‹ La main-d'œuvre industrielle dans l'ancienne GrèceChapitre 6 sur 235 · POTTIKII, p. I · texte numérisé non relu

POTTIKII, p. I

4. On leur a atlrihué la pratique du tatouage (Perrot, Histoire de Varl dans Vanliquilé, VI, p. 748).

S). Perrot, p. 092.

non pas leurs [)rodiiits. La seule question qui nous intéresse est celle-ci : Quels sont les maçons et les architectes qui ont élevé les fortifications de Troie, de Tirynthe et de Mycènes, bâti les prétendus palais de Priani et des Pélopides , creusé les tombeaux de l'Ar^olide, de la Laconie , de TAttique et de la Béotie? De quelles mains sont sortis ces g-obelets, ces vases, ces verreries, ces colliers, ces bagues, ces statuettes, ces bas-reliefs, ces poignards, qui formaient alors le mobilier tant des morts que des vivants? La réponse n'est point facile, et le problème est loin d'être résolu.

Parmi les opinions en présence, j'adopterais volontiers celle qui fait ici une large place à l'importation étrangère, principalement à l'importation phénicienne '.

Les Phéniciens étaient à la fois un peuple de commerçants, de navigateurs et d'industriels. Ils demandaient à leurs voisins des matières premières, et ils leur envoyaient en échange des produits ouvrés. Ils avaient dans toute la Méditerranée orientale des comptoirs, qui étaient pour eux des lieux d'approvisionnement en même temps que des bazars où se débitaient leurs marchandises 2. Plus habiles à imiter et à combiner les motifs égyptiens et assyriens qu'à imaginer des motifs nouveaux , ils avaient acquis dans la longue pratique de leurs métiers une facilité, une adresse, une sûreté de main qui les rendaient également aptes à fabriquer des articles de choix et de la pacotille. Ils pouvaient ainsi satisfaire tous les govits, et étendre indétînimeiit leur trafic, d'autant plus qu'ils vendaient volontiers à leur clientèle les produits étrangers pêle-mêle avec les leurs ^.

Le Péloponnèse était pour eux un précieux débouché. Il y avait k Tirynthe et à Mycènes des souA'erains opulents et dépensiers, environnés sans doute d'une aristocratie florissante, qui aimaient les belles choses, et qui avaient les moyens de se les procurer. De là un afflux continu d'objets phéniciens et égyptiens, que les princes- et les nobles achéens s'empressaient d'acheter pour orner leurs demeures, leurs tombeaux ou leurs propres personnes. Il est probable aussi que ces chefs prenaient à leur ser-

i . Voir notamment Pottier dans la Revue des éludes grecques^ VII, p. 117 et suiv.; Helbig dans les Mémoires de V Académie des Inscriptions, tome XXXV, 2"= partie.

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