SERVICE DE LA MAIN-D ŒUVRE SCOLAIRE
Les hommes qui n'étaient pas aux armées étaient retenus à l’usine : les femmes tournaient les obus. La main-d'œuvre est absorbée par la guerre. Toute la nation est occupée à vaincre, mais pour qu’une tâche aussi grandiose ne soit pas troublée, il importait de recruter en dehors des armées, en dehors de l’usine, les bras indispensables aux travaux des champs. Dans cet ordre d’idées, on a été conduit à réclamer à la jeunesse de France la part qu’elle doit fournir au pays. Cest pourquoi le ministre de l'Agriculture a créé à son cabinet un service ayant pour mission de provoquer le concours de la jeunesse scolaire à la production agricole, et cela à la date de janvier 1917.
Déjà, sous l'impulsion du service, dont l’action a été puissamment facilitée par les suggestions contenues dans une
circulaire adressée par le ministre de l’Instruction publique
à tous les Recteurs, des associations scolaires et postscolaires se sont constituées, encadrées par des maîtres dont le dévouement ne fait jamais défaut, et ont mis en culture des terrains situés aux abords des villes. Les Préfets, d'accord avec les services de l'Agriculture et de l’Instruction publique, ont adressé des instructions formelles aux instituteurs, afin que chaque école s’astreigne à cultiver un jardin communal.
La coopération de la jeunesse scolaire aux travaux des champs pendant la période des vacances avait pour but de fournir aux agriculteurs l’aide dont ils avaient besoin aux moments des récoltes.
Les jeunes gens sont reçus par l’agriculteur de façon familiale et non traités comme des ouvriers. Ils sont nourris à sa table et couchés dans une chambre de l’habitation. Dans le cas d’une équipe nombreuse, le logement est assuré par le concours du Maire de la commune, en accord avec le chef de l’équipe, et les repas assurés aux équipes, soit en nature, soit en espèce. Les jeunes gens doivent se conformer aux habitudes du pays et aux nécessités du moment pour les heures et la nature des travaux. Toutefois, les agriculteurs, considérant le but patriotique de l’œuvre entreprise par les jeunes gens, doivent en tenir compte et éviter tout surmenage. La durée des heures de travail est au plus de neuf heures, coupée par des repos suffisants, notamment au moment des repas. En dehors d’une nourriture saine et abondante, d’un logement convenable, qui sont obligatoirement assurés par les agriculteurs, les jeunes gens, sauf convention préalable spéciale, n’ont à réclamer aucune rému-
nération pour leur travail aux agriculteurs, qui sont seuls
SMS *: PR
juges d'apprécier s’il y a lieu d'offrir une rémunération aux jeunes gens en raison du concours fourni et de l’aide apportée.
Les jeunes gens, de leur côté, supportent les frais du voyage, pour lesquels la réduction de 50 0/0 est obtenue des Compagnies. Les agriculteurs sont, en outre, tenus d’assurer les jeunes gens contre les accidents.
Cette main-d'œuvre n'aura pas eu de grands réusltats pratiques. Trop peu nombreux ont été les jeunes gens qui ont aidé l’agriculture ; et cette main-d'œuvre, peu au courant, n’a rendu que peu de services. Agriculteurs et jeunes gens ont eu à se plaindre facilement les uns des autres, tant au point de vue du travail qu’au point de vue alimentation et
couchage.