‹ La main-d'œuvre industrielle dans l'ancienne GrèceChapitre 20 sur 229 · LE TRAVAIL INDUSTRIEL DANS LA GRÈCE HOHÉRIQDE · texte numérisé non relu

LE TRAVAIL INDUSTRIEL DANS LA GRÈCE HOHÉRIQDE

surtout en lui un protecteur, et tout en regrettant le passé, on s'accommodait du présent par crainte de l'avenir. Les paroles que Sophocle prête à Tecmessa expriment bien cet état d'esprit. i< Il n'est rien de pire pour les hommes, dit-elle, que la servitude. J'étais née d'un père libre et distingué entre tous les Phrygiens par la richesse, et aujourd'hui je suis esclave; les dieux et surtout ton bras l'ont décidé ainsi... Je n'ai plus de regards que pour toi; car tu as détruit ma patrie par ta lance, et la destinée m'a enlevé mon père et ma mère. Quelle patrie, quelle richesse aurais-je en dehors de toi? Toi seul es mon salut'. »

De nombreux indices attestent que les esclaves éprouvaient une extrême répugnance à se séparer de leurs maîtres. Nourris, logés, vêtus", et parfois pourvus d'un petit pécule ■", ils étaient presque au comble de leurs vœux, s'ils recevaient par moments quelque marque d'intérêt '•. Il était fort rare qu'ils songeassent à fuir^ ou même k acheter leur liberté. Homère, en tout cas, semble ignorei* la pratique de l'affranchissement ^. L'esclave vieillissait d'ordinaire dans la maison, chargé d'une tâche de plus en plus légère, et d'autant plus dévoué qu'il oubliait davantage ses premières origines.

S" Le travail libre.

Hésiode, qui vivait vers la lin des temps homériques ', fait un devoir à l'homme de travailler, et condamne énergiquement l'oisiveté. » La faim, dit-il, est l'inséparable compagne de Ihomme oisif. L'homme oisif est également en horreur aux dieux et aux hommes; c'est un insecte sans aiguillon, un frelon avide qui s'engraisse en repos du labeur des abeilles... Celui qui travaille voit ses troupeaux augmenter et grandir sa fortune. Par

i. Sophocle, AJax, 485-490, 5I4-S19.

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