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même, le pays aura l’avantage de posséder plus de chaussures et à meilleur marché.
Les exemples abondent pour montrer qu’il ne faut pas redouter le progrès industriel et le perfectionnement du rendement.
Lorsqu'on a construit les premiers chemins de fer, les entreprises de diligences et les « rouliers », gens qui assuraient le transport des marchandises par la route, ont manifesté les plus vives inquiétudes sur leur sort.
Qu'est-il arrivé ? La circulation des voyageurs et les transports ont augmenté dans des proportions telles que les chemins de fer, aujourd’hui, font vivre un personnel bien plus nombreux que celui des entreprises de transport par route, d’un rendement pourtant très inférieur. |
De même, lorsqu'on a construit le métro de Paris, on l'avait prévu pour une circulation très Supérieure à celle réalisée par les omnibus et tramways. Pourtant, peu d’années après son inauguration, il était déjà à peine suffisant, et pourtant les omnibus, devenus autobus, et les tramways
transportaient plus de monde que jamais.
Ne craignons donc pas de perfectionner et d'améliorer le ie
rendement et l'efficacité du travail partout où nous pourrons
le faire. Non seulement il n’y aura pas pour cela d'ouvriers congédiés, mais les salaires augmenteront et tout le pays bénéficiera des facilités de vie plus grandes.
Examinons maintenant rapidement par quels moyens on pourra perfectionner le rendement.
Depuis longtemps déjà, l’homme s’est efforcé, dans ses différents travaux, d'utiliser le moins possible sa propre force et de se servir soit des forces de la nature : vents, chu-
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tes d’eau, soit de l'énergie dégagée par certains phénomènes chimiques tels que la combustion du charbon, soit enfin de la force des animaux domestiques. L'homme utilise ainsi des forces très supérieures aux siennes et son rôle consiste à les diriger, à les régler. En perfectionnant les machines, on a augmenté peu à peu la force conduite par chaque ouvrier, et par suite le travail produit.
C'est ainsi qu’une machine conduite par un seul homme,
ou même par un enfant, pourra faucher le blé, le lier en
.gerbes, et exécuter en une journée un travail pour lequel
20 hommes n'auraient pas suffi.
Il faut continuer dans cette voie, réaliser des machines plus puissantes, el cela sera considérablement facilité par l’extension des distributions électriques qui apporteront partout, à la ville et dans les campagnes, l’énergie empruntée aux fleuves et aux torrents de la montagne.
Il faut aussi perfectionner nos méthodes de travail en utilisant les enseignements de la science et de l’expérience. Il y a beaucoup à faire dans cette voie pour notre agriculture ; il est lamentable en effet de constater qu’en France, où la terre est exceptionnellement fertile et le climat très doux, nous récoltons moins par hectare que dans les autres pays d'Europe. Ainsi pour le blé, alors que nous produisons 13 quintaux par hectare, l'Allemagne en produit 21, le Danemark 27. Pour les pommes de terre, la proportion est encore plus forte : France, 85 quintaux ; Allemagne, 137 ; Belgique, 183. Il faut recourir davantage à l’engrais, perfectionner nos procédés de culture, améliorer la qualité des produits de notre sol. Il y a un gros effort à faire, mais les résul-
tats peuvent être merveilleux.
ÉTITR
Pour accroître le rendement de notre travail, il faut encore ne rien laisser perdre. La fabrication d’une certaine matière entraîne souvent la production de plusieurs autres matières de valeur moindre et que, jusqu’à ces temps derniers, on n’utilisait pas. Ainsi, la fabrication du gaz d’éclairage produit en même temps du goudron et des sels ammoniacaux. Au lieu de les jeter, on commence aujourd’hui à extraire de ces goudrons des huiles qui remplacent l’essence dans certains moteurs à explosion, et une foule d’autres produits très utiles ; quant aux sels ammoniacaux, on peut les transformer en engrais dont nous avons vu la nécessité. On recueille de même aujourd’hui les gaz qui s’échappent des hauts-fourneaux où se fabrique la fonte. Ces gaz actionnent des moteurs au moyen desquels on produit l’électricité ; un autre résidu de la fabrication de la fonte, « le laitier », sert à faire des briques particulièrement économiques. Mais cette utilisation des sous-produits n’est encore pas répandue. L'industrie emploie encore trop de procédés primitifs, qui laissent perdre toute une partie de la production, et sont par conséquent à proscrire.
On peut enfin améliorer le rendement en perfectionnant le mécanisme même du travail manuel et les outils de l’ouvrier, de manière à augmenter son rendement et par suite son salaire, sans augmenter sa fatigue.
Un ingénieur américain, Taylor, s’est particulièrement occupé de ce problème et a obtenu, dans certaines usines des Etats-Unis, des résultats merveilleux. C’est l'application des procédés découverts par lui à ce sujet qui constituent en partie ce que lon nomme aujourd’hui la « Taylorisa-
tion ». Ainsi Taylor a étudié quelle était la forme à donner