DISSOLUTION DES LARVES
La larve, dérivant d’une suggestion émanée de l’individu obsédé ou d’un tiers, doit être tout d’abord chassée par l’emploi de la suggestion.
Quand les moyens purement psychiques, échouent,
(1) Stanislas de Guaita, le Serpent de la Genèse, p. 103.
nous conseillons vivement l’emploi des pointes d'acier qui agissent sur l’agglomérat de lumière astrale formant le corps de la larve et qui détruisent immédiatement ses moyens de réalisation dans notre plan.
Enfin l’emploi des parfums, des pantacles et des cérémonies magiques donnera d’excellents résultats quand tous les autres procédés auront échoué.
Afin d’indiquer sommairement au lecteur ce genre de pratiques, nous terminerons celte étude par le récit des expériences personnelles que nous instituâmes à ce sujet il y a deux mois environ.
On trouvera des détails complémentaires dans le récit des faits qui se sont passés à Cideville et dans l’expérience rapportée dernièrement par M. Bojanoo.
it
§ 5. — Expériences personnelles.
Les expériences que nous avons poursuivies avaient pour but de donner une simple indication sur cette théorie des larves. Il ne faut pas oublier en efïet que les études expérimentales d’hypnotisme n’ont de valeur que par la multitude des observations. C’est donc à titre de simple document et pour corroborer ce qui précède que nous transcrivons nos essais personnels.
Un do nos élèves en pratique, M. A., faisait une série d’études sur l’hypnotisme au moyen d’un de nos sujets : Marguerite.
Voulant poursuivre ses expériences sans craindre d’influences extérieures, M. A. suggéra à Marguerite qu’une autre personnalité se développait progressivement en elle et que personne autre que lui, l’expérimentateur, n’aurait d’influence sur cette personnalité nouvelle. Continuant sa suggestion- pendant plusieurs jours, M. A. arriva peu à pou à persuader à Margue-
LA MAGIE ET L’ilYPNOSE
rite que la nouvelle personnalité — qui était-elle ? — avait tout pouvoir sur sa volonté, si bien que le pauvre sujet ne pouvait plus rien entreprendre sans ressentir l’influence de cette personnalité parasite, agissant comme une véritable larve.
J’ignorais totalement les expériences auxquelles était soumise Marguerite et ayant eu quelques démonstrations pratiques à faire avec ce sujet, je m’aperçus vite qu’il y avait là quelque chose d’anormal.
J’essayai tous les procédés connus des expérimentateurs. Je voulus remplacer le suggestionneur par un personnage factice agissant en son nom ; mais rien n’y fit et tout ce que je pus obtenir fut la certitude que Marguerite était dominée par une suggestion échappant aux moyens d’action habituels, par une larve, d’après nos théories.
Le lendemain, je fis revenir mon sujet et cette fois j’employai la pratique magique. Après avoir coupé une mèche de cheveux à Marguerite placée en état d’hypnose profonde (état de rapport), j’interrogeai le sujet qui ne tarda pas à voir distinctement la personnalité, qui avait pris possession de sa volonté, se condenser peu à peu autour de la mèche de cheveux que j’éloignai progressivement du sujet. C’est alors que j’enfermai la larve, perçue par Margueritte, dans un cercle magique en lui donnant l’ordre de rester là jusqu’à ce qu’il me plût à moi-même de la délivrer.
Jusque là rien de bien extraordinaire. On me dira que tout cet attirail, cette mèche de cheveux coupée^ ce cercle, etc., avait agi par suggestion sur le sujet. Cette théorie est peut-être en effet la vraie ; mais poursuivons. Marguerite était ravie, se sentant dégagée de cette oppression qui la gênait depuis plusieurs jours et sentant sa volonté échapper à l’influence de la larve.
J’opérais à ma clinique. Sur ces entrefaites arriva, comme par hasard, M. A., tout fier des résultats qu’il
avait obtenus et m’affirmant que la suggestion qu’il avait imposée détruisait le libre arbitre du sujet.
Sans dire mot de mon expérience, je sortis en priant M. A. de faire venir dans le sujet la personnalité qu’il avait créée et qu’il prétendait plus forte que la propre personnalité du sujet.
Quand je revins, au bout d’un quart d’heure, un spectacle bien curieux s’offrit à mes yeux. M. A., suant à grosses gouttes, s’époumonnait à faire de terribles suggestions. De plus, il faisait des passes magnétiques tantôt dans un sens, tantôt dans l’autre, et cependant rien ne se manifestait.
— C’est curieux, me dit-il, elle ne vient pas.
— Eh bien! lui dis-je, elle n’est donc pas si forte que le libre arbitre du sujet.
— Je n’y comprends rien. Et pourtant jamais elle n’a fait la moindre résistance pour se montrer.
— Ne vous inquiétez pas. Elle reviendra sans doute.
Et notre entretien se termina sur ces mots.
M. A. recommença deux jours de suite et, désespérant d’arriver à un résultat, il prit le parti de recommencer son opération et de créer une nouvelle larve,
Quelques jours après, je m’aperçus de la présence d’une personnalité (toujours inconnue pour moi) dominant progressivement la volonté de mon sujet
Cette fois, j’étendis un peu le champ de l’expérience et, après avoir tracé sur le sol, avec de la craie, le cercle magique, je commençai la suggestion, entraînant la larve au centre du cercle par l’intermédiaire d’une boucle de cheveux.
— Quand, d’après les dires de Marguerite, placée en état d’hypnose profonde (état de rapport), la larve fut emprisonnée dans le cercle, je passai mon épée au sujet en donnant la suggestion très impérative qu’une piqûre dans la larve ne. pouvait faire aucun mal à cette larve (il est bien entendu que j’employai une
LA MAGIE ET L’ilYENOSE
autre expression que celle de larve qui aurait été incomprise du sujet.
La suggestion donnée poussait donc le sujet à ne voir se produire aucun fait étrange sous l’influence de la piqûre.
Or, contre toute attente et contre les ternies mêmes de la suggestion, à peine la larve eut-elle été piquée à l’épaule que le sujet poussa un cri d’effroi disant : « Mais cela a fait « pouf » comme un ballon qu’on crève et il n’y a plus rien. »
La destruction de cette larve avait été absolue et tous les efforts faits, par la suite, pour la rappeler restèrent vains.
Sur ce entrefaites, le sujet eut la variole, entra à l’hôpital et fut envoyé à Aubervilliers. Depuis, nous n’avons pas eu l’occasion de poursuivre ces expériences.
Il est bien entendu que je no donne aucunement ces faits comme des faits d’ordre scientifique. Il est plus que probable que la mise en scène magique facilite beaucoup l’action de la suggestion, mais il faut dire aussi que ceux qui mettent la suggestion à toutes les sauces en ignorent le mécanisme autant que le principe.
Nous terminons ici notre exposé du côté invisible de la nature et de ses réactions sur l’esprit ou le médium. On vient de voir quelques expériences de magie appliquée à l’hypnotisme qui montrent dès maintenant la raison d’être de notre troisième et dernier chapitre.