‹ La main-d'œuvre industrielle dans l'ancienne GrèceChapitre 56 sur 229 · Odytiée, XXHÎ, iOO et suiv · texte numérisé non relu

Odytiée, XXHÎ, iOO et suiv

3. Iliade, XXI, 37-38. Dès cette époque pourtant il y avait des fabricants de chars (IV, 485),

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l'hiver pour construire ses chariots et ses charrues'; plus tard, on n'eut pas besoin de se donner cette peine, car les charrons ne manquaient pas^. Tandis qu'autrefois le blé était moulu et les étoffes tissées à domicile, il y eut du vivant de Xénophon des meuniers, des boulangers et des tailleurs''. Bref, à mesure qu'on avance dans l'histoire, on voit les métiers se détacher partiellement de la famille, et se mettre au service du public. 11 se produisit là un phénomène de dissociation, qui d'ailleurs ne fut point particulier à l'ordre économique ; car l'industrie s'émancipa de l'autorité familiale, en même temps que la famille patriarcale se disloquait. Pendant plusieurs générations, chacun de ces groupes forma une petite société, munie de tous les organes nécessaires à son existence. Mais peu à peu ils se restreignirent au point de comprendre seulement les éléments essentiels qui constituent chez nous la famille, et du même coup ils se débarrassèrent d'une bonne partie de leur besogne, si bien qu'il put se créer toute une classe d'artisans libres qui n'eurent avec eux que des relations d'affaires.

La division du travail ne s'arrêta pas là. On ne tarda pas à s'apercevoir que plus un individu se spécialisait, plus il devenait expert dans son métier. Or l'habileté technique était une qualité de plus en plus indispensable à l'ouvrier grec. Il avait à compter avec les progrès du goût et l'amour croissant du bien-être; il lui fallait en outre lutter contre la concurrence tant étrangère qu'indigène. Aussi remarque-t-on dans les villes industrielles du monde hellénique un effort constant pour perfectionner les procédés de fabrication, pour renouveler les modèles, pour s'approprier enfin les secrets d'autrui. Tout industriel qui s'endormait dans la routine perdait promptement ses débouchés '. Le seul moyen de conserver et d'étendre sa clientèle, c'était de produire vite et bien. Mais on ne pouvait, croyait-on. produire vite et bien qu'à la condition d'affecter chaque ouvrier à un emploi unique et de rétrécir le plus possible son champ d'activité. Vagabonder de métier en métier au gré de sa fantaisie, prétendre exécuter par

i. Hésiode, Travaux et Jours, 414 et suiv. II est vrai quo le poote prévoit ici le concours d'un cliarron de profession (430).

2. Blumneh, Technologie and Terminologie der Gewerbe und Kùnste bel Griechen und Rômer, II, p. 324.

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