‹ La main-d'œuvre industrielle dans l'ancienne GrèceChapitre 74 sur 229 · Plotarque, Thémistocle · texte numérisé non relu

Plotarque, Thémistocle

70 LA HAIN-d'œUVHE industrielle dans l'aNQENNE GRÈCE

spécialement pour objet de faire vivre les indigents '. Le seul qui ait pratiqué à dessein une politique inspirée des principes du socialisme d'Etat, c'est Pérîclès, à supposer que Plutarque ait fidèlement exprimé sa pensée dans les lignes suivantes. « Les hommes, disait-il, que leur âge et leurs forces rendent aptes au service militaire reçoivent leur paye sur les fonds du budget. Quant à la classe ouvrière qui ne va point à l'armée, je n'ai pas voulu qu'elle fût privée des mêmes avantages, sans cependant qu'elle les dût à la paresse et à l'oisiveté. J'ai donc réalisé, dans l'intérêt du peuple, ces projets de construction destinés à occuper longtemps les industries les plus variées. Ainsi la jxtpulation sédentaire n'aura pas moins de droits à toucher sa part des deniers publics que les matelots, les garnisons et les soldats de l'armée active. Partout où se rencontraient les matières premières, pierre, cuivre, ivoire, or, ébène, cyprès, nous les avons fait mettre en œuvre par de nombreux artisans, charpentiers, mouleurs, forgeron*, tailleurs de pierres, tourneurs en ivoire, peintres, mosaïstes, ciseleurs. Pour le transport de ces objets, il a fallu des armateurs, des matelots, des pilotes, des charrons, des maquignons, des charretiers, des cordiers, des corroyeurs, des paveiu-s, des mineurs. Par là, le service général répand et distribue en quelque sorte l'aisance parmi tous les âges et toutes les conditions '. »

11 est possible que quelques tyrans eussent une intention semblable, lorsqu'ils entreprenaient, comme Poljcrate de Samos et Pisistrate d'Athènes, ces grands travaux qu'admirent les historiens. D'après Aristote, ils voulaient empêcher les citoyens de conspirer, en les occupant^. Mats il n'est pas certain qu'ils aient obéi vraiment à un pareil calcul.

L'État ne se croyait pas obligé d'assumer à l'égard des particuliers le rôle d'une Providence chargée de faire à tout prix leur bonheur. Il préférait s'en rapporter au libre jeu de leur activité, et s'il secondait leurs efforts, c'était par des procédés indirects, et non par des mesures impératives.

On sait notamment que Solon s'appliqua à multiplier la maind'œuvre en tournant les citoyens pauvres vers les professions manuelles'. Polycrate acclimata à Samos des moutons à laine

, i. Stbabon, XIV, p. 6S3.

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