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aux pelles pour le pelletage de différents matériaux ; il a constaté qu’il fallait des pelles de dimensions et de formes très différentes suivant que les matériaux étaient lourds ou légers, gros ou fins. En faisant fabriquer plusieurs séries de pelles adaptées aux divers matériaux à pelleter dans l’usine, il a pu augmenter dans de grandes proportions le travail produit par chaque ouvrier. De même, en perfectionnant la forme des échafaudages servant au maçon pour construire un mur en briques et en modifiant la disposition des briques sur cet échafaudage, il a pu simplifier considérablement les mouvements que l’ouvrier devait faire pour prendre une brique, la mettre en place et la fixer avec du ciment. Ce mouvement étant répété un grand nombre de fois dans la journée, le temps économisé au total pouvait être très grand. La maison était construite plus vite et coûtait moins cher. Enfin, même dans le cas du travail fort simple qui consiste à transporter à bras des blocs de fonte d’un point à un autre, en réglant la vitesse de marche de l’ouvrier, la durée et les intervalles des repos, il a pu tripler la quantité de blocs transportés sans que l’ouvrier soit plus fatigué. On pourrait croire que tous ces petits perfectionnements devraient être trouvés par l’ouvrier mieux que par personne autre ; la preuve qu’il n’en est rien, c’est que des travaux fort simples comme ceux cités plus haut étaient exécutés depuis toujours d’une façon très imparfaite. Et cela n’a rien d'étonnant : pour chercher des améliorations, il faut une série d'expériences, d’études minutieuses faites montre en main et soigneusement enregistrées, il faut souvent des essais infructueux. L’ouvrier n’a pas le temps de faire tout
cela, il se contente d’imiter les manières de faire de ses pré-
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décesseurs, et aucune amélioration ne se produit. Il arrive parfois même que ce soit l'inverse. Dans nos usines où, malgré les progrès techniques, le travail manuel joue encore un grand rôle, le rendement par ouvrier allait depuis quelque temps en baissant. Il fallait plus de monde pour extraire la même quantité de minerai et c’est pourquoi on était forcé de plus en plus de faire appel aux ouvriers étrangers.
Voilà donc les principaux moyens d'améliorer le rendement de notre travail et d'accroître notre production. Déjà, dans notre génération, la moyenne des hommes produit trois à quatre fois plus de choses utiles qu’autrefois. Voilà les chiffres qu’il faut augmenter. Cela n’a rien d’impossible.
Ainsi, notre situation actueile exige plus impérieusement que jamais que nous augmentions notre production nationale. La prospérité du pays, c’est-à-dire le bien-être de chacun de nous, dépend étroitement de cet accroissement de production. Comme nous sommes, malheureusement, trop peu nombreux en France pour accroître sérieusement le nombre des entreprises de production, il est de toute nécessité d'accroître notre rendement individuel.
Chacun donc, pour sa part, doit produire et s’efforcer d'augmenter notre production. Le pays tout entier en bénéficiera. Il l’a bien mérité.
Cette crise de production que nous traversons existe depuis longtemps dans l’agriculture, et comme c’est elle qui nous fait vivre, on a jugé utile, pendant la guerre, de s’en occuper, et les paysans ont pris à cœur de sauver le pays de la famine par leur travail assidu à la terre en même temps qu’à la tranchée.
Nous étudierons donc dans les chapitres suivants :