‹ La main-d'œuvre industrielle dans l'ancienne GrèceChapitre 77 sur 235 · Démosthène, LIX · texte numérisé non relu

Démosthène, LIX

4. Thucydide, I, 67; Citrtius, Ilisl. grecque, lll, p. 20. .0. Aristophane. Acharn., 910 et suiv.

6. Idem., Grenouilles, 362-36 't (avec les Scholies) ; Dém., XIX, 286.

7. La mesure attribuée par Hérodote (V, 88) aux Ar'i'iens et aux Éyinètes a un caractère out à fait spécial.

li LA main-d'œuvre INDUSTHIELLK DANS l'aNCIENNE GRÈCE

Kerdon, dont parle Hérondas ', faisait l'un et l'autre. Il recevait les ordres des dames qui fréquentaient sa boutique, et en même temps il possédait un riche assortiment de chaussures toutes prêtes, qui attendaient l'acheteur. En pareil cas, le producteur vendait directement au public ses marchandises, ou bien il les cédait à un détaillant-.

Si chaque industriel n'avait eu à sa disposition que les bras de ses esclaves, il aurait été obligé de travailler coûte que coûte durant toute l'année, sous peine de nourrir des bouches inutiles; ce qui l'eût conduit parfois à s'encombrer d'objets fabriqués, avant d'en avoir trouvé le débit. Mais l'organisation de la maind'œuvre était telle que, même dans cette société esclavagiste, les inconvénients de la surproduction pouvaient être évités. On n'était pas forcé d'occuper continuellement tout son personnel ; car on avait la ressource de le louer à ses voisins. On n'était même pas forcé d'avoir des esclaves à soi, puisqu'on avait la faculté de prendre en location ceux d'autrui et d'embaucher des ouvriers libres 3. Rien n'empêchait par conséquent un industriel de limiter son travail à peu près comme il l'entendait, et même de le suspendre tout à fait.

Il semble que le père de Démosthène n'aimait pas d'immobiliser ses capitaux dans son magasin sous forme d'objets manufacturés, et cela se conçoit lorsqu'on réfléchit au taux élevé de l'argent chez les Athéniens 4. A sa mort, il laissa de l'ivoire, du fer, du cuivre, du bois, de la noix de galle, c'est-à-dire des matières premières, mais point de lits ni de glaives ^ Par contre, quand les Trente Tyrans confisquèrent les biens de Lysias et de son frère Polémarchos, on recueillit sept cents boucliers dans leur atelier du Pirée''. Il est vrai que la guerre du Péloponnèse venait de finir, et c'est peut-être là ce qui explique pourquoi on ne les avait pas vendus. A Thèbes, les armuriers avaient en réserve assez de lances et d'épées pour armer immédiatement une foule d'insurgés".

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