ET RÉPONSES
Questionnaire et réponses correspondantes
Centres de production et de travail agricole :
a) régions plus ou moins vastes ;
b) groupes de colonies ;
c) simples exploitations individuelles plus ou moins isolées.
Les îles de S. Thomé et du Prince forment, chacune, un centre de travail et de production agricole divisé en de nombreuses exploitations, les unes collectives, constituées en sociétés anonymes, sociétés par parts à responsabilité limitée ou sociétés simples de personnes, et les autres exclusivement individuelles, les conditions du travail et de la production étant identiques dans toutes.
L'île de S. Thomé est située par o°,2 3' de lat. N et i5°,58' de long. E, et celle du Prince par i°,38 de lat. N et i6°,38' de long. E de Lisbonne, toutes deux dans le Golfe de Guinée sous l'Equateur ( i ).
Centres de production industrielle économiquement liés aux centres purement agricoles.
Il n'y a pas de centres industriels dans la colonie; à peine fabrique-t-on dans chaque plantation de l'huile et du vin de palmier pour la consommation locale.
Tout le café est consommé en Portugal, ainsi que presque tout le coco et la coconote, qui servent à alimenter la fabrication des compagnies de Lisbonne «União Fabril» et «Arrábida»; des fabriques de Porto en consomment aussi de petites quantités.
Le cacao ne fournit à l'industrie nationale qu'une insignifiante quantité de matière première (218:400 kilogrammes pour une valeur de reis 66:002^400, fr. environ 33o.ooo) en 1909; il est presque entièrement exporté, principalement en Allemagne par les ports de Hambourg et de
(1) Géographie du Portugal et de ses Colonies, par J. G. Pery, pag. 343.
Brème, dans les Etats-Unis de l'Amérique du Nord, par New York ; en Angleterre, par Londres, Liverpool et Glasgow ; — et dans des proportions moindres en Belgique par Anvers, en Hollande par Amsterdam et Rotterdam, en Italie, par Gênes et Naples, en Danemark, par Copenhague, en France, par le Havre et Bordeaux ; en Espagne, par Barcelone et Madrid; en Russie, par Moscou, Odessa, Riga, et S' Pétersbourg, et en Autriche-Hongrie, par Trieste. De ces centres il rayonne vers le reste de l'Europe et de l'Amérique du Nord, après avoir servi aux applications industrielles de chaque pays.
a) Centres industriels employant des matières premières immédiatement fournies par l'agriculture.
Il n'y a dans la colonie de centres industriels d'aucune nature, sauf les exceptions citées dans la réponse à la question précédente; et en Portugal, l'industrie du cacao est très limitée.
Les centres de consommation, nationaux et étrangers, sont ceux qui ont été aussi mentionnés dans la réponse précédente.
b) Centres industriels, plus ou moins indépendants des matières premières agricoles, mais prenant leur main-d'œure aux mêmes sources qui fournissent les centres agricoles.
Préjugé — Voir réponse précédente.
Renseignements relatifs à chaque île, on anx deux conjointement, selon que les circonstances sont divergentes ou identiques, d'accord avec les numéros et les indications ci-après
I — Conditions climatériques.
Le climat des îles de S. Thomé et du Prince est insalubre dans les régions basses et sur le littoral, surtout dans la saison des pluies — mi-septembre à mi-mai — avec laquelle coïncide l'augmentation de la chaleur solaire. Les mois les plus malsains sont ceux de novembre et de décembre.
Dans l'intérieur des deux îles, sur les pentes des montagnes et sur les plateaux où les propriétés sont situées en grand nombre, formant des centres importants de production agricole, et où séjourne un nombre élevé
CS
de travailleurs, le climat est tempéré, sain pour les africains et supportable pour les européens, moyennant la prudence et la prophylaxie que la science et la pratique recommandent pour les pays équatoriaux.
II — Hydrographie.
S. Thomé
«La disposition relative des points culminants est celle d'un quadrilatère dont les sommets sont le Pic de S. Thomé, altitude 2:140 mètres, qui se dresse dans l'espace, imposant et majestueux, presque toujours couronné d'un brouillard épais, dominant principalement la région occicentale de l'île; le Pic de Cambombey, mesurant environ i:53o mètres d'altitude, dominant la région du Sud ; le Formoso à l'Est et le Pic du Calvário au Nord. Correspondant à peu près au centre de ce quadrilatère est le Pic de Anna de Chaves, dont les contreforts se ramifient et se relient avec ceux d'autres grandes éminences.
«En effet, il existe d'autres pics nombreux disséminés dans toute l'île, plus ou moins reliés aux principaux susmentionnés et qui, bien que de moindre envergure, ne laissent pas moins d'être remarquables par leur prépondérance manifeste dans la formation du complexe et embrouillé squelette géologique et orographique de l'île, en déterminant les grandes et capricieuses ondulations de son sol, et l'aspect de ses cordillières.
«Une de celles-ci, plus remarquable par son étendue et la richesse de sa culture, est celle qui se détache du Pic de S. Thomé vers l'Est, en suivant approximativement le périmètre polygonal qui embrasse dans sa vaste surface la plantation Agua-I^é. Partant du Alto-Douro et du Cantagallo, sa crête suit la ligne du Formoso du Penninha et du Calvário, en empruntant jusqu'à une certaine altitude le versant droit du Abbade et le gauche du Rio Grande. Ses principales ramifications sont le Morro da Casa en Tra\ os Montes, le remarquable chevalet du Cinzeiro, le gigantesque Pic du Mo^amboc, la cordillière plus ou moins suivie de Nova Ceylão, Macambrará, Santa Adelaide, Nova Java, Catumbella, Milagrosa, Valle Parai^o, Santa Clotilde, Montes Herminios e Ponta das Palmeiras, Quimpo et Santo Antonio (Agua-Izé) formant le versant gauche du Rio Abbade, avec d'importantes ramifications vers le Nord.
«Parmi les cordillières qui, procédant directement du Pic, s'étendent vers le nord, celle qui sépare les fleuves Contador et Pro Va{, dans la région des Neves (Neiges) mérite une mention spéciale.
«A travers les ondulations répétées et les accidents de terrain qu'un pareil système orographique détermine naturellement, passent les mille cours d'eau qui, se précipitant d'abord, en abondantes cataractes, du plus haut des cîmes d'un massif aussi vaste qu'escarpé, creusant ensuite à travers leurs versants de profonds sillons, parmi les anfractuosités des rochers
abrupts, qui, à différents endroits arrêtent leur marche impétueuse et les subdivisent en gros cordons argentés, vont finalement se glisser, déjà partagés en mille rivières calmes, à travers les campagnes où ils tissent le vaste réseau d'affluents des veines d'eau dont ils s'étaient d'abord séparés. Et c'est ainsi que, serpentant par toute l'île à travers monts et vallées, ils augmentent l'opulence de son sol éminemment fertile, adoucissent l'air par leur fraîcheur, entretiennent les richesses d'une végétation sans égale, et ayant prodigué à profusion tant de bienfaits, ils vont, finalement, plus ou moins abondants, plus ou moins impétueux, se jeter dans l'Océan.
«J'ai fait allusion ci-dessus aux abondantes cataractes qui se précipitent du plus haut des sommets de cette île. Il n'est certainement pas difficile d'y rencontrer, par suite des vastes nappes d'eau qui surgissent des sources escarpées, de véritables cascades, formées par les torrents. Malheureusement, ces chutes d'eau, bien que magnifiques, se trouvent dans des conditons difficiles d'utilisation économique et industrielle, et s'il est vrai qu'un pareil désavantage ne leur retire pas le mérite incontestable d'être autant de réservoirs précieux d'énergie mécanique, autant de dépôts inépuisables de force dynamique, il n'en est pas moins certain que le moment n'est pas encore venu pour elles d'être utilisées comme telles par l'initiative d'entreprises hardies (i).
Ile du Prince
L'orographie et l'hydrographie de cette île sont identiques à celles de l'île de S. Thomé; ses montagnes les plus élevées sont le Pic Principe, le Pic Preto, le Pic Mãe Corne, le Pic Barriga Branca, le Pic Mesa, le Pic Papagaio, le Pic Pae Adão et le Cariote, d'où descendent de nombreux cours d'eau qui, dans leur course vers la mer, vont se dédoublant en un labyrinthe de ruisseaux formant à travers toute l'île un réseau aquatique vaste et embrouillé, pour se réunir près du littoral en quelques dizaines de rivières, qui, de tous côtés, débouchent dans l'océan.
Les ramifications orographiques des îles, qui s'étendent jusqu'à la mer, occasionnent sur divers points de la côte la formation de plusieurs anses plus ou moins arbitées, et de quelques rades et baies offrant un abri sûr. A S. Thomé le port ouvert au commerce est celui de la Baie d'Anna de Chaves, où est située la ville de S. Thomé, capitale de la province, mais le Golfe de S. João est le meilleur port de l'île.
(i) L'Ile de S. Thomé et la plantation Agua-Içè, par le Comte de Souza e Faro, pages 20 et 24.
Son Altesse le Prince Alfred de Loewenstein-Werthein-Freudemberg
qui a visité les Iles de S. Thomé et du Prince en Janvier 1910
A l'île du Prince il y a deux magnifiques ports: celui de S'° Antonio, près de la ville du même nom, qui est le port officiel, et la Baie de l'Ouest, qui est le plus vaste.
III — Système de construction et hygiène des habitations :
Il est soumis à des règles tracées dans les règlements et à l'approbation préalable des plans de construction par le gouverneur de la province, en conseil, la commission locale de travail et d'émigration entendue, (art. 106 du règlement général du 17-7-909).
Les édifications le plus généralement employées sont:
Pour les ménages, groupes d'édifices d'un seul bâtiment mesurant au moins 3rn,3o de hauteur (art. 18 du règlement provincial du 29-4-1875), divisés en compartiments, un pour chaque famille et ayant au moins, une porte et une fenêtre.
Ces habitations sont en bois, en maçonnerie, en briques ou mixtes, couvertes généralement de tuiles, quelques-unes de tôle galvanisée ; le sol en est cimenté ou dallé.
On emploie aussi des habitations à deux étages dont l'un ou tous deux sont parquetés.
Pour les travailleurs célibataires, les habitations sont en commun, mais avec séparation absolue des sexes; ce sont de grandes casernes construites suivant le même procédé que les habitations pour les ménages, ayant à l'intérieur des estrades suivies, élevées au-dessus du sol d'au moins om,6o, ayant 2 mètres de largeur et réservant un espace d'un mètre au minimum à chaque habitant (art. 20 du règlement provincial du 29 avril 1 875).
Le système de «cubatas», qu'autorisait l'art. 1 7 du règlement de 1875 précité, avait été interdit par les autorités auxquelles la haute main sur ces questions a été donnée, mais le règlement général du 1 7 juillet 1 909 a rétabli cette disposition salutaire. Le système de «cubatas» est, à notre avis, le plus hygiénique quand celles-ci sont suffisamment vastes, et même le plus pittoresque quand elles sont construites avec art. La nature spéciale de ces constructions assure une ventilation constante, et le feu, que le noir désire tant avoir à l'intérieur de son habitation et dont il peut dans «la cubata» faire sans inconvénient un usage constant, chasse par la fumée les insectes propagateurs du paludisme et autres maladies infectieuses, et atténue par le chaleur l'humidité atmosphérique excessive qui engendre les rhumatismes, les bronchites, les fièvres causées par la suppression de la transpiration, etc. Les «cubatas» sont encore recommandâmes pour la facilité avec laquelle on peut, en raison de leur construction légère et économique, en éliminer les germes infectieux, en les brûlant périodiquement par groupes, et en en construisant d'autres sur le terrain calciné où existaient .les précédentes.
IV — Races humaines. — Nombre d'habitants. — Densité de la poputation indigène :
L'élément le plus nombreux de la population, embrassant 97 °/0 de sa totalité, appartient à la race noire, après laquelle viennent par importance numérique, dans l'ordre, où nous les indiquons, les races blanche, bronzée et jaune.
La population de race noire se décompose en:
Naturels des îles mêmes, y compris les angolarcs . 1 9-65 1
» » » employés comme travailleurs (1). 4.000
» » » mineurs, enfants d'ouvriers 6.987
» du Cap Vert 1 . 1 58
» de l'hinterland d'Angola 31.878
» de Cabinda (Nord de la province d'Angola) 544
» de Mozambique et de la Zambézie 1 .923
» de la Guinée portugaise 3o
Européens 2.000
Naturels de l'Inde portugaise et de Macau 5o
La dernière statistique publiée de la population de la province se réfère à l'année 1900; il y avait alors 42.130 habitants; mais en faisant, par approximation, d'après les données officielles et extra-officielles obtenues, les corrections relatives aux neuf années écoulées, on évalue la population actuelle à 68.221 habitants, disséminés sur une étendue de 120.000 hectares, superficie totale des deux îles; elle correspond en densité, par hectare, à o,55 1 habitant africain et 0,0 1 7 blanc et asiatique.
V — Nosologie ,
Comme il ne nous a pas été possible de rassembler des éléments officiels nous permettant de compléter les renseignements relatifs à une année, nous donnons le mouvement nosologique de l'hôpital militaire et civil de S. Thomé pendant les mois de Septembre, Octobre et Novembre 1 908, par lequel on peut se rendre compte des maladies qui sévissent dans la province avec le plus de fréquence ou d'intensité ainsi que de leur dénouement.
(1) Les renseignements officiels mentionnent 1724 engagés depuis 1900 jusqu'à présent. Les 2226 que nous ajoutons sont ceux que, par manque de données officielles, nous calculons comme correspondant à la période antérieure à 1900.
M. Wilheltn Kemner
Directeur des plantations de cacao de la Colonie Allemande de Cameroun, qui a visité les plantations de S. Thomé et du l'rince en Janvier 1910
Hôpital militaire et civil de la ville de S. Thomé
Désignation de lu maladie
Fièvre intermittente quotidienne..
Diarrhée
Gastrite palustre
Ulcères
Bronchite ,
Pneumonie
Blessures
Dysenterie
Syphilis
Rhumatisme chronique
Anémie palustre
Paludisme chronique
Fièvre bilieuse bemoglobinurique
Tétanos
Hydrocèle
Abcès
Ankilostomiase
Fièvre pernicieuse comateuse. . . .
Tuberculose
Blenorrhagie
Abcès du foie ,
Uréthrite
Orchite ,
Dysidrose
Eczéma
Fièvres résistantes
Fièvres palustres
Adénite
Bronchite chronique
Cystite chronique
Grippe
Mal de Pott
Parésie
Maladie simulée
Entero colite
Fièvre puerpérale
Cachexie sénile
Contusions
Maladie du sommeil
Encéphalite
Pterigion
Endocardite chronique
Embolie cardiaque
Lésion valvulaire
Corysa
Mal de Bright
Brûlures
Hypnose
Epulide
Cachexie palustre
Varicelle
Mastoidite purulente..
Lipome du cuir chevelu
Chlorose
Pericardite
Stomatite
Hernie inguinale .
Phlegmon perivesical
Fistule du cocix . .
Œdème du membre inférieur
Fracture
Sarcome encéphalique .
Ataxie locomotrice progressive . . .
Paralysie agitante
Amaurose
Ictéricie grave
Insuffisance rénale
Gangrène
Zona
Psoriase
Elephantiasis
Ln Géophagie fournit un contingent important à la statistique nosologique de la population rura st pas constatée a l'hôpital ou, en règle, n'entre pas le travailleur de* champ*.
Vue panoramique de la ville de S. Thomè
(A droite le palais du goi
VI — Moyens de communication dans la colonie et avec l'extérieur :
Les communications dans la colonie se font par terre ou par mer.
Pour les communications par mer, il y a un service hebdomadaire permanent autour de l'île de S. Thomé, fait par un vapeur de l'Entreprise Nationale, il y a aussi de nombreuses embarcations à voile et à rames et quelques remorqueurs à vapeur ; il y a quelques barques à voile et à rames à l'île du Prince.
Les communications par terre dans les deux îles s'effectuent par des chemins de roulier, entre les divers points de l'intérieur et les ports d'embarquement correspondants, ou dans des wagonnets Decauville ou des charrettes ordinaires, ceux-là à traction à vapeur ou animale, celles-ci attelées de mulets ou de gros bétail.
Les communications avec l'extérieur sont faites au moyen d'un service tri-mensuel des excellents vapeurs de l'Entreprise nationale de navigation, qui relie les colonies portugaises de l'Afrique entre elles et avec le port de Lisbonne, et par des voyages mensuels des vapeurs allemands et anglais des Compagnies Woerman Line et Edler Dempster.
VII — Superficie totale actuellement en exploitation 62.288 hectares.
VIII — Probabilité d'augmentation de la superficie exploitée :
Elle augmente tous les ans et peut augmenter jusqu'à atteindre approximativement 97.288 hectares, qui représentent la superficie máxima de terrains cultivables de la province.
IX — Produits principaux — Superficie occupée par chacun :
Cacao — Occupe une superficie de 56.92 3 hectares. Café — » » » » 5.365 » (1).
(1) Le calcul de la superficie occupée par les plantations de café est fait en attribuant, actuellement, à chaque hectare planté, une production moyenne de 200 kilogrammes par année (qui pourra s'élever avec le temps à 260) et en appliquant cette proportion à la production de l'année 1908 qui a été de 1.073.170 kilogrammes. La superficie occupée par les plantatione de café ainsi déduite, le reste de la superficie plantée, où il y a d'autres petites cultures d'une étendue relativement insignifiante, est supposé occupé par les plantations de cacao.
X — Quantité de chaque produit par unité de superficie :
Cacao — 5 3 1 kilogrammes par hectare ( i ). Café — 200 » » » (i).
La quantité attribuée à chaque hectare est la moyenne de la production actuelle des superficies cultivées, mais en considérant que beaucoup de plantations ne produisent pas encore, ou ne produisent seulement qu'une partie de ce qu'elles sont susceptibles de produire, et en calculant une augmentation annuelle de 3 0/o pendant dix années, on peut supposer que, lorsque toutes les plantations qui existent actuellement se trouveront en pleine production, la quantité moyenne de chacun des produits obtenus, par hectare, sera de 690 kilogrammes de cacao et de 260 kilogrammes de café.
XI — Nature des travaux pour chaque genre de production :
Travaux communs au cacao et au café: — abatage de la forêt, nettoyage des terrains, ouverture des tranchées, pose des plantes, taille et nettoyage des arbres, récolte, transport des fruits sur les terrasses, séchage, triage, emballage et transport au port d'embarquement.
Travail spécial au cacao: — brisement des capsules et fermentation.
Travail spécial au café: — décorticage, brunissage et séparation.
XII — Quantités exportées de chaque produit :
L'exportation de 1909, d'après la statistique officielle (2) a été la suivante:
Alcool dénaturé 20 litres
Eau-de-vie y 3 »
Huile de palme 602 »
(1) Le calcul est fait en divisant la production de l'année 1909 (pag. 71), par le nombre d'hectares que l'on estime plantés pour chaque espèce, et qui sont: en cacao 56.923, en café 5.365.
(2) Cette statistique est formulée sur la base des sorties de S. Thomé et du Prince depuis le i.er Janvier jusqu'au 31 Décembre, et la statistique de la page 71, sur la base des entrées á Lisbonne et à Funchal également du i.er Janvier au 31 Décembre; chaque statistique se rapporte par conséquent à des exportations effectuées à des périodes différentes, ce qui explique la différence que Ton remarque dans les quantités; il y en a encore une autre raison, c'est que la statistique douanière s'établit d'après le poids vérifié, tandis que celle de la page 71, est faite sur la moyenne calculée de 60 kilog. par sac de cacao et 70 kilog. par sac de café.
'^ÉSàmÊkà
Vue prise de la mer de la ville de Santo Antonio, à l'Ile du Prince
(Copie d'un lubleau ancien)
Cacau 3 1 .602. 5 1 9 kilog.
Capsules de cacao 7-738 »
Café i.3i5.o5o »
Cire 46 »
Cocos 73.008 fruits
Coconote 672.060 kilog.
Cuirs 12.167 »
Sucreries 383 »
Farine de manioc 1 63 »
Kola 1.148 »
Moelle de coco 8.909 »
» » coconote 1 3.275 »
Quinquina 74.054 »
Savon 900 »
XIII — Nombre de travailleurs pour chaque produit :
Cacao 38.383
Café 3.617 (0
XIV — Nombre total de travailleurs employés :
42.000 (y compris 2.000 «angolares» dont le travail est intermittent).
XV — Nombre de travailleurs par unité de superficie dans chaque genre de production:
Un travailleur pour chaque surface de 1,483 hectare cultivé de café ou de cacao.
XVI — Nature et prix des subsistances :
Riz, kilo 72 réis, haricots, kilo 65 réis, poisson sec, kilo 80 réis, viande sèche, kilo 227 réis, lard, kilo 260 réis, huile d'olive, litre 332 réis,
(1) Ce calcul est fait á raison d'un travailleur pour 1,483 hectare cultivé, en comptant 56,923 hectares cultivés en café.
viande fraîche, kilo 600 réis, huile de palme, litre 1 60 réis, maïs, kilo 46 réis, vin, litre 140 réis, vin de palmier, litre 3o réis, farine de maïs, kilo 90 réis, morue, kilo 2 85 réis (1).
XVII — Quantité d'aliments consommée par chaque travailleur dans l'unité de temps:
En un jour:
2 décilitres de café, 3oo grammes de riz, 2 5o grammes de poisson, 200 grammes de farine de maïs, 1 décilitre d'huile, ou:
2 décilitres de café, 3oo grammes de haricots, 2 5o grammes de poisson, 7 5 grammes de lard, 200 grammes de farine de maïs, 1 décilitre d'huile ou:
2 décilitres de café, 3oo grammes de riz, i5o grammes de viande ou de morue, 2 5o grammes de poisson, 1 décilitre d'huile, 200 grammes de farine (2).
XVIII — Salaires ou système de rémunération du travail suivant le genre de production, la nature des travaux, la race, le sexe, et l'âge des travailleurs:
Le système de rémunération, étant uniforme pour tous les travailleurs, est identique pour les divers genres de production; il consiste en un salaire en argent payé tous les mois, dans l'alimentation, les vêtements, l'assistance médicale et l'hospitalisation, tout cela pour les travailleurs et pour leurs familles, l'alimentation et l'assistance étant toujours dues aux enfants, qu'ils travaillent ou non. De cette règle ne sont exceptés que les noirs «Angolares», lesquels travaillent à l'entreprise à l'élagage et à l'abatage des forêts.
On n'impose pas de tâche déterminée à exécuter dans un temps donné. Le travailleur fait ce qu'il peut pendant les heures destinées au travail, et reçoit son salaire entier, ainsi que tout ce à quoi son engagement lui donne droit, quelle que soit la somme de travail qu'il produise. Ceux qui se distinguent par une production supérieure à celle des autres, reçoivent des gratifications extraordinaires, et on donne aux travailleurs inexpérimentés le temps d'apprendre, sans leur faire rien perdre de leurs salaires.
(1) Prix auxquels reviennent les dits articles rendus à la plantation Agua-Izé, à S. Thomé.
(2) Ce sont les quantités réglementaires, mais en règle on donne jusqu'à 500 grammes au lieu de 300 de riz et de haricots, et on permet aux travailleurs de manger à discrétion tous les fruits qui croissent dans les plantations, et qui sont nombreux, et on donne des rations de vin rouge ou de palmier, de tabac, etc. comme gratifications.
CO
aq
Suivant la disposition du décret réglementaire du i 7 Juillet 1 909, il ne pourra être fait d'engagements pour lesquels le salaire en argent, soit inférieur à 2#5oo réis pour les hommes, et à i.jr8oo réis pour les femmes, mais il y a des travailleurs de toutes les races qui gagnent plus que ce minimum. Le moins que gagnent ceux de Mozambique, par exemple, est 3 >t>5 00 réis pour les hommes et 2.?ooo réis pour les femmes, et il y a des travailleurs du Cap Vert et d'Angola gagnant des salaires de 3#ooo, 4.^000, 5#ooo réis et davantage.
XIX — Habitations et vie de famille des ouvriers indigènes dans les centres de production.
Sur les habitations, voir la réponse à la question n.° III.
Les travailleurs qui sont mariés vivent, chacun dans son ménage, en commum avec leurs enfants et abandonnent la polygamie; l'harmonie règne généralement entre eux, chacun prenant soin de son intérieur en dehors des heures de travail ou des réjouissances. Célibataires et mariés payent leur tribut à l'amitié, chacun ayant ses amis avec lesquels il entretient des relations familières. Les compagnons de voyage d'Angola à S. Thomé ont une préférence parmi leurs amis, ils les nomment «leurs navires» et les considèrent comme des membres de leur famille.
XX — Ouvriers indigènes travaillant près de leurs centres d'habitation :
Tous travaillent à proximité des habitations; dans les petites propriétés parce que les distances sont toujours réduites, dans les grandes, parce qu'on divise les zones agricoles en diverses dépendances, ayant chacune ses installations et son personnel particuliers, et réparties de façon que le personnel soit le plus près possible des plantations qu'il doit traiter.
XXI — Ouvriers qui, pour travailler, ont besoin de s'éloigner de leurs centres d'habitation :
Préjugé.
XXII — Nombre de centres indigènes d'habitation :
Si nous comprenons comme centres indigènes d'habitation les résidences des travailleurs, et si nous considérons que les grandes propriétés
ont de nombreux locaux de résidence, tandis que les plus petites, qui sont nombreuses, n'en ont seulement qu'un ou deux, nous pourrons, en établissant une moyenne de trois pour chacune des propriétés défrichées, calculer les dits centres à 55o.
Mais si nous voulons étendre le renseignement à tous les indigènes naturels ou non de la province, qui ne travaillent pas ou travaillent irrégulièrement, ou par intermittence, il ne nous est pas possible de fixer un nombre de centres, parce que les indigènes sont disséminés dans l'étendue de la province, en petits groupes ou en familles isolées.
Il n'y a pas d'agglomérations de travailleurs indigènes proprement dits.
XXIII — Conditions physiques du pays:
S. Thomé
L'île de S. Thomé, dans son contour général, présente une forme oblongue, irrégulière, sur toute la côte, où il y a divers golfes et baies dûs aux accidents du territoire. Le sol est montagneux partout, quelques montagnes s'élevant à des altitudes considérables.
Le pic le plus haut est celui de S. Thomé qui atteint plus de 2 1 40 mètres d'altitude, au centre de l'île, direction Nord-Sud; il y en a d'autres, également notables au nord et au sud, ainsi qu'à l'est et à l'ouest du premier. Ces pics forment une cordillière du N.E. au S.O. qui, par ses contreforts, accidente toute la superficie de l'île, sur une étendue de i>2 kilomètres de longueur et 34 de largeur (1).
Le Prince
L'île du Prince est un assemblage de montagnes abruptes, plus élevées au Sud qu'au Nord, disposées en chaînes qui se coupent en différents sens, et occupant une superficie d'un peu plus de 1 5 kilomètres de longueur sur 10 dans la plus grande largeur.
Le Pic Principe est le plus élevé de ces montagnes, bien que assez inférieur à celui de S. Thomé. La côte est aussi découpée, sur divers points, en baies, golfes et anses (2).
(1) Géographie du Portugal et de ses Colonies par G. Pery, page 343, L'Ile de S. Thomé par le Comte de Sousa e Faro, page 17.
(2) Idem.
to