Od., XV, 41!) et suiv
12 LA main-d'œuvre industrielle dans l'ancienne GRÈCE
qu'elle s'applicjuail ensuite à copier'. Mais, à en jus^er d'après les documents, elle demandait principalement à ces contrées, comme à la Phénicie, des articles de luxe aj^ant une certaine valeur artistique. J'ajoute que, parmi les matières premières dont elle avait besoin, les métaux tout au moins lui étaient tournis par ses voisins. Elle connaissait depuis loni^temps l'or, l'argent et le bronze ; elle finit même par utiliser le fer ~. Mais il est à remarquer que le poète ne sig-nale jamais une mine quelconque, comme si les mines du monde grec n'étaient pas encore exploitées ■'.
/" Le travail servile.
Une bonne partie du travail' industriel était exécutée dans chaque maison par des femmes esclaves.
La source presque unique de l'esclavage était la violence, sous ses deux formes essentielles, la guerre et la piraterie.
Quand une ville avait été prise, on distribuait les captifs entre les vainqueurs, c{ui en faisaient ce qu'ils voulaient. Ceux qui n'étaient pas envoyés à la mort ^, ou délivrés moyennant une rançon ^, tombaient dans la servitude. Tel était le sort ([ue subissaient d'ordinaire les femmes. D'après Homère, les suites habituelles d'une guerre malheureuse étaient le massacre des hommes, la destruction des maisons, l'asservissement des femmes et des enfants''. Les tentes d'Agamemnon renfermaient une foule de femmes, que les Achéens lui avaient abandonnées après chacune de leurs expéditions '. Briséis avait été enlevée par Achille dans Lyrnessos, quand il dévasta cette ville *^, et Andromaque s'attendait à être incorporée avec son fils dans le butin des Grecs, après que Troie aurait succombé *'. Son époux,
1. Od., IV, 123-132; //., IV, 141-144; Pottieu, Catalogue, p. 223-228.
2. Voir la statisti(|uo dressée par Beloch (Rivista di Filologia, II, p. 41> ; Griecliisctie Gescliiclite, I, p. 80, note 4.)
3. Blûmner, Tectinolocjie und Terminologie der Gewerbe und Kûnste der Griecfien und liôniern, IV, p. 4-5.