POLYBE, II, liS
l'esclavage 97
réserves de Platon à ce sujet portent sur le point de savoir s'il convient de traiter d'une fa(,on identique les Grecs et les Barbares, et il demande uniquement qu'on s'abstienne d'asservir les populations de race hellénique ' . Aristote est du même avis ; mais il n'hésite pas à considérer la guerre comme un moyen légitime d'acquérir, et la défaite comme une cause naturelle d'asservissement -.
Dans la pratique peu de gens s'associaient aux scrupules d' Aristote et de Platon, En 406, quand les Spartiates et leurs alliés se furent emparés de Méthymna, ceux-ci proposèrent de vendre en bloc tous les habitants. Mais le général en chef ne voulut pas que sous son commandement un seul Grec fut jeté dans l'esclavage, et il accorda la liberté à tout le monde, sauf à la garnison athénien^ie ^. Plutarque loue Épaminondas et Pélopidas d'avoir eu les mêmes égards pour les villes qui se rendaient à eus^; preuve que cette générosité n'était pas commune. Chaque fois qu'un historien raconte quelque siège, il termine en disant que les femmes et les enfants furent vendus et les adultes égorgés, à moins qu'on préférât en faire aussi de l'argent^. En Sicile, on poussait volontiers le raffinement jusqu'à marquer les captifs au fer rouge, pour attester à perpétuité leur déchéance",
11 était assez fréquent qu'un prisonnier de guerre fât libéré, soit par voie d'échange ', soit par le paiement d'une rançon, Denys le tyran, après l'occupation de Rhégion, relâcha tous ceux qui lui versèrent cent drachmes *•. Démosthène mentionne un certain Thoucritos qui dut sa liberté à une avance de fonds que lui fit l'acteur Cléandros ^. Un Cretois délivra et rapatria à ses frais plusieurs Athéniens qui avaient été capturés par l'ennemi'". On imputait un acte pareil au philosophe Bias de Priène". Un individu emmené comme esclave en Locnde se tira lui-