‹ La main-d'œuvre industrielle dans l'ancienne GrèceChapitre 103 sur 229 · DlODORE, I · texte numérisé non relu

DlODORE, I

l'esclavage 101

meaaçait ' ; elle atteignait aussi le débiteur qui avait engagé sa personne; la loi dît expressément que le créancier qui emmène de force ce dernier chez lui n'est passible d'aucune peine ^. Lysias et Isocrate voient là une pratique commune à toute la Grèce. D'après eux, c'était assez parfois d'une dette insigniliante pour être plongé dans la servitude 3, et Plutarque atteste qu'au second siècle de notre ère les usuriers avaient encore l'habitude de vendre leurs débiteurs*.

Les Grecs condamnaient au même sort les auteurs de certains délits. Un décret de la ville d'Halicarnasse, qui date du v^ siècle av. J.-C., énonce la clause suivante : « Si quelqu'un essaie de détruire cette loi ou en propose l'abrogation, ses biens seront vendus et consacrés à Apollon, et lui-même sera exilé à jamais. Si toute sa fortune est inférieure à dix -statères (probablement 300 fr.), il sera lui-même vendu à charge d'exportation, avec défense de rentrer ii Halicamasse ■'. » Les Athéniens répugnaient en général à priver un citoyen de sa- liberté '' ; mais, envers les étrangers, ils étaient beaucoup , moins scrupuleux. Par intervalles, on procédait k la révision des listes civiques, et on vendait au profit du Tré-iwir quiconque était convaincu de s'y être fait inscrire frauduleusement^. Il est vrai que, la corruption aidant, l'autorité compétente fermait volontiers les yeux sur ces irrégularités ^ ; mais, pour peu qu'on fût sévère, bien des gens en souffraient cruellement, puisque, au dire de Plutarque, près de cinq

i. Loi de Gortyne, VI, 4(i-ol.

2, Ibid., I, s;;. Dans l'un et l'autre cas, le débiteur reste libre; mais il perd la jouissance de sa liberté, tant qu'il n'a pas désintéressé son créancier, et il travaille pour lui jusqu'à concurrence de la somme qu'il lui doit (Cf. U, p. 406 et 487).

il. Lybiab, XII, 98 : 01 6' im Çévi]! [iixpùiv ïv Êvsxa aujifioXiIom ÈBoiXcjov. IsocHATE, XIV, 48 : IIo).Xoii( [i£ï (itxpwv IvExa ou[j.6oX«in)v SouXeùovTaf. On a cru parfois, h tort selon moi, que auji6oXai(ov désignait le prix dont on payait leurs services.

4, pLUTAiiQrn, De vilando aère aliéna, 5.

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