Michel
l.')8 LA MAIN-D OÎUVRt; INDLStlUl-iLLFi DANS L ANCIENNE GKÈCE
nient ^ ». Nul doute qu'il n'y ait eu là une grande quantité de métèques. Vers l'année 214, sur l'ordre du roi de Macédoine, les autorités de Larissa firent une fournée de plus de deux cents citoyens, et il est visible quelles les choisirent tous dans la classe des étrangers-'. Une série d'inscriptions du même ordre nous signalent à lasos quarante-cinq métèques contre cent sept citoyens-^. Enfin si le nombre des étrangers établis à Byzance, à Chalcédoine et à Abydos nous échappe, nous avons la preuve que leur richesse était une des grandes ressources de ces cités ^.
Il était naturel que les étrang-ers domiciliés fussent principalement originaires des contrées limitrophes. Quand l'Athénien Léocrate s'expatria, il alla s'installer tout près, à Mégare"'. Un certain Euphranor, ayant été banni de Sicyone, se réfug^ia à Arg"os ''. Karkinos, le père d'Agathocle, se transporta pour le même motif de Rhég-ion à Syracuse '. Une liste de métèques milésiens énumère plusieurs individus d'Héraclée du Latmos qui était située à une faible distance ^. L'épigraphie attique nous signale à Athènes une foule de gens venus de Béotie, de Corinthe, de Sicyone, d'Egine. Nous apercevons à Mégare des Platéens, des E^inètes, des Corinthiens, et des Thébains ^ ; à Tanagra, des personnes de Thèbes, de Coronée, d'Anthédon et de Chalcis "^. Dans l'inscription de Larissa dont j'ai parlé plus haut, on compte un homme de Samothrace, cent quarante "de Krannon et cinquante-huit de Gyrton. A Rhodes, la colonie étrang-ère se composait pour une larg-e part de Lyciens, de Cariens et d'insulaires du voisinage.
Mais les déplacements étaient souvent beaucoup plus lointains. On est parfois étonné de rencontrer dans d'obscures localités des individus qui ont dû faire un long voyage pour s'y tixer : par exemple à Rhaque un ménage de Cassandreia en Macédoine^', à