‹ La main-d'œuvre industrielle dans l'ancienne GrèceChapitre 121 sur 229 · Ibid., IV · texte numérisé non relu

Ibid., IV

l'esclavagi, H9

de leur rendre ceux qui avaient cherché iin abri dans son royaume ' . On devine aisément à quelles représailles était exposé le pauvre diable qui retombait ainsi sous l'autorité de son maître.

A l'époque d'Alexandre, le Rhodien Antiménès eut l'idée de créer une sorte d'assurance contre la fuite des esclaves. Moyennant une prime annuelle de huit drachmes par tête, il s'engageait à rembourser le prix de tout esclave qui viendrait à s'échapper. Malgré l'afTirmation contraire de l'auteur qui nous fournit ce renseignement, il n'est pas vraisemblable que ce prix fût arbitrairement fixé par le maître, lors de la formation du contrat; il devait être établi d'un commun accord par l'assureur et l'assuré. L'opération fut, dit-on, très fructueuse pour Antiménès, parce qu'il eut l'art d'encaisser les primes et de rejeter sur les gouverneurs des provinces le paiement des indemnités^.

Par moments l'irritation des esclaves était telle qu'ils se révoltaient en masse. C'était là pour eux l'équivalent de nos grèves. On sait que les Hilotes furent un perpétuel cauchemar pour les Spartiates, qu'il fallut multiplier les précautions contre eux, et que, néanmoins, ils s'insurgèrent plus d'une fois 3. Un historien grec relate une guerre servile qui éclata à Samos, et qui aboutit à l'exode de mille esclaves '. Des troubles analogues agitèrent la ville d'Argos ^. En Sicile et dans l'Italie méridionale les soulèvements d'esclaves étaient continuels ^. Si le récit du Syracusain Nymphodoros sur la médiation qu'aurait exercée l'esclave Drimakos entre ses compagnons et les propriétaires chiotes mérite peu de créance', il est permis pourtant d'en conclure que les habitants de l'île avaient tout à craindre de l'insubordination de leurs esclaves. On avait adopté à leur égard « un système de répression sévère ». Aussi, quand les Athéniens y débarquèrent en 412, ces gens-là « désertèrent enfouie, et, par leur connaissance des lieux, firent un mal incalculable ^ ». Apollodoros, pour s'emparer de la tyrannie à Cassandra, excita

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