Politique
5i LA main-d'œuvre industrielle dans l'anCTENISE GRÈCE
les mêmes besoins, un seul métier suffit pour vous nourrir. Quelquefois même on n'en exerce qu'une partie : l'un fait des chaussures d'homme, l'autre des chaussures de femme; l'un vit exclusivement de la couture des souliers, l'autre de la coupe du cuir; l'un taille les tuniques, l'autre se contente d'en ajuster les différentes pièces. Or un ouvrier qui se réduit à un ouvrage restreint finit nécessairement par y exceller', » D'après ce témoignage, la division du travail n'était pas partout poussée aussi loin. Il était naturel que dans un pays agricole le foi^eron du village se chai^eât de tout le travail du fer, et le menuisier de ' tout le travail du bois, Sous peine de demeurer la plupart du temps inactifs. Tel était peut-être le cas de l'Elide ', de l'Arcadie 3 et des dèmes les plus reculés de l'Attique*. Par contre, l'abondance de la clientèle attirait dans les villes une multitude d'ouvriers, et ceux-ci pouvaient, sans crainte de chômage, se partager une besogne qu'à la campagne chacun ^fardait toute entière pour soi.
Quelques exemples nous permettront d'apprécier quels étaient en cette matière les usages des Grecs.
Le mot jj.iYîipoî, cuisinier, paraît dériver de [taviç. |jtâÇa, galette de farine, ou de liânou, pétrir. C'est donc que l'art culinaire s'étendait d'abord à tous les aliments, y compris le pain s. Un premier démembrement en détacha la meunerie et le boulangerie. Dans certaines maisons, on continua de moudre le grain et de fabri-
1. Xénophon, Cyropédie, VIII, 2, 5 : 'Ev tœÎî [iixpaî; jtdXiaiv oi aûio! jcoioBoi xXivTiv, fliipiv, Spotfoy, TpaiteÇau, noXXixi^ 6' & aùrot oûtoç xa.i o!xoBo;«x, xii àyaicS,
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Stà là noXXoùt ixiorau Sitirfiai ipxiC xii ^.h ixiari^ "^^X^l ''^ ^° Tp^^EaSai, noXXixtf SI dûs' ôXt] [i.(a, iXX' !iizoS^\iaTa izoïiï & jùv âvSpEîs, & Si yuvaixtîa, lori Sï Ev6a xal l7:oSjî[J.aia b ^it vtupopfafcBv (idvûv tpiçitai, 6 El TfOlaiv, à 61 f^-^Siiai \i6vot ooïTijiviov, 6 Gi fe toiItwv oùBlv noiSv, àXkà CTuvriSeiî TaOta. 'Av^yxi ouv tov Iv ppayuTiiTij) BiatplËovta îffio toïtoï xal SpiTta SujviYxîOai toOto noiiïv.
2. Polybe, parlant des paysans de l'Ëlide, dit que le gouvernement Teillait à ce que m te Sixaiov aÛToî; ini tÔhou GiE^â-p^Tai xn! Tùiv icpô; ^iiutiMit Xptiai iiTiBlv iXXEÎm) (IV, 73, 8).
3. Pendant longtemps le trait caractéristique de l'Arcadie lut la dispersion de la population dans les villages (Cf. Gilbert, Handbach d. gr, Slaatsatt., II, p. 124-129).
i. Une statistique dressée par Clerc {Le> métèque» athénien», p. 450-456} confirme qu'il y avait beaucoup moins d'arlisans dans les dèmes ruraux que dans les dèmes urbains ou voisins de la ville.