TiMÉE, fr. 60 DioDOBE, X1I
l'évolution de l'uSDUSTRIE en GRÈCE 33
La vigoureuse impulsion que leur avaient donaée les Pisistratides s'accentua encore à la faveur du régime démocratique qui prévalut après la chute de la tyrannie'. Les rangs dès lors tendirent de plus en plus à se confondre et les fortunes k se niveler. Nul ne voulut se résigner à vivre sous la dépendance d'autrui. Tous prétendirent à l'égalité politique et sociale, et chacun essaya de s'émanciper par le travail, par l'acquisition de la richesse mobilière, plus communément accessible. Cette ambition fut secondée par plusieurs circonstances, dont Tune, la découverte de nouveaux gisements miniers en Attique, fut purement fortuite". Les guerres Médiques poussèrent les Athéniens à construire une flotte formidable, qui leur servit d'abord à vaincre les Perses, puis à constituer dans l'.Archipel une vaste confédération qui bientôt se transforma en un véritable empire. Ils furent ainsi les maîtres de la mer, et leur port du Pirée fut le grand entrepôt de la Grèce ^. Il en résulta un avantage inappréciable pour leur industrie. Nous ignorons s'ils songèrent déjà à s'assurer par des conventions spéciales-le monopole de l'importation de certaines denrées exotiques, comme ils le firent plus tard pour le vermillon de Kéos. Mais il est clair qu'ils eurent plus de facilités que personne pour se munir au dehors de matières premières. D'après un contemporain, aucune cité ne pouvait vendre son fer, son bois, son lin, sans leur agrément. Aussi la plupart les vendaient-ils de préférence aux Athéniens, et ceux-ci accumulaient de la sorte dans leurs magasins tous les objets bruts dont leurs voisins se partageaient la production*. Ce n'est pas tout ; les sujets extérieurs d'Athènes venaient volontiers s'approvisionner chez eux d'objets manufacturés^, et cette tendance se manifestait d'une façon encore plus sensible dans tes colonies qu'elle avait disséminées un peu partout, en Eubée, à Égine, parmi les Cyclades, en Thrace et jusqu'en Italie à Thurioï. Elle avait en somme au v* siècle tout ce qu'il fallait pour que son industrie prospérât. La main-d'œuvre, libre ou servile, y était surabondante; la pauvreté de son territoire était largement compensée par la richesse du sous-sol;
1. HÉnoDOTE, V, 78 : 'ATiaMayfiiïTîi BÉ rupaîvvioï [jwapç jcpûTOi i-^ivow:a (les Athéniens).