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qui songent à entreprendre ou à accroître une fabrication. Eh bien, il y a deux choses à répondre à cela.
D’abord, si tout le pays double sa production : si, non seulement les cordonniers, mais les cultivateurs, mais les tisserands, mais les mineurs produisent deux fois plus, chacun sera deux fois plus riche, cHacut aura deux fois plus de paires de chaussures, comme il aura deux fois plus de vête-
ments et deux fois plus de bien-être. Et, en réalité, il en est
ainsi ; si nous comparions l'existence d’un homme, il y a
cinq siècles, à celle d’un homme occupant aujourd’hui le même rang dans la société, nous verrions que l’homme possède et utilise aujourd’hui beaucoup plus d’objets nécessaires ou agréables qu’autrefois : c’est le résultat de l’accroissement de production par le perfectionnement de l’outillage et les progrès du machinisme. Mais, de plus, l’étude des faits économiques montre que l'accroissement des rendements dans la fabrication d’une chose utile est toujours suivi, plus ou moins rapidement, d'un accroissement de consommation. Lorsque l’accroissement de rendement est brusque, il peut se produire une crise pendant laquelle la vente est difficile, ct les prix baissent exagérément. Mais bien vite la consommation augmente à son tour, et l’accroissement de la vente compense largement la baisse des prix. Ce qu’il faut donc seulement chercher à atténuer, ce sont les effets passagers des accroissements trop brusques de production.
Le cordonnier dont nous parlions tout à l'heure peut être amené à baisser le prix de ses chaussures, mais comme il en vendra le double, ses bénéfices n’en seront pas moins con-
sidérablement accrus. Et si tous les cordonniers font de