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nous aurons peu de choses à dire, réservant notre atten- : lion sur ces grandes révolutions de l'être, les infections et les intoxications.
La plupart des maladies infectieuses s'accompagnent de fièvre. La fièvre, réaction normale de l'organisme contre l'agent parasitaire, pourrait être défimie une inactivité anormale des combustions organiques déterminant l'élévation de la température du corps. Cette définition qui ne préjuge rien de la pathogénie de la fièvre nous apprend déjà que sous l'influence de celle-ci la dénutriüon est la règle: en effet, toute fièvre s'accompagne d'amaigrissement plus où moins prononcé, plus ou moins rapide, mais constant.
La preuve de l'énergie des combustions vitales dans la fièvre réside dans ce fait que l’urine contient plus de matières extractives qu'à l'état normal, plus d'urates, de phosphates, ete., et que l’exhalation de l'acide carbonique augmente. Pourtant, dans certaines fièvres de longue durée (fièvre typhoïde par exemple) le taux de l’acide carbonique exhalé peut être abaissé.
En même temps que les combustions sont plus actives, les échanges sont ralents et l'absorption diminuée: en particulier Tscusrvorr à trouvé que les graisses qui, ingérées à l’état sain, sont absorbées dans la proportion de 9 pour 100, chez le fébricitant ne sont plus absorbées que pour 88 pour 100. Enfin la diète absolue ou relative en diminuant les apports nutriüfs contribue encore à l'inanition. Toutes les conditions sont donc réunies dans la fièvre pour amener l’amaigrissement. Ce n'est d'ail-
leurs pas sur l'élévation de température que l'on peut
DU ete
. mesurer l’'émaciation qui résultera de la fièvre, mais bien plutôt sur l'agent qui détermine celle-c1.
En général dès le début d'une maladie infectieuse le poids commence à diminuer graduellement jusqu'au jour de la convalescence où il remonte plus ou moins vite suivant l'alimentation. Cet abaissement graduel reconnaît pour cause en dehors de la fièvre proprement dite l’inanition relative. Pendant les défervescences lentes l'amaigrissement augmente rapidement, souvent plus vite que dans la période d'état et quand la terminaison est brusque eonme dans la pneumonie par exemple, la défervescence s'accompagne d'un abaissement rapide du poids, dà à la crise urinaire, sudorale, ete., qui en est la conséquence ordinaire.
în cela comme pour tous les troubles fonctionnels qui l'accompagnent, chaque maladie à sa physionomie particulière et c'est ce que nous essaierons de montrer.
Dans la période d’invasion de la variole le gonflement des téguments coïncide presque toujours avec une légère augmentation de poids qui commence à s'abaisser lentement avec la période d’éruption et diminue rapidement au moment où les pustules se dessèchent pour remonter lentement avec la disparition des phénomènes fébriles. Suivant sa gravité, la variole produit une émaciation plus ou moins accentuée, mais lamaigrissement est toujours prononcé, surtout chez les enfants, même avec la varioloïde.
La vaccine, quand elle ne s'accompagne pas de fièvre, réagit rarement sur l'état général. De même la varicelle, si bénigne dans la plupart des cas, n’atteint que très
légèrement les fonctions de nutrition.
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Il n’en est pas de même de la scarlatine, si redoutable déjà par ses complications fréquentes. Le poids d’abord stationnaire commence à s'abaisser avec l'apparition de l’exanthème et diminue plus rapidement avec la dispariion de celui-ci pour demeurer stationnaire quand la température est revenue à la normale.
À mesure que le malade s’alimente, le poids remonte peu à peu. S'il existe une complication rénale s'accompagnant d’œdèmes, le poids peut augmenter rapidement. Dans un cas d'anasarque scarlatineuse chez un enfant, Tuaox l'a vu s'élever d'un cinquantième du poids total. I n'y a pas lieu d° insister sur ce Pen ones très simple dû à l'infiltration séreuse des tissus.
Quand la rougeole a une évolution normale, la convalescence en est rapide, mais, malgré cela et surtout chez les énfants, 1l n'est pas rare de voir le poids rester pendant des semaines au-dessous de ce qu'il était avant la . maladie.
La rubéole est une affection trop bénigne pour amener une perturbation profonde dans les phénomènes de nutrition.
Dans la suette muliaire, l'amaigrissement est très rapide et survient dès le premier jour parallèlement à l'asthénie si prononcée qui est de règle: il s'exagère encore à la défervescence pour remonter très lentement peudant la longue période de convalescence. Ici, la perte de poids tient certainement autant aux sueurs profuses qu'à la diminution de l'élément adipeux.
La grippe suivant les épidémies, suivant l’âge, la nature des affections antérieures, la résistance individuelle
Le Roy, 3 |
PR ee est tantôt une maladie extrêmement bénigne, tantôt au contraire une affection mortelle, et suivant sa gravité elle retentit différemment sur l’état général. Dans les cas moyens l’asthénie et l’amaigrissement qui l'accompagne débutent avec l'invasion pour augmenter jusqu'à la convalescence. Là encore celle-ci est longue et ce n'est que peu à peu que le malade retrouve son embonpoint initial quand aucune complication ne vient entraver les phénomènes de réparation organique.
La fièvre typhoïde est une des maladies qui influent
le plus sur la nutrition : bénigne ou sévère elle cause une
émaciation progressive et rapide. Tout à fait au début
et. pendant la période d’invasion le poids ne varie guère et peut même augmenter à cause de la constipation. ordinaire et de l'ingestion plus grande de liquides déterminée par la soif. Dès le 4° ou le 5° jour le poids diminue : pendant la période d'état la perte quotidienne varie entre 240 el 300 grammes (Layrox, BorkiNge) et peut même atteindre 600 grammes (Obs. de Tao, 2,400 grammes en { jours), mais c’est surtout à la défervescence que l'amaigrissement fait de rapides progrès. Après la chute de la fièvre le poids remonte assez rapidement. Dans les . rechutes 1l peut rester stationnaire ou diminuer de nouveau. Dans la fièvre typhoïde l’amaigrissement ne provient pas seulement de la fièvre mais aussi de l'arrêt de l'absorption intestinale résultant des lésions de la muqueuse.
Le tÿphus exanthématique, le typhus à rechutes amènent l’amaigrissement comme toutes les infections aiguës
el ne présentent rien de parüculier à ce point de vue.
Vi ApE Us
: Le paludisme dans ses formes chroniques comme ses formes aiguës amènent l’'amaigrissement rapide. La cachexie palustre n'est que l’aboutissant de la dénutrition profonde qu’occasionne le poison paludéen. Comment agit ce poison? A coup sûr ce n'est pas du fait de la fièvre seulement, mais bien d’une intoxication réelle que résulte l'émaciation dans la malaria.
Nous n'avons pas sur la fièvre jaune, la peste, le béribéri, au point de vue très spécial de la maigreur, d'éléments d'informations suffisants pour en parler.
Dans le choléra, déjà avec la diarrhée prémonitoire du début, l’amaigrissement commence; il s’accentue pendant la période d’invasion et devient tellement accusé que le facies en prend un aspect caractéristique. Si le malade survit à la phase algide, le poids reste stationnaire pendant la période de réaction pour diminuer de nouveau à la défervescence. L'émaciation rapide du choléra dépend bien moins des pertes réelles en matériaux solides que des pertes aqueuses de l'intestin; la dénutrition, d’ailleurs. est sous la dépendance du poison cholérique et non sous celle de la fièvre puisque celle-ci existe rarement ou du moins est peu élevée.
Les oreillons ne s ‘accompagnent guère de phénomènes généraux et n'ont pas de retentissement sur la nutrition.
L’érysipèle a une période d'état et une de défervescence ; dans la première le poids du corps diminue, mais dans de faibles proportions ; c'est surtout au moment de la défervescence que la courbe du poids s’abaisse vite, mais dans le cas ordinaires, l’amaigrissement n'est jamais
très prononcé.
Toutes les pyohémies, toutes les septicémies ont un retentissement sévère sur les actes de la nutrition ; mais à, comme dans la plupart des affections parasitares, la gravité est subordonnée à l'espèce du microbe et à la nature du terrain, plus encore à celle-ci qu'à celle-là. Dans les grandes lignes on peut dire que les infections streptococciques si longues à se juger conduisent vite à la cachexie : au contraire dans les infections de moins longue durée, à pneumocoques, par exemple, la nutrition souffre moins et l'organisme répare plus vite des pertes qui n'ont pas été très abondantes.
Tant que le pus, s'il existe, ne s'est pas fait jour au dehors, l’amaigrissement résulte surtout, comme dans presque tous les états fébriles, de la dénutrition rapide qui mesure l’activité des combustions organiques; lorsqu'un foyer purulent a trouvé une issue et que les toxines putrides ne sont plus résorbées, la température s’abaisse : mais si la suppuration persiste longtemps, si le foyer d'infection, peau, Ussu cellulaire, périoste, synoviale, plèvre, ete., reste infecté, la maigreur augmente, conduisant à la cachexie et déterminée alors par les pertes cellulaires qui s'échappent de cette fissure de l’organisme.
La diphtérie, à sa période d'état, semble tout d’abord ne retentir que légèrement sur les échanges nutritifs, mais, au moment de la convalescence, l'amaigrissement fait quelquefois de tels progrès qu'il peut mériter le nom de cachexie. L'action de ia toxine se fait sentir longtemps et si à cet état s'ajoute une paralysie du voile, la gêne de l'alimentation ajouteencoresoninfluence. L’amaigrissement survient d'ail-
leurs aussi bien dans les cas traités par le sérum antitoxique.
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Le tétanos a le plus souvent une évolution trop rapide pour que l’'émaciation ait le temps de faire de grands progrès, mais dans les cas exceptionnels qui durent des semaines et qui guérissent l'amaigrissement est très prononcé et la maigreur persiste longtemps durant la convalescence.
La lèpre, malgré l'infection générale de l'organisme, ne détermine guère d'amaigrissement. Il peut même y avoir, dans certaines formes, augmentation de poids, à cause de l'infiltration dermique déterminée par le bacille de Hansen.
A la période initiale, la syphilis est une maladie toute locale pour ainsi dire : lorsque l'organisme est envahi par le virus, les accidents secondaires éclatent et la nutrition est profondément atteinte; que la fièvre existe ou non à cette période, l’amaægrissement est constant, marchant de pair avec l’'anémie. De plus, à côté des cas où l'on a constalé l'obésité succédant à la période secondaire, 1l est fréquent de voir les syphilitiques rester maigres. Les accidents tertiaires n'ont que peu d'influence sur la nutrition générale et si les malades en cours d'accidents maigrissent, on doit plutôt en accuser le traitement (iodure à haute dose). Les nouveau-nés syphilitiques ont fréquemment un poids inférieur à la moyenne.
La tuberculose, par la fièvre qui l'accompagne, par ses toxines redoutables et aussi par la durée ordinaire de son évolution, est une des maladies qui ont l'influence la plus profonde en même temps que la plus fâcheuse sur la nutrition. Le mot phüsie indique d'ailleurs assez la
place que la consomplion üent dans le tableau clinique de
le
la tuberculose pulmonaire: celle-ci peut d’ailleurs évoluer sous deux grandes formes : une rapide, à allures d’infection aiguë, c’est la granulie : l’autre, plus lente, commune, c'est la phtsie proprement dite. Dans la granulie, l'amaigrissement commence souvent en même temps que l’asthénie générale, avant l'éclosion de autres symptômes et est quelquefois assez prononcé déjà pour que l'attention soit attirée du côté de cette affection. Pendant la période d'état, quand le malade est alité, l'amaigrissement fait des progrès si rapides qu'on peut le constater chaque jour et que cette constatation peut servir de moyen de diagnostic avec la fièvre typhoïde: dans cette dernière affection, nous l'avons dit, l'amaigrissement se prononce surtout au moment de la défervescence.
Dans la phlisie pulmonaire commune, à évolution lente, l’amaigrissement est un des symptômes les. plus constants, avant même que la lésion soit assez avancée pour pouvoir être perçue par l'oreille. Dès la période d'invasion le malade diminue de poids; la dyspepsie si fréquente à cette période, la phosphaturie et la résorplion lente des produits qu'élabore le bacille sont les causes de celte émaciation précoce que rien parfois ne semble pouvoir expliquer. Beaucoup de malades sont classés comme des dyspeptiques banals qui déjà ont leurs sommets infectés. Ces faits sont trop connus pour que nous yinsistions. Quand les tubercules commencent à se ramollir, quand la fièvre s’est installée, que les phénomènes stéthoscopiques frappent l'oreille la moins attentive, la nutrition suit le dépérissement général de l'organisme et avant même la
période terminale le poids, en même temps que les forces,
re continue à diminuer: en dehors de l’action spécifique du poison tuberculeux, la fièvre, l’expectoration abondante, les sueurs profuses, les vomissements que détermine la toux, les lésions du tube digestif qu'accompagne si fréquemment la diarrhée, sont autant de causes à la consomption rapide qui est la réachuon régulière de l'infection tuberculeuse. |
La tuberculose des capsules surrénales, outre Îles pigmentations anormales, l’asthénie qu'elle détermine, amène un amaigrissement rapide qui contraste quelquelois avec le peu d’étendue des lésions pulmonaires.
Avec la tuberculose, le cancer (et surtout les turheurs malignes des voies digestives) détermine en général au cours de son évolution une émaciation lente, progressive, et si prononcée que les mots cachexie cancéreuse sont courants dans la pratique. Le cancer agit certainement
par des toxines qui activent la dénutrition de tous les
systèmes cellulaires, Fatrophieé ne porte pas seulement
sur le système adipeux, mais encore sur lous les autres lissus.
Les affections de l'appareil respiratoire ont une influence d'autant plus fâächeuse sur la nutrition que presque toutes S'accompagnent de fièvres et de phénomènes généraux : mais si l'on ne considère que les quelques maladies, telles que lemphysème, l’adénopathie trachéo-bronchique, qui ne font que mettre obstacle à l’aération normale de larbre respiratoire, sans en.infecter la muqueuse, les maladies mécaniques pour ainsi dire, leur action qui se fait sentir sur l'hématose, entraîne plutôt
lanémie, par suite du ralentissement des échanges,
ro
que la maigreur. Il est fréquent de voir des emphysémateux obèses et quant aux enfants qui, à la suite de coqueluche ou de rougeole, font de l'adénopathie interbronchique et restent maigres, il faut bien plutôt incriminer la tuber-
culose latente que l'oxygénation plus difficile des globules rouges.
Quantaux bronchites chroniques, aux scléroses pulmonaires, qui, sans s'accompagner de fièvre, ont un retentissement si profond sur l'état général et qui déterminent souvent un amaigrissement considérable, ilfaut tenir compte des vastes suppurations que ces lésions entretiennent, et surtout de la résorption des toxines qui se fait au niveau de la muqueuse bronchique. L'insuflisance de l'hématose, nous le répétons, entraîne l’anémie et non la maigreur.
Au contraire les maladies du tube digestif ont toutes ou presque toutes comme résultat un amaigrissement d’autant plus prononcé que lobstacle à l'assimilation est plus complet. Ce sont d'abord les affections des premières voies digestives qui apportent un obstacle mécanique à l'ingesüon des aliments, puis les maladies de l'estomac qui ne permettent pas les transformalions nécessaires des substances ingérées, enfin les maladies de l'intestin qui gênent l'assimilation.
Il est rare que les stomatites, les glossites, les angines, toutes les inflammations de la bouche en général, aient une durée assez longue pour déterminer une inanition relative : le mauvais état de la dentition peut, en causant de la dyspepsie, influer sur la nutrition, Quant aux paralysies du voile, nous en avons parlé à propos de la diphtérie.
Plus graves à cause de leur durée et de leur évolution
sont les maladies de Fœsophage : l'ulcère simple, le cancer, la syphilis, les brûlures d'origine alimentaire ou toxique aboutissent en général au rétrécissement du conduit, et l'on assiste alors à tous les phénomènes de linani- Uion parmi lesquels l'amaigrissement lient la première place : il est constant et progressif, les malade peuvent arriver à une maigreur squelettiqueque l’on ne rencontre guère ailleurs, sauf dans la tuberculose et le cancer.
Les affections de l'estomac par leur fréquence, par les troubles de la nutrition qu'elles déterminent ou qu'elles aggravent sont peut-être de toutes les causes de maigreur les plus fréquentes en même temps que les plus nombreuses. La dilatation de l'estomac en partüculier si souvent ignorée des malades et des médecins eux-mêmes ne se manifeste quelquefois par aucun autre symptome fonctionnel que par la maigreur. Les gastrites chroniques, les dyspepsies à forme hypopeptique, hypochlorhydrique, les atonies gastriques d’origine névropathique, par la mauvaise élaboration des aliments, et aussi par les fermentations pathologiques qui peuvent s'accomphr dans l'estomac déterminent une maigreur d’aulant plus habituelle que l'affection est plus ancienne, d'autant plus Huvee qu ‘elle est plus grave.
Il n'y a guère que la dyspepsie à forme hyperchlorhydrique qui ne détermine pas de perte de l'embonpoint : la plupart des malades ne perdent n1 de leur poids ni de leurs forces, à moins toutefois que la: violence exagérée des douleurs, les vomissements spontanés ou provoqués ne finissent par influer sur l'état de la nutrition. Il en est
de même de la gastralgie simple, essentielle, névropa-
IPS thique, qui peut exister sans que l'état général en souffre sensiblement.
Les entérites, entéro-colites aiguës ou chroniques, J'entérite tuberculeuse, la dysentérie agissent toutes de la même façon sur la nutrition générale : en entravant les fonctions de l'intestin, en développant au sein de l’organisme des poisons qui sont résorbés, en augmentant les pertes aqueuses. Aussi toutes les affections de l'intestin, de l'intestin grêle surtout, s’accompagnent d'un amagrissement rapidement progressif. C'est principalement l’entérite qui doit être incriminée dans l'athrepsie des nouveau-nés.
On a beaucoup exagéré dans le public l'influence des vers intestinaux sur la nutriion générale. La plupart du temps leur présence ne détermine que peu de troubles et en tous cas la maigreur, si elle existe, reconnaît dans bien des cas une autre cause : et cela est vrai même pour Île plus redoutable d’entre ces parasites, l'ankylostome, qui peut amener un état d'anémie extrême qui contraste avec l’'embonpoint presque toujours conservé.
Les maladies du pancréas ne sont la plupart du temps que des trouvailles d’autopsie et leur diagnostic peu aisé ne permet que rarement de leur attribuer l'amaigrissement qu'elles déterminent si vite; 1l n'y à guère que le diabète pancréatique qui ait une histoire clinique. Dans cette maladie les symptômes cardinaux du diabète, polyphagie, polydypsie, polyurie et glycosurie S aCCOMpagnent d'un amaigrissement progressif qui conduit vite à la cachexie.
Les hépatites chroniques, qu'elles reconnaissent pour
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cause l'alcool ou! le plomb, la syphilis ou le paludisme, les cirrhoses des dyspeptiques comme les cirrhoses des goutteux, ont sur la nutrition un retentissement profond el l'amaigrissement survient sous leur influence alors même que la maladie initiale avait respecté l'embonpoint : cet amaigrissement peut survenir de bonne heure alors que le foie est à peine touché, alors que seules la teinte jaunâtre des téguments, la présence d’urobiline dans les urines dénotent que la cellule hépatique est gênée dans son fonctionnement. Plus tard, l'émaciation devient telle qu'elle justifie les termes de cachexie hépatique qu'on a donnés à l’ensemble des troubles qui terminent les cirrhoses.
L'ictère simple, catarrhal, suffit déjà pour amener une dénutrition rapide. D'ailleurs ce que nous savons du rôle physiologique du foie, qui est en somme le grand laboratoire de l’ofganisme, nous explique assez que sous l'influence d’une lésion de ce viscère déterminant un ralentissement des fonctions assimilatrices, l'amaigrissement puisse survenir rapidement.
Les maladies de l'appareil circulatoire, les endocardites chroniques, les lésions valvulaires ne troublent pas la nutrition au début de leur évolution : ce n’est qu'à la période d’asystolie que l’état général est touché profondément, mais l'amaigrissement que l’on peut constater à ce moment, non seulement est en général fort peu prononcé, mais encore, s'il existe, reconnait pour cause une des nombreuses complications pulmonaires, hépatiques, rénales, qui peuvent surgir.
D'ailleurs les œdèmes, qui sont presque la règle en
pareil cas, masquenl l'émacialion de la période ultime.
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Les lésions propres du sang, qui amènent des perturbations si profondes dans la nutrition cellulaire, s’accompagnent£ rarement d'amaigrissement si elles ne succèdent pas à des causes qui ont primitivement amené celui-c1. L'anémie essentielle. la chlorose, l'anémie pernicieuse peuvent évoluer chez des sujets qui gardent leur embonpoint: al est probable que ce fait est dû au ralentissement des échanges et au peu d'activité des combustions organiques ; cela est d'autant plus probable que lorsque là quantité de sang diminue brusquement sous le fait d’une hémorragie et lorsque les hémorragies se répètent fréquemment, l'individu s’affablit mais ne maigrit pas. Certains éleveurs saignent même leur bétail pour l’engraisser. D'après les expériences de Bauër sur des chiens, après la saignée la quantité d'urée augmente, mais la quantité d'acide carbonique exhalé dans les 24 heures qui suivent diminue. Bauër rattache cette diminution au ralentissement de combustion des matières grasses, par suite de la diminution d'oxygène. Les résultats sont donc tout différents de la saignée et de l'inanition.
Pariccon (Th., Paris, 1897) sur un grand nombre d'observations a constaté que toutes les anémiques dont l'indice de corpulence était inférieur à 3 étaient des anémiques tuberculeuses, au contraire celles dont l'indice élait supérieur à 3,2 ne présentaient aucun signe de tuberculisation.
En revanche, les leucémies amènent loujours un amaigrissement proportionnel à la durée et à l'époque de la maladie.
Les affections du parenchyme rénal n’ont guère d’in-
fluence sur la nutrition que s'il ÿ a rétention des produits toxiques de l'organisme : c'est l’urémie qui détermine les troubles variés qui se rattachent aux néphrites ;: mais si l’amaugrissement survient c'est bien plutôt aux troubles gastro-intestinaux qu'il doit être rattaché à l'intoxication urémique.
Les maladies de la vessie et de l'urètre, les affections des organes génitaux chez l’homme et chez la femme n'ont pas d'influence directe sur les échanges organiques, mais le système nerveux central est souvent fort asthénié chez'ces malades et le dépérissement qu'on observe quelquefois à l’occasion d'une lésion génitale minime dépend uniquement de l'hypocondrie qui l'accompagne. Nous avons vu en effet l'influence considérable du système nerveux sur le développement où au contraire l’atrophie du tissu adipeux, et nous allons voir encore cette influence dans quelques-unes des maladies de ce système.
Les affections de l'encéphale, quand elles ont une évolution de longue durée, loim de déterminer l'amaigrissement favorisent plutôt l'embonpoint. On voit souvent le poids augmenter chez les paralytiques généraux, chez les aliénés. Dang certaines psychoses cependant on a vu le poids s'abaisser alors que rien dans la nourriture ni dans l'activité musculaire ne pouvait expliquer l'amaigrissement (Fürstner). Les idiots, les épileptiques ne sont pas en général des maigres. A propos de l’épilepsie, disons en passant que KowaLEwskY avait cru trouver un abaissement du poids du corps après les crises de morbus sacer ; il citait des observations où cette diminution avait été de
Q livres après une seule attaque. Jorrv, von OLpERoGGE,
Der EL d’après leurs observations, nient formellement ce fait. Au contraire dans l'état de mal hystérique, dans les crises hystériques convulsives, comateuses ou délirantes, l’amaigrissement est la règle et varie de 200 à 500 grammes par jour. En dehors des attaques, l'hystérie dont les manifestations sont si variables fait quelquefois engraisser les sujets comme elle peut déterminer leur amaigrissement. Mais cet amaigrissement est toujours sous la dépendance d'une cause accessoire : anorexie, dysphagie, vomissements, etc. Emrereur, dans sa thèse inaugurale, ditque les hystériques
qui ne mangent pas ne maigrissent pas. IE est vrai que
chez certains hystériques les échanges sont ralentis au
point que l'urée peut tomber à 2 ou 3 grammes (25,10 Bouchard. 0f,75 Empereur) aussi comme chez ces malades les désassimilations sont extrêmement réduites elles peuvent supporter sans dommage immédiat une inanition relative.
Les neurasthéniques maigrissent facilement, mais ils sont presque tous dyspeptiques. Dans certaines formes graves de neurasthénie la maigreur peut même aller Jusqu'à la cachexie et faire penser à l'existence d’une affec- Uüon organique de l'estomac ou de l'intestin.
Les hémiplégiques maigrissent rarement, souvent même les membres paralysés deviennent le siège d'une adipose exagérée.
Les affections bulbaires par les troubles qu'elles apportent à la déglutition déterminent souvent un amaigrissement rapide : la paralysie labio-glosso-laryngée en est un exemple.
Dans les maladies de la moelle comme dans celles de
NE l'encéphale, l'amaigrissement est l'exception. Les myélites diffuses et systématisées ne retentissent pas sur l'état général : souvent le muscle est atteint (sclérose latérale amyotrophique par exemple) mais le tissu adipeux a plutôt une tendance à l'hypertrophie probablement par suite du repos forcé du patient (hémiplégies anciennes, certaines névyriles). | |
Toutes les maladies déterminent dans l'organisme des troubles chroniques, soit en introduisant dans le COrps des principes toxiques, soit en viciant les sécrétions normales de celui-ci, et en définitive, en dehors des troubles purement mécaniques, c'est à une intoxication aiguë ou
chronique que se réduit la manière d'être d’une maladie. Mais 1l est une série de réactions morbides qu'on a appelées maladies par intoxication. De celles-ci les unes sont dues à des poisons venus du dehors, ce sont les intoxications proprement dites : les autres naissent dans l'organisme sous l'influence de produits toxiques dus à un trouble fonctionnel des glandes, à une perturbation primutive et essentielle de la cellule, ce sont les maladies par auto-intoxication, les dyscrasies.
Au point de vue très spécial qui nous occupe la plu- … part des intoxicaliohs accidentelles ne présentent pas d'intérêt. Quelques-unes seulement par leur fréquence et leur caractère de chronicité doivent fixer un moment notre attention. | | L'alcool a une influence indiscutable sur l’'embonpoint: au début tout au moins de l’intoxication chronique la fonction stéatogène est exagérée ; plus tard si la dyspepsie
devient la note dominante l’amaigrissement peut faire de