PATHOGÉNIE
S'il est facile de dire en quoi consiste la maigreur, il à est plus difficile de s'accorder sur le point de savoir pourquoi un individu maigrit ou pourquoi il reste maigre. La nutrition, on le sait, se compose essentiellement de deux actes : l’assimilation et la désassimulation. Toute insuffi-
sance d'assimilation doit entraîner l'atrophie des différents tissus de même que tout excès de désassimilation. De plus cette atrophie doit tout d'abord porter sur les matières de réserve dont la graisse avec le glycogène constitue la majeure partie.
À ce propos quelques mots sur les matières grasses ne seront pas inutiles.
Le tissu conjonctif qui relie entre eux les différents éléments de l'organisme contient des cellules fixes dont une des fonctions consiste à se charger de graisse, matière qui servira par sa combustion à l'entretien de la chaleur animale. Cette graisse à une composition à peu près fixe pour chaque espèce, mais qui est variable d'une espèce à l’autre et dans la même espèce, variable aussi suivant l’âge
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D'après les recherches de Lancer la graisse de l'homme
aurait la composition suivante chez l’enfantet chez l'adulte.
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La constance de la composition chimique de la graisse humaine semble montrer que les graisses ingérées ne sont pas absorbées en nature, tout au moins dans leur totalité, et qu'elles subissent dans l'intestin des transformations diverses, de même que les matières azotées et que les hydrates de carbone.
Leseperr dans des expériences sur des chiens, après leur avoir fait absorber successivement de l'huile de lin et du suif de mouton, dit pourtantavoir retrouvé ces graisses presque sans modification dans l'organisme: mais dans d'autres faits, 1l ne peut retrouver la tributyrine qu'il a donnée aux animaux en expérience.
D'autre part, Lunwia Arxscnivx, en 1889, constate chez des chiens également que le suif de mouton est absorbé dans des proportions relativement faibles.
Franz Horrmanx ne peut retrouver la trace des graisses étrangères à l'organisme dans lequel 1l les a introduites.
D'autres expérimentateurs, Krenz en 1890, R. Moore et Rockwoop en 1896, constatent que les graisses sont résorbées à l’état de savons ou d’acides gras et non à l'état d'émulsion.
Ranzimsewsky prouve que les savons gras peuvent
servir de matériaux à la synthèse de la graisse, soit. que
= nyres cette synthèse ait lieu comme il le pense dans l'épithéhum intestinal et les globules sanguins, soit plutôt comme le croit Künxe dans les cellules adipeuses elles-mêmes.
Muxx a prouvé que les graisses absorbées se dédoublaient dans l'intestin. Ocara, après avoir donné à des chiens de l’oléine, a retrouvé après quelque temps dans l'estomac de la glycérine et l'acide gras.
E. Hépox et J. Vire ont constaté le dédoublement des matières grasses dans l'intestin.
Tous ces faits nous montrent que, contrairement à ce qui est généralement admis, les graisses comme les autres aliments ont besoin, pour être assimilées, de subir dans le tube digestif des modifications chimiques et que l’émulsion ne suflit pas pour en permettre l'absorption.
Puisque la graisse de l'organisme n'existe pas préformée dans les aliments, on peut se demander si d’autres corps ne pourraient servir à la synthèse des matières grasses, si les matières albuminoïdes, en particulier les féculents et les sucres, ne pourraient sous l'influence des ferments digestifs se transformer en matières grasses. La question semble bien aujourd'hui être résolue par l’affirmative. Depuis les expériences de Perrexxorer et de Vorr, engraissant des chiens avec de la viande, tous les expérimentateurs qui ont suivi, Weiske et Wirpr (expériences sur des porcs), Lawes et Gizserr, HENNeBErG, Muxx, Van NookpeN ont confirmé ce fait.
PrLugaer est un des rares auteurs qui ait contesté la valeur des expériences de Perrexxorer et Vorr : il ne nie pas que la graisse s'accumule plus vite et davantage chez les animaux soumis à un régime exclusivement azoté,
Le Rov. 2
Dies mais ilne croit pas à la possibilité de la transformation des substances azotées en graisses.
Quoi qu'il en soit, le fait indéniable et intéressant dans la pratique, c'est que l'excès de nourriture azotée favorise l'engraissement.
La graisse peut également se former d'après Vas Liesre,
Max Rugver, Emmanuel Muxk aux dépens des hydro-
carbures (sucres et féculents), ce que confirme l'expérience journalière.
Les graisses fournies dans l'intestin par synthèse des principes immédiats provenant de la digestion sont absorbées par les Iymphatiques à l’état d’émulsion très fine. Toutes les graisses sont-elles ainsi absorbées et déversées dans le sang par l'intermédiaire du canal’ thoracique ? Plusieurs auteurs, parmi lesquel Kent, Orro Franck, Moors et Rockwoop, pensent que les graisses résorbées à l'états de savons ou d'acides gras et en solution, peuvent pour une partie passer par la voie veineuse et traverser le foie. Là, les acides gras se combineraient avec le phosphore et la choline formant ainsi une réserve de matières adipeuses. Un fait incontestable c’est que les acides gras entrent pour 3 pour 100 dans le poids total du foie. (Not Parow).
D'autre part, les recherches de Hanrior sur un ferment organique des graisses montrent le rôle important joué par le foie dans l’évolution des matières grasses.
En effet, en 1896, Hanxrior découvrit dans le sérum sanguin un ferment saponifiant non seulement les graisses solubles, telles que la monobutyrine, mais toutes les sub-
stances grasses quelles qu'elles soient et tous les éthers
roue qu'il put essayer. Il proposa pour ce ferment le nom de lipase.
Il rechercha dans tous les organes ce ferment et n’en trouva que dans le foie et le pancréas ; d'autre part, ayant enlevé le pancréas à un chien, il constata que le sang de cet animal contenait toujours la même quantité de lipase. IL semble donc bien que c’est au foie qu'est dévolu le rôle principal dans l’émulsion des matières grasses.
Existe-t-1l une relation entre cette fonction et l’emmagasinement des graisses ? Comme pour le sucre, le foie serait-il l'entrepositure et le distributeur des matières grasses ? On ne peut que poser la question, mais la théorie serait séduisante qui donnerait au foie le rôle de dispensateur général des apports nutritifs. C'était d'ailleurs la théorie de Gares.
Les réserves adipeuses une fois constituées dans les üssus, elles y restent en dépôt, jusqu'à ce que de nouveau entraînées dans le courant circulatoire elles soient oxydées complètement pour entretenir par leur transformation en eau et acide carbonique la chaleur nécessaire aux actes vitaux ou bien pour être éliminées au dehors par l'intestin et par la peau æt très exceptionnellement par les urines.
La dissolution des graisses se produit grâce au ferment, à la diastase de Hanriot, et leur oxydation est due à l’acton des globules sanguins que Couxs reix et Micuaguis ont mise en lumière.
Tel est le cycle de l’évolution des graisses dans l’organisme. En possession de ces données, on peut concevoir que l’amaigrissement résultera aussi bien de l'insuffisance
des apports alimentaires en qualité ou en quantité, de la
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