas c|u’il plaisante ? et vous savez qu’il entre toujours du merveilleux dans ses plaisanteries.

— Oui, reprit Chamfort ; mais son merveilleux n’est pas gai ; il est trop patibulaire. Et c|uand tout cela se passera-t-il ?

— Six ans ne se passeront pas que tout ce que je vousdis ne .^oit accompli...

— Voilà bien des miracles (et cette fois c’était moimême qui parlais) ; et vous ne m’y mettez pour rien ?

— Vous y serez pour un miracle tout au moins aussi extraordinaire : vous serez alors chrétien.

Grandes exclamations.

— Ah ! reprit Chamfort, je suis rassure ; si nous n& devons périr que quand La Harpe sera chrétien, noua sommes immortels.

— Pour ça, dit alors Mme la duchesse de Grammont, nous sommes bien heureuses, nous autres femmes, de

n’être pour rien dans les 1 é^nrutl>ns . Quand je dis pour rien, ce n est pas ([ue nous ne nous en mêlions tou jour.-} un peu ; mais il est reçu qu’on no s’en prend pas à nous, et notre sexe ..

— Votre eœe, Mesclam s, ne l'ous en (Jpfendra pas cette fois et vous aurez beau ne vous mêler de rien, vous serez traitées tout comme les hommes, sans aucune différence quelconque.

— Mais qu’est-ce que vous me dites donc là, monsieur Cazotte ? C’est la tin du monde, que vous nous prêchez?

— Je n’en sais rien ; mais ce que je sais, c’est que vous, madame la duchesse, vous serez couduite à l'échafaud, vous et beaucoup d’autres dames avec vous, dans la charrette du bourreau, et les mains derrière le dos.

— Ah ! j’ospère que, dans ce cas-là, j’aurai du moins un carrosse drapé de noir.

— Non, madame, de plus grandes dames que vous iront comme vous en charrette, et les mains liées comme vous.

— Déplus grandes dames! quoi! lesprincesscs dnseng'^

— De plus grandes dames encore...

Ici un mouvement très sensible dans toute la compagnie, et la figure du maître se rembrunit. On commençait à trouver que la plaisanterie était forte.

Mme de Grammont, pour dissiper le nuage, n’insista pas sur cette dernière réponse, et se contenta de dire, du ton le ''lus léger ;

— fO"X verrez qu'il ne me laissera pas seulement unconfesseur !

— Non, madame, vous n'en aurez pas, ni personne. Le dernier suppUcié, qui en aura un par grâce, sera..

Il s’arrêta un moment :

— Eh bien ! quel est donc l’heureux mortel qui aura cette prérogative ?

— C’est la seule qui lui restera : et ce sera le roi de France.

LA MAGIE ET L’ilYPNOSE

Le maître de la maison se leva brusquement, et tout le monde avec lui. Il alla vers M. Cazotto, et lui dit, avec un ton pénétré :

— Mon cher monsieur Cazotte, c’est assez faire durer cette facétie lugubre ; vous la poussez trop loin, et jusqu’à compromettre la société où vous êtes, et vousmême.

Cazotte ne répondit rien, et se disposait à se retirer, quand Mme de Grammont, qui voulait toujours éviter le sérieux et ramener la gaieté, s’avança vers lui :

— Monsieur le prophète, qui nous dites à tous notre bonne aventure, vous ne dites rien de la vôtre.

11 fut quelque temps en silence et les yeux baissés :

< — Madame, avez-vous lu le siège de Jérusalem, dans Josèphe ?

— Oh ! sans doute ; qu’est-ce qui n’a pas lu ça ? Mais faites comme si je ne l’avais pas lu.

• — Eh bien, madame, pendant ce siège, un homme fît sept jours de suite le lourdes remparts, à la vue des assiégeants et des assiégés, criant incessamment d’une voix sinistre et tonnante : « Malheur à Jérusalem! malheur à mot-même ! » Et dans le moment une pierre énorme, lancée par les machines ennemies, l’atteignit et le mit en pièces.

Et, après cette réponse, M. Cazotte fît sa révérence et sortit.

La Harpe.

§ 3. — Premier aperçu du Plan astral au moyen

de l’Hypnose.

L'Od. U Electrographie. Les Licar/iatio.is.

Les sujets hypnotisés ou même simplement sensitifs peuvent être mis en rapport avec certaines régions du plan astral.

LA MAGIE ET L’iIYPNOSE

Sans parler des clieroheurs de sources ou do l’usage de la baguette divinatoire (1) nous mentionnerons les expériences de Reiclienbach, complétées à notre époque par les recherches de Rochas et du D’’ Luys.

En plaçant des «sensitifs » dans unechambrenoiro où on avait renfermé plusieurs objets et des plantes ainsi que des animaux, Reiclienbach découvrit que tous les corps émettaient des « émanations » qui, pour nous, sont privées de lumière astrale, et qu'il appela Od.

Voici certains des caractères de cet Od de Reichen- . bach.

Caractères phijsiqiies de l'Od de Bcichenbach.

Cette lumière est réfléchie par des surfaces miroitantes ; elle peut se recueillir avec le verre ardent et se concentrer en un foyer ; elle relève des lois delà polarisation, et montre dans sa partie réfléchie son état od négatif, dans sa partie traversante son état od positif ; elle agit dans l’obscurité après quelques minutes d’exposition sur la plaque photographique et y trace des figures, enfin elle s’élève à un tel degré de force qu’elle produit des ombres que l’on peut circonscrire d’une manière bien limitée (2).

Les disciples de Mesmer avaient au reste déjà poursuivi, par des démonstrations objectives en partie réussies, l’examen de la condition physique des rayons odiques. La somnambule de Tardy magnétisée avec une baguette voyait l’od sortir du bout de celle-ci

{]) Voyez sur ce pointle curieux ouvrage de l’abbé de Vallemont sur la Baguette divinatoire.

(2) Reiclienbach, Aphorisme 27. cUé par Cari du Prel, dans la Revue des Revues du mars 1896.

l’Od de Reiciiexbacii Planche tirée d’une étude de M. de Rochas.

LA MAGIE ET L’iIYPNOSE

<îommo un épais fil d’or d’un jauno éclatant semé d’étoiles encore plus éclatantes. Si Tardy prenait dans sa main un conducteur, l’rftluve était plus tort que celui de simples doigts et s’accélérait dans son mouvement ; le rayon traversait une planche de 8 lignes d’épaisseur mais semblait perdre de son éclat et de sa vitesse ; la planche se trouvait entre le magnétiseur et la somnambule, mais cette dernière montrait toujours exactement la place sur laquelle il agissait. Si, au lieu de la baguette d acier, il jjrenait une baguette magnétique, outre la première lumière elle en voyait immédiatement une seconde constamment en mouvement spiral autour de la baguette. Projeté à travers une lentille convexe, le rayon se réfractait, perdait en éclat mais -gagnait en vitesse. Le gain et la perte étaient encore plus grands quand on plaçait l’une derrière l’autre deux lentilles séparées. A travers l’eau magnétisée le mouvement s’accélérait, l’éclat diminuait, l’eau semblait remplie d'étincelles lumineuses. A travers l’eau non magnétisée, l’éclat s’amoindrissait également, et la vitesse augmentait aussi. Si l’on passait le rayon à travers le cuivre ou l’argent, ces doux métaux retenaient la lumière, l’absorbaient en quantité égale, et elle ne sortait ■que sous forme de faible vapeur. A travers le fer elle passait sans changement, l’argent la rejetait en un faisceau et l’éparpillait des deux côtés, et il n’y en avait qu’un peu sortant sous forme de vapeur sans apparence. Le mercure la laissait passer en un mouvement accéléré. Aussi la somnambule ne pouvait-elle, durant son sommeil magnétique, se tenir devant un miroir sans se sentir, disait-elle, surchargée de fluide et incommodée. A travers l’or, la lumière passait avec un éclat renforcé et une vitesse accélérée sans se réfracter (1). Il y a

(1) Tardy, Essai sur la théorie du somnambulisme, 81. — Idem, Journal du traitement de N., i, 78, 7'.), 133, 141, 187, 191. — ■Idem, 39.

LA MAGIE ET L’iITENOSE

cent ans que ces expériences ont été faites, et plus tariî le professeur Nane les a continuées.

Carl du Prél.

{Revue des revues du 1®'" mars 189G.)

Voilà des faits de vision do la région tout à fait inférieurs du |jlan astral,

M. de Rochas a consacré toute une ['artie d’un de ses volumes (1) àla vérification et à la démonstration rigoureuse de CCS faits de vision ; aussi n’insisterons-nous pas davantage sur ce point. '

Il nous sufifira de résumer les expériences les plus récentes faites par M. lodko pour mettre nos lecteurs tout à fait au courant de la question.

Les Expériences de M. de lODKO.

Photographie de VOd et du corps as toril.

M. de Narkiewicz lodko se sert pour ses expériences d'une bobine de Rubmkorff de moyenne force. L’un des pôles de la bobine est mis, au moyen d’une pointe deparatonnerre, en rapport avec l’air extérieur souvent à grande distance du centre d’expérience et l’autre pôle vient aboutir (dans le cas des photographies) à une plaque métallique séparée de la plaque sensible par une feuille de caoutchouc.

Dans d’autres cas, un pôle aboutit dans l’air, c’est-àdire dans le milieu où se trouve la plaque photographique, et l’autre pôle aboutit à l’intérieur d'un tube de verre enveloppé de caoutchouc, que tient l’expérimentateur.

Les dispositions étant prises ainsi, l’expérimentateur, après avoir placé une plaque sensible simplement sur

(1) L ’ extériorisai ion de la sensibilité, 1 vol. iii-8 avec fig. coloriées. Cliamuel, édileur.

LA MAGIE ET L’iIYPNOSE

une table dans robscuiil'^, approche sa main de la plaque sensible à 1 ou 2 millimètres.

Immédiatement la main s'illumine et la plaque estimpressionnée.

Plus de trois mille épreuves faites par M. lodko jusqu’ici, ont permis d'établir les faits suivants :

1® L’existence d'an rayonnement spécial, émanant de l’être humain et différent suivant les individus et les tempéraments ;

2® Certains objets, entre autres les plantes et les aimants, manifestent aussi ce rayonnement qui est toujours photographiable ;

3® Ce rayonnement varie dans l’état de santé et dans l’état de maladie, à tel point qu’il peut révéler pluneurs jours à l'aoance une maladie qui va se déclarer et indiquer le point particulièrement faible de l’organisme;

4® Lorsqu’on met en présence sur la même plaque les mains de deux personnes, les doigts de chacune opposés aux doigts de l’autre par leurs pointes, la direction du rayonnement est tout à fait différente :

A. Si les personnes sont antipathiques.

B. Si les personnes sont neutres.

C. Si les personnes sont sympathiques l’une vis-à«vis de l’autre.

Outre le diagnostic pathologique, on peut donc, par cette méthode, faire un diagnostic psychologique.

Les nombreux exemples que nous avons vus à ce sujet sont absolument caracléristiques.

Dans le cas d’antipathie, les deux émanations se repoussent.

Dans le cas de neutralité, les deux émanations restentséparées.

Dans le cas de sympathie, les deux émanations se précipitent l’une vers l’autre.

Encore une fois, tout cela est toujours enregistré par la plaque photographique.

ÉLECTROGRAPHIE DE LA MAIM Par M. lodko.

Il y a encore une foule d’applications de cette mé- 4hode; mais celle-là sufïirait pour bien indiquer à nos lecteurs l’importance des recherches de M. lodko à ce sujet.

La mcthocle consiste, au point de vue de la cause, à augmenter le potentiel des êtres ou des objets en expérience en diminuant le potentiel du milieu dans lequel se trouvent ces êtres et ces objets.

§ 4. — Action du Plan astral sur le sujet.

La voyante de la Rue de Paradis,

Les sujets qui sont mis, soit non intentionnellement soit par un développement progressif en rapport avec le plan astral décrivent presque tous identiquement les différents êtres qui peuplent ce plan. On pourra consulter à ce sujet la vie nuptique de Swedenborg qui offre un ■exemple très net du développement progressif des faits de vision.

Après la vision, un des moyens les plus employés par les intelligences astrales pour communiquer avec les êtres terrestres est l’incarnation, c’est-à-dire la prise de possession des organes physiques d’un sujet ou d’un médium par l’être invisible qui vient à communiquer

Je sais bien que ce sont là des faits qui mettent particulièrement en fureur les gens aux « idées reçues », mine d’observations précieuses pour les Flaubert ; mais tôt ou tard on en viendra à admettre ces faits, aussi ren- Yerrons-nous aux très curieuses expériences toutes récentes de M. Lecomte (1) et dirons-nous quelques mots de la Voyante de la rue de Paradis qui au mois d’avril 1896 a mis tout Paris en émoi.

La Voyante de la rue de Paradis, G.

Une jeune fille de bonne familleavaitassisté quelquefois .avec ses parents à des expériences spirites d’incarna~

fl) Initiation de 1896.

tion clans lescjucllcs l’intellig'ence qui venait se communiquer s’était motleslement qualifiée d’ange Gabriel, Cette jeune fille fut à son tour l’objet des phénomènes du même ordre et bientôt « l’ange Gabriel » parla par sa bouche.

Ce cas ne fût pas sorti des limites étroites des phénomènes spirites du même ordre (et l’on en verra un exemple bien net à notre paragraphe sur les élémentaires) si « l’influence » ainsi incarnée n’avait révélé à certains consultants les secrets les plus cachés de leur passé et les faits imminents de leur avenir. Bien plus, beaucoup de faits prédits aux consultants furent strictement produits à la date indiquée, ce qui embarrasse fort les «savants chargés de juger ce cas.

La jeune fille fut reconnue saine de corps et d’esprit et une commission médicale déclara qu’elle n’était ni hystérique, ni épileptique, ni folle, pour l’instant, après un minutieux examen (1).

A notre avis il s’agissait là de l'incarnation d’une entité astrale d’ordre assez élevé qui, bien entendu, n’avait rien à faire avec l’ange Gabriel ; mais qui était douée de toutes les facultés de lecture dans l'astral des consultants et même des nations, qui possèdent ces entités. L’étonnement des savants et de quelques prêtres était facile à deviner ; mais les occultistes ne s’émurent pas outre mesure et se bornèrent à défendre énergiquement la sincérité de la jeune fille contre ceux qui, ne comprenant rien à tout cela, voulaient enfermer le sujet de l’incarnation ainsi que ses parents. Outre les prédictions personnelles, la jeune fille, ou plutôt l’influence qui se servait de ses organes, annonçait de terribles calamités pour la France, et bientôt après pour l’Angleterre. A l’heure actuelle nous attendons ceséve-

(1) Voy, GaslonMéry, La Voyante de la rue de Paradis, diverses brochures iti-18 (Dentu,édit.)

LA MAGIE ET L’ilYPNOSE

■nements qui, nous le savons, sont inscrits depuis plusieurs années dans la lumière astrale.

.§5. — Le milieu dans lequel se passent ces faits de vision.

La Lumière astrale.

Les occultistes appellent Lumière astrale le milieu 'dans lequel se produisent ces phénomènes de vision .ainsi que quelques autres dont nous parlerons tout à l’heure. Voici quelques développements concernant ce milieu spécial, ces développements sont particulièrement réservés aux étudiants de l’occultisme déjà assez avancés. Les autres lecteurs sont priés si ces pages leur semblent trop obscures, de se reporter à notre étude sur les images astrales.

La lumière physique visible ne présente que l' envers d’une autre lumière dont l’endroit constitue ce [que les martinistes appellent la lutnière astrale.

La photographie, la cause réelle touche au grand ■arcane de la iihysique ésotérique.^ est également l'envers sur la Terre des opérations dont l'endroit est dans le plan astral.

Or ces nouveaux rayons : cathodiques, rayons X, lumière noire et d’autres qu’avait entrevus Babbitt(l), comme entrant dans la composition intrinsèque de l’atome, constituent la frontière commune qui sépare la lumière physique de la lumière métaphysique ou astrale ; et la plaijue photographique, grâce à son ■extrême sensibilité chimique, est un œil du plan astral aussi sensible pour les couches inférieures de ce plan que l’oeil physique pour le plan physique. Barlet dans .sa très belle étude sur la Chimie synthétique et plus récemmentStriendbergdans-S'i/^ra Si/èrarum établissent ‘d’autre part le lien qui relie la chimie (dont la photo-

(1) Babbitt, Light and Colours, New-York.

graphie est une des hautes expressions) à la physique métaphysique et ramènent l'une des plus belles sciences analytiques vers une commune synthèse. De même que la plaque photographique Les corps fluorescents participent de cette faculté de sensibilité chimique toutespéciale (1).

îo

cü

Soleil noir (+)

ÉLECTRICITÉ YüaUté Ocl de Reichenbach

ca

ai

rbq

CHALEUR Calorique

Envers

ou Plan Physique

Endroit ou Plan Astral

Soleil blanc (— )

Ainsi lumière physique et lumière astrale sont deux pôles d’une seule et même entité. L'un des pôles de la lumière astrale (le pôle négatif) est dans le soleil Uanex

(1) Voyez au sujet de la fluorescence et de ses causes secondesla. remarquable thèse de doctorat ès sciences de M. Verneuil.

LA MAGIE ET L’ilYPNOSE 239'

au physique, et l'autre pôle est dans le soleil noir ou métaphysique (1).

Voilà un tableau établissant au point de vue de la doctrine ésotérique^ les rapports des deux pôles de lumière.

Enseignements du Sepher Bereschit à ce sujet.

Moïse dans son Sepher (ch. X) a donné, pour les initiés, la clef de ces divers stades de la force ignée qu’ib désigne successivement parles mots suivants :

AOUR et AOR (l’or des alchimistes) (ch. 1, v. 3).

ASHEC-HENAZ (ch., X, v. 3).

CHOUSH (ch. X, V. 6).

AUZAL (ch. X, V. 27).

Voici les commentaires de Fabre d’Olivet sur cesnoms.

Ashec-Henaz (feu latent-calorique). Ce mot extraordinaire s’élève sur trois racines. La première, assez connue, (ASH), désigne le principe igné ; la seconde (KN), caractérise tout ce qui sert de base, de fondement, tout ce qui est ramassé, entassé ; et la troisième (NZ), exprime tout ce qui fait sentir son influence aux environs. Il était impossible de mieux caractérisep' ceque les physiciens modernes ont nommé le calorique.

Emanation de Cham (ce qui est combiné et chaud).

Choufh : la force ignée, la combustion. Ce mot peut se concevoir comme forme des deuxracines contractées (COH-ASH).

La force élémentaire du principe igné ou bien comme dérivant de la racine ( — ) (AO S H), le feu gouverné par le signe assimilatif( — ) (K). Dans l’un ou l’autre cas sa signification diffère peu.

( !) Osiris est un Dieu noir. (Nous croyons être un des premiersà donner à ceux qui savent la clef de cette expression initiatique»

LA MAGIE ET L’iIYPNOSE

Auzal. — C’est la racine (AUZ) affectée à l’éther, au feu, à l’air épuré, à laquelle est réunie, par contraction, la finale AL. Ce mot, pris comme verbe nominal, dans Azol, exprime l’action de se porter avec rapidité d’un lieu à un autre, de communiquer par sympathie, de la même manière que l’étincelle électrique.

Dikelah — On trouve dans ce mot deux racines contractées ( — ) (DX-KL) : par la première on doit entendre une raréfaction poussée jusqu’à l’extrême subtilité ; par la seconde, une légèreté élevée jusqu’à la simple consistance du son. On sait bien qu’il n’existe point dans aucune de nos langues modernes de mots capables de rendre les idées attachées à ceux de Dikeloh, d' Auzal, d' Badoram ; car, quels que soient les gaz, les fluides que nos physiciens aient découverts, ils n'ont pas encore atteint jusqu’à ceux connus des Prêtres de Thèbes.

Ainsi les deux mots ù.' Auzal et de Dikelah indiquent l’alliance d’une extrême raréfaction du miliea alliée à une extrême tension du fea igné électrique. C’est une des plus belles révélations que nous ait faites l’ésotérisme antique. Avis aux alchimistes.

Les quelques pages qui précèdent sont écrites par les étudiants avancés de l’occultisme. Elles sembleront sans doute déraisonnables aux gens dits « positifs ».

Page 1