DÉMOSTiiÈHE, XXXIV, 8 et
6. Ihid.. 5, 6, 10. M. Dareste pense que Lampis était peut-être i affranchi. Il est pourtant appelé oinÉTiji.
7. Andocidc parle d'un individu qui va toucher la redevance due à i esclave qu'il possède au Laurion (I, 38).
134 LA MAIK-d'œUVBE mDUSTBIELLE DANS l'aN'CIBKNE GRÈCE
lui ; car ils étaient censés lui appartenir, tant que la dette n'avait pas été remboursée'.
Faut-il croire que les Grecs firent un pas de plus, et qu'ils allèrent jusqu'à autoriser les esclaves à former des espèces de sociétés coopératives de production? A la campagne, un groupe d'esclaves se chai^eait parfois de moissonner les champs d'un propriétaire, ou de cueillir ses fruits, ou d'exécuter pour lui quelque tâche analogue. Ces marchés étaient toujours conclus par l'intermédiaire de leur maître; mais ce n'était pas lui, semble-til, qui encaissait le prix convenu ; les esclaves le gardaient pour eux en totalité ou en partie -. Peut-être procédait-on de même dans l'industrie. Timarque possédait neuf ou dix esclaves corroyeurs, qui lui remettaient journellement deux oboles (0 fr. 32) chacun, sauf le chef d'atelier qui en versait trois (0 fr. 48) ^. Comment gagnaientils cet argent? Il est possible que ce fût en se plaçant chez un patron étranger, et alors leur condition était la même que celle des esclaves de louage. Mais il n'est guère vraisemblable que ce patron ait pris chez lui l'équipe toute entière avec son contremaître, et il paraît plus légitime de penser que ces individus travaillaient librement pour le public, sauf l'obligation de servir à Timarque une rente fixe. J'incline, pour ma part, vers cette hypothèse, sans me dissimuler les difficultés qu'elle laisse subsister. Comment, par exemple, ces esclaves se procuraient-ils le local nécessaire ? En louaient-ils un au dehors, ou bien demeuraient-ils chez Timarque en lui payant un loyer ? D'où tiraient-ils leurs avances? Si leurs bénéfices étaient pour eux, qui supportait les pertes ? Une seule chose dans tout ceci est certaine, c'est que leurs opérations engageaient la responsabilité pécuniaire de leur maître, puisqu'ils n'avaient eux-mêmes aucune personnalité civile. Pour se couvrir, il avait la ressource de s'emparer de leur avoir, dont il était toujours en droit l'unique propriétaire. Mais