‹ La Main-d'œuvre Agricole Pendant la GuerreChapitre 37 sur 47 · LATTES · texte numérisé non relu

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péries et la diversité des travaux auxquels est successivement obligé de s'occuper l’ouvrier des champs. Cette diversité peut d'ailleurs servir à porter remède au mal qu elle occasionne. Bien que déjà combattu, le chômage existe encore en agriculture précisément parce que il est fort difficile de répartir également d’un bout de l’année à l’autre les travaux des champs, de telle sorte que les ouvriers, en nombre insuffisant à certains moments, se trouvent, malgré leur énorme diminution, en surnombre à d’autres. Il faut ainsi rechercher, outre des travaux tous nécessaires, une coordinalion qui, tenant compte des époques auxquelles ils doivent ètre exécutés et de la peine plus ou moins grande qu’ils imposent, permette de remplir le temps disponible sans perte, mais aussi sans surmenage excessif.

Les meilleurs moyens à employer pour atténuer le chômage semblent pouvoir se résumer ainsi :

Perfectionnement des méthodes culturales, commercCialisation de l’agriculture, emploi de mieux en mieux compris d'un outillage agricole de plus en plus perfectionné, choix d'un système de culture en harmonie avec la région où se trouve le domaine cultural et avec le but poursuivi sur l’exploitation, utilisation d’une main-d'œuvre en rapport avec le système de culture choisi, recours à l’industrie pour occuper le temps que les travaux des champs laissent disponible, rechercher des industries dites rurales et plus particulièrement de celles ayant pour objet la transformation des pro-

duits du sol.

Hygiène rurale. — Malgré tout, un ouvrier agricole bien payé et régulièrement payé sera encore dans une situa-

nul rs —

tion bien précaire tant qu’on n’aura pas pour lui, d’une façon absolument générale, amélioré d’une part le couchage à la ferme s’il est célibataire, et, d’autre part, son iinstallation dans une maison propre et bien aérée s’il est marié et si, comme tout le monde le réclame, on désire le voir fonder une famille à qui il est juste qu’il assure une somme minima de bien-être et de confort.

L’hygiène est liée à la propreté à la maison, à l’évacuation des eaux’ usées et des déchets de la vie ; elle implique aussi la recherche d’une nourriture saine d’où sera exclu l'alcool, au moins dans la mesure abusive où il est parfois encore utiiisé comme excitant au travail. Plus loin, elle vise à l’amélioration des terrains marécageux et par suite insalubres ; elle prévoit la création d’un bon réseau de routes et de chemins ménageant à la fois les forces des gens et des animaux.

L’hygiène, la lutte heureuse contre les difficultés de la vie supposent chez l’ouvrier agricole le développement de l’instruction, ou plus exactement de l'éducation professionnelle, car il ne s’agit pas de faire de lui un déclassé postulant pour un emploi de surveillant ou de contremaître, parfois mal

rétribué parce que trop convoitié.

3° L'éducation professionnelle. — Où faire cette éducation qui donnera à la terre de bons ouvriers capables non seulement de bien exécuter les travaux dont elle a besoin pour produire, mais aussi de les raisonner, c’est-à-dire de les exécuter. avec moins de peine et plus d'intelligence ? Jusqu'ici, on a trop songé aux têtes qui commandent et pas

assez aux bras qui doivent accomplir la tâche commandée.

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