MAIN-D'ŒUVRE ÉTRANGÈRE
Elle comprend des ouvriers venant de toutes directions : Polonais, Italiens, Belges, Espagnols, Chinois, et aussi des ouvriers venant de nos colonies. Cette main-d'œuvre est plus ou moins travailleuse, mais il faut bien s’en servir ; elle est nourrie, logée et payée comme la main-d'œuvre nationale. Mais tout un service d'immigration a dû être organisé pendant la guerre et qui est encore bien incomplet. On tâche de le réorganiser encore maintenant.
Le Journal Officiel du 22 avril 1917 a publié un décret relatif au recrutement, à la circulation et à la surveillance de la main-d'œuvre étrangère en France.
En ce qui concerne le recrutement aux postes-frontières,
des commissaires spéciaux s’assurent avant tout de la sincérité des contrats d'embauchage qui leur sont présentés. La sincérité de ces contrats leur est garantie, le plus souvent, par les délégués officiels de l'Office national agricole ou par le représentant d’un département ministériel. Mais il faut examiner avec le plus grand soin les contrats passés par des particuliers. Un grand nombre de ces contrats ont été reconnus faux. Les recruteurs non officiels, qui rôdent autour des postes-frontières et ont des complices dans les pays limitrophes, se sont livrés à une exploitation regrettable des travailleurs étrangers. Aussi a-t-on dû rigoureusement surveiller les, agissements de ces recruteurs ; les contrats dont ils sont porteurs doivent être nominatifs, indiquer la profession exacte de l’ouvrier, le nom et l'adresse de l’employeur, et l’embauchage sera reconnu sincère par l’autorité municipale du lieu de destination ; cette autorité veille à ce qu'un employeur ne demande pas un nombre d'étrangers supérieur à ses besoins.
Tous les travailleurs étrangers arrivant à la frontière doivent posséder des papiers d'identité. Si ces papiers sont insuffisants, le commissaire spécial leur refuse l’accès du territoire. L’ouvrier porteur d’un contrat devra reconnaître qu’il est appelé à l’emploi pour lequel il est embauché. La nature de l’emploi doit être précisée. Les travailleurs qui arrivent à la frontière sans contrat sont présentés aux délégués des ministères de l'Agriculture et de l’Armement. Ces derniers, après vérification de leurs aptitudes professionelles, délivrent un contrat d’embauchage et les dirigent soit sur l'établissement employeur, soit sur un dépôt de tra-
vailleurs étrangers.