‹ La main-d'œuvre industrielle dans l'ancienne GrèceChapitre 217 sur 229 · CONCLUSION · texte numérisé non relu

CONCLUSION

Lorsqu'on envisage dans son ensemble l'histoire de la maind'œuvre industrielle en Grèce, on remarque qu'à l'origine le travail, loin d'être l'objet de la moindre défaveur, était au contraire pratiqué par tous, même par les personnes du plus haut rang. On conçoit qu'il en fût ainsi à une époque où chaque famille formait un organisme complet. 11 y avait as.surément des gens qui travaillaient alors pour le public ; mais il y en avait aussi beaucoup qui ne travaillaient que pour eux-mêmes et pour leur parenté, et cela relevait à leurs yeux la besogne qu'ils exécutaient. Les Grecs regardèrent toujours comme une humiliation le fait d'être au service d'autrui et de recevoir un salaire. Ce n'était pas le cas pour celui qui dans les temps homériques fabriquait son lit, ou construisait sa propre maison.

Sous le règne de l'aristocratie, des idées différentes commencèrent à poindre. Cette classe noble et riche, occupée surtout du gouvernement et de la guerre, en arriva très vite à négliger les métiers manuels. Elle avait des esclaves, des serfs, des fermiers pour exploiter ses terres ; elle ne trouva pas moins commode d'abandonner à des spécialistes, libres ou non, tous les autres travaux, et ainsi se créa en dehors d'elle une classe nouvelle, celle des artisans de profession, qui prit de jour en jour plus d'extension, à mesure que les besoins de chacun devenaient plus complexes et que les relations commerciales avec le dehors se multipliaient.

On ne se contenta plus dès Idrs de pourvoir aux exigences restreintes de la consommation locale ; on produisit également pour ses voisins, même pour des peuples lointains, et l'industrie ne put plus demeurer confinée dans les petits ateliers de famille, où elle avait été enfermée jusque-là. Il y eut désormais deux sortes d'établissements industriels : ceux où le patron s'associait effectivement, comme jadis, au labeur de ses ouvriers, et ceux où il se bornait k les diriger. On ne saurait assigner une date précise à un pareil changement. Il s'opéra insensiblement, par une série de

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