‹ La main-d'œuvre industrielle dans l'ancienne GrèceChapitre 19 sur 229 · SuuNEn Maine, L'ancien droit, p. 156 de la Ir. fran · texte numérisé non relu

SuuNEn Maine, L'ancien droit, p. 156 de la Ir. fran

16 LA MAIM-d'œUVRE industrielle dans L'ANaENNE GRÈCE

L'esclave était dooc quelque chose de plus qu'une bête de somme; entre son maître et lui il pouvait s'établir une certaine réciprocité d'affection. C'est ainsi du moins qu'Homère nous dépeint leurs relations. Or, quand même on admettrait qu'il a un peu embelli le tableau, on n'ira pas jusqu'à prétendre qu'il a dit ici le contraire de la vérité.

Assurément tous les esclaves n'étaient pas traités comme Briséis, qu'Acbille •> aimait de tout son cœur ^ >•, ni comme le porcher Eumée, qui menait une existence à peu près indépendante sur un coin reculé du domaine ^. Il y avait des degrés dans les égacds qu'on se témoignait de part et d'autre. Maïs ce qui dominait, c'était chez le maître la bienveillance, chez l'esclave le respect. Il fallait une circonstance exceptionnelle pour altérer ce double sentiment. L'insubordination des esclaves d'Ulysse est provoquée par l'absence du héros et par l'anarchie qui en résulte ■■. Si Mélantho méconnaît les soins maternels que lui prodigua jadis Pénélope, c'est parce qu'elle s'abandonne à un amour coupable pour le prétendant Eurjmachos *. Ulysse tirera bientôt une terrible vengeance de tous ces torts, en vertu du droit de vie et de mort que lui confère sa qualité de chef de maison. Néanmoins, même au milieu de ces désordres, quelques esclaves, tels qu'Eumée et Euryclée, montrent une fidélité inébranlable, et lorsque Pénélope s'afilige du départ inexpliqué de Téléraaque, toutes les femmes du palais, jeunes et vieilles, s'empressent autour d'elle pour s'associer à sa douleur '■'. Pareillement, quand Andromaque, après ses adieux à Hector, rentre dans sa demeure, (c elle arrache des sanglots k ses servantes », qui craignent comme elle l'issue de la lutte où son mari va s'engager ^.

On s'étonne de constater avec quelle facilité les esclaves de l'époque homérique se résignent à une condition qui, pour la plupart d'entre eux, était uiie si affreuse déchéance. Ce qui les consolait dans leur malheur, c'était la sécurité dont ils jouissaient. L'isolement était alors si dangereux, qu'il y avait grand profit à pouvoir remplacer par une famille nouvelle celle qu'on avait perdue. On s'attachait à son maître parce qu'on voyait

i. IL, IX, 343.

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