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L'EaCLAVAGE 1)7
Ces dispositions n'avaient pas pour effet de désarmer complètement les maîtres. Il ne faiidrait évidemment pas prendre au pied de la lettre cette assertion de Pseudo-Xénophon qu'à Athènes il était défendu de battre les esclaves '. Là comme ailleurs, on ne se privait guère de les châtier, même avec des raflinements de cruauté. Dans le Pliitus d'Aristophane, Chrémylos dit à son esclave Carion : « Si tu m'ennuies, je te rosserai ^ ». Un client de Lvsias menace sa servante de la rouer de coups, si elle refuse de lui révéler l'inconduite de sa femme ^. Théophraste cite parmi les cas de maladresse celui d'un individu qui, assistant à la correction d'un esclave, raconte que lui-même en a possédé un jadis qui, à la suite d'un fait semblable, est allé se pendre *. Dans un mime d'Hérondas, une certaine Bitinna déploie contre l'esclave Gastron un véritable acharnement. Elle recommande de le lier fortement, de manière que la courroie pénètre dans les chairs, puis de lui appliquer mille coups de bâton sur le dos et autant sur le ventre. Mais aussitôt elle se ravise, et après l'avoir menacé de le moucheter simplement au front avec une pointe de fer, elle finit par lui pardonner ■''. Dans Aristophane un esclave dit à un de ses camarades : h Malheureux! qu'est-il donc arrivé à ta peau? Est-ce que le fouet a lancé sur toi l'arme de ses lanières, et t'a ravagé les épaules?^ »
Contre les sévices de son maître, l'esclave n'avait qu'une ressource, la fuite. La guerre lui offrait à cet égard des facilités dont il profitait. C'est ainsi que pendant l'occupation de Décélie par les Spartiates, plus de vingt mille esclaves athéniens passèrent à l'ennemi ^. Mais, même en temps ordinaire, beaucoup réussissaient à s'évader. La première pensée de l'esclave fugitif était de se réfugier dans un temple. A Athènes, le Théséion, le sanctuaire des Érinyes, l'autel d'Athéna Polias étaient pour lui des asiles inviolables ^. A Andanie, l'enceinte du temple de