‹ La main-d'œuvre dans les GuyanesChapitre 2 sur 19 · PREFACE III · texte numérisé non relu

PREFACE III

solides, un plan d'action suivie et ferme conforme au noble but qu'il s'était tracé. .

De la moisson commencée^, tout n'est cependant pas perdu. Jean Duchesne-Founiel, avec les documents recueillis sur place dans les Guy ânes, avait rédigé une intéressante étude économique.

Sa famille a décidé la publication de cette étude, publication que suivra bientôt celle d'un ouvrage plus important consacré à TAbyssinie et dont le disparu a laissé tous les éléments.

Ainsi le nom de Jean Duchesne-Fournet, déjà attaché à la fondation instituée par sa famille à la Société de géographie de Paris, s'affirmera sur une œuvre tangible qui permettra à tous ceux qui l'ont aimé, de le retrouver un peu rendu à notre vie par la consolante fiction des pages tracées.

Toutefois, ce que ces œuvres posthumes ne pourront tout à fait exprimer, c'est l'âme admirable qui les créa. Le caractère purement économique et scientifique du présent ouvrage, consacré à la Main-d'œuvre dans les Guyanes^ ne concourt pas suffisamment à faire connaître au lecteur ce que fut cette âme. Dans l'œuvre entière de Jean Duchesne-Fournet, s'il eût vécu! cet ouvrage n'eût été peut-être qu'une introduction, quelques notes, une simple page. Il eût repris ces lignes.

les eût refondues, éclairées par de nouvelles études et son esprit lucide en aurait tiré d'autres éléments d'observations plus riches, plus fécondes encore.

Gardons précieusement ce qui fut réalisé.

Mais, avec la permissioh des siens et en peu de mots, je voudrais dire les virtualités, quel noble et beau caractère fut Jean Duchesne-Fournet, et j'aimerais que mon évocation fût assez puissante pour rendre à tous l'illusion de l'esprit que la mort emporta.

Jean Duchesne-Fournet était grand et fort.

« J'ai une mine splendide, écrit-il de Paramaribo le 5 septembre 1900, unique dans la région, et une résistance, une ardeur qui manquent bien aux malheureux anémiés par un séjour de deux ou trois ans. »

Il avait la vigueur physique et la confiance morale corrélative. Profondément averti par de nombreuses expériences des turpitudes humaines, il demeurait néanmoins optimiste. Il croyait en sa force, trop peut-être, et il écartait de sa route les visions et les systèmes qui eussent pu affaiblir sa saine et logique conception du monde.

En 1900 encore, de Georgetown, il écrit :

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