‹ La Main-d'œuvre Agricole Pendant la GuerreChapitre 43 sur 47 · RARE: APE · texte numérisé non relu

RARE: APE

agricoles susceptibles d’être achetées avantageusement par les mutilés ;

3° Formalités trop nombreuses et trop longues à remplir qui empêchent les mutilés de profiter en temps utile des occasions qui s'offrent à eux.

C’est pourquoi une loi du 5 août 1920 modifie l’article 1° de la loi du 9 avril 1918 et élève à 20.000 francs le maximum de la valeur des immeubles à acquérir à l’aide de prêts consentis en exécution de ia dite loi. ,

Il est donc à souhaiter qu’une forme de crédit mobilier agricole pratique soit mise à la disposition des grands biessés, forme de crédit qui leur permettra de devenir fermier ou métayer, en attendant que les bénéfices réalisés par eux leur permettent d'acquérir des terres. Physiquement, le plus grand nombre des mutilés sont susceptibles de se livrer aux travaux de culture ; ce qui les empêche, dans la plupart des cas, de revenir au village natal, c’est le manque de moyens financiers pour s'établir à leur compte. On ne saurait en donner une meilleure preuve que le fait du retour automatique à la terre des chefs d'exploitations et de l'exode des salariés agricoles. |

Malgré cela, si toutes ces mesures produisaient tous les heureux effets qu’on est en droit d’espérer, le vide des campagnes serait bien loin d’être comblé. Tant que des générations nouvelles, plus nombreuses que celles qui les ont précédées, ne seront pas venues repeupler nos campagnes, un

appel à la main-d'œuvre d’hors pays sera nécessaire.

6° Main-d’œuvre de complément. — Telle qu’elle se présentait avant la guerre, l'obtention des produits du sol exi-

pat

geait, au moment des récoltes, un supplément de travail que l'emploi de l'outillage d’alors ne permettait pas d'exécuter sans utiliser des bras plus nombreux que ceux dont on pouvait se contenter pour les soins d’entretien ou même pour la préparation de la terre et son ensemencement. Ces bras supplémentaires temporairement utilisés recevaient le nom de main-d'œuvre de complément.

C'étaient les émigrants, travailleurs ruraux étrangers, qui nous aidaient. Il en venait d'Espagne, d'Italie, de Pologne, de Belgique, etc...

Maintenant, c’est en permanence que cette main-d'œuvre sera nécessaire. Cette nécessité reconnue, le premier mouvement est de songer à la main-d'œuvre coloniale fournie par nos possessions du nord de l’Afrique ou plus lointaines encore. En effet, quelques essais tentés au début de la guerre ont donné, en Eure-et-Loir notamment, quelques résultats. Toutefois, nos colonies, qui ont payé un lourd tribut dans leur défense du territoire, ont, elles aussi, besoin de leurs travailleurs agricoles, mieux vaut donc les leur laisser et ne pas affaiblir le rendement de ces ouvriers en les dépaysant. Dans ces conditions, la main-d'œuvre agricole étrangère reste pour nous la seule source où puiser.

Certes, il serait désirable que, pour la recruter, les associations professionnelles de notre pays puissent s'entendre directement avec les associations professionnelles espagnoles, italiennes, irlandaises, belges ou polonaises,.

Malheureusement, ces diverses nations alliées ou neutres se rendent compte qu’en nous cédant des hommes, elles nous rendent un service qui, parfois, va à l’encontre de leurs inté-

rêts, car elles aimeraient, dans certains cas, garder leur

Page 1