DENSITÉ DE LA POPULATION
1856 1901 Arrondissement de Dijon. . ... 39 habit. par kmq 29 habit. par kmq » de Semur.... 41 » » » PARTS) » »
» de Châtillon .. 27,7 » » » 18,4 » » »
La dépopulation porte non seulement sur les propriétaires exploitant seuls leurs propriétés,
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mais encore sur les journaliers et les domestiques agricoles.
En dehors {des causes générales que nous avons examinées, il existe un certain nombre de causes locales sur lesquelles il nous faut un moment retenir notre attention.
Les industries rurales ont subi de profondes transformations dans le cours de XIXe siècle. La filature, le tissage, la tannerie qui furent très prospères, n'existent presque plus.
« Après avoir reconstitué à grands frais leurs vignobles détruits par le phylloxéra, les viticulteurs pouvaient compter voir ces frais remboursés par des prix rénumérateurs. Or, pendant 10 ans, de 1900 à 1910, les prix de vente sont restés au-dessous du prix de revient, et, voici qu'à la mévente a succédé la non-vente, parce qu'il vient d’y. avoir absence absolue de récolte » (1).
Aussi assiste-t-on à une transformation culturale profonde : pendant les 25 dernières années, les céréales ont perdu 41.000 hectares et les herbages en ont gagné 21.000. L'élevage des moutons qui avait été en baisse dans le Châtillonnais, va en augmentant : le nombre des têtes dans cette région a augmenté de 20.000 de 1902 à 1907. Mais la conséquence de cette transformation est celle que nous avons indiquée : diminution du nombre des salariés qui ne trouveraient pas h'ssez de travail dans le courant de l’année,
La conséquence de cette raréfaction de la main-d'œuvre ouvrière est qu'il est nécessaire de
(1) Rapport de M. Savot au Congrès de Dijon. C, R. p. 28.
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faire appel aux étrangers dont le nombre est important en Côte-d'Or : il représente le septième environ de l'effectif des domestiques de culture
S IV. — L’exode rural dans l'Ouest et le Sud-Ouest
Nous ne nous étendrons pas longuement sur la dépopulation des campagnes dans les pays de l'Ouest, parce qu'elle ne présente pas un caractère alarmant à proprement parler et aussi parce qu'au point de vue qui nous intéresse, la main-d'œuvre étrangère, cette région ne présente qu'un intérêt restreint à cause du trop grand éloignement des pays qui la fourniraient.
La basse Bretagne est une région caractérisée par un fort coefficient de da natalité et par la grande densité de (sa population. Ce dernier point est important si l’on tient compte surtout du caractère à peu près exclusivement agricole de cette contrée. Dans le Finistère, la population est de 115,2 habitants par kilomètre, elle est de 86,9 dans l’Ile-et-Vilaine, 83,9 dans les Côtes-du- Nord et 81,5 dans le Morbihan.
Les naissances y atteignent un chiffre très élevé : elles y atteignent les chiffres de 27 pour mille dans les Côtes-du-Nord, 28 pour mille dans le Morbihan et 31 pour mille dans le Finistère .Mais l’alcoolisme et l'ignorance des no-
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tions d'hygiène font des ravages au sein de cette population qui reste cependant robuste.
La main-d'œuvre salariée est naturellement en diminution dans la Bretagne, mais l’exode rural n'a pas le caractère angoissant qu'il a dans les autres régions : c’est que la propriété y est morcelée et que les familles y étant nombreuses, on n’a guère besoin de la main-d'œuvre salariée, surtout depuis les progrès réalisés par le machinisme agricole. Loin d’avoir besoin d’une maind'œuvre nomade, la région fournit au contraire des ouvriers agricoles à Jersey, à la Beauce, à la Brie, à la Normandie et aux départements environnants. Les Bretons émigrent cependant: on cite une émigration importante vers la République Argentine et une autre vers le Canada. Mais ce sont surtout les centres industriels qui les ont attirés :-les ardoisières d'Angers, le Hâvre et la région parisienne. Les Bretonnes sont recherchées comme domestiques et femmes de chambre.
En définitive la Basse-Bretagne est soumise à la loi commune, mais l’émigration des campagnes ne présente pour le moment aucun danger pour la culture.
Les autres départements de l’ancienne Bretagne, la Loire-Inférieure, la Mayenne, la Maineet-Loire, la Vendée, ont une main-d'œuvre salariée qu'on peut dire suffisante, ce qui dispense ou à peu près les agriculteurs de faire appel à la main-d'œuvre nomade. Tout au plus si on y rencontre des métiviers, c’est-à-dire des domesti-
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ques engagés pour la période comprise entre le 24 juin et le 11 novembre.
Dans la région des Charentes, la crise phylloxérique a fait des méfaits qui se sont fait senüir plus longtemps que dans d’autres régions. Les terres très calcaires de cette contrée n’ont pas permis la reconstitution du vignoble dès le début parce qu'on n'avait pas des porte-greffes suffisamment résistant au calcaire. On a fait alors des pâturages sur lesquels on élève aujourd’hui des vaches laitières. Cette transformation des cultures a eu comme première conséquence de diminuer les besoins en main-d'œuvre salariée ; mais une autre conséquence en est résultée le jour où par suite de la création des laiteries coopératives, dont on le sait, les Charentes sont la terre class sique, les tout-petits propriétaires qui se louaient avec leur famille, grâce à l'accroissement de leurs revenus, ont pu se dispenser d'aller travailler pour autrui. Il est intéressant de soulsigner que la coopération agricole dans cette région a pu ,par ses bienfaits dispenser les propriétaires de travailler pour les autres et leur a permis de se consacrer à leurs petites exploitations.
Le Sud-Ouest de la France à particulièrement souffert de la dépopulation rurale. La crise phylloxérique y a sévi avec une très grande intensité. La densité de la population, malgré la richesse de la région et quelques centres importants, est peu élevée : c’est ainsi qu'elle n’est que de 67,9 habitants par kmq dans la Haute-Garonne malgré Toulouse avec ses 150.000 habitants environ, le Gers n’aque 35,3habitants par kmq. le
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Lot-et-Garonne, cependant riche et bien cultivé n’a que 49,8 par kmgq. La natalité y est aussi très faible ; c’est la région du Sud-Ouest qui a le plus faible coefficient. Dans la Haute-Garonne, les naissances sont au nombre de 15,5 par mille habitants dans le Lot-et-Garonne, de 13,5 et dans le Gers de 13,1.
Cependant la crise de la main-d'œuvre ne sévit plus aujourd’hui avec trop d'intensité : c’est qu'on a assisté dans cette région au morcellement de la propriété. Les propriétaires, un peu importants ne pouvant pas trouver la main-d’œuvre suffisante ont préféré liquider leurs propriétés, qui, morcelées, ont été achetées en partie par les petits propriétaires journaliers, où affermées à d’ancien ouvriers agricoles qui se sont ainsi mués en chefs d'exploitation. Grâce à ce phénomène économique, cette région se relève aujourd’hui et prend un véritable essor au point de vue agricole. La culture de la vigne y est importante ,celle du tabac aussi. les cultures fruitières et maraîchères y prennent une grande extension, c’est ce qui explique qu’à certaines époques, le besoin de la main-d'œuvre nomade et étrangère s’y fait sentir avec une certaine intensité. de
$ V. — L’exode rural dans la région du Midi
Le Midi plus peut-être que les autres régions de la France, a vu sa population agricole diminuer avec une très grande rapidité dans la
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deuxième moitié du XIXe siècle, La cause locale essentielle qui a provoqué le mouvement d’émigration est la crise occasionnée par le phylloxéra dont les ravages ont été, on le sait, désastreux pour la viticulture française. Quand on a vu de près le désarroi que le maudit puceron a jeté dans les régions viticoles, on se rend compte alors qu'il fallait, à défaut de moyens financiers une volonté de fer pour résister à la tentation qui venait à chacun d'aller à la ville chercher des moyens d'existence que la campagne ne pouvait plus donner.
C’est à ce moment que dans la région provençale pour parler d’une région que nous connaïissons tout particulièrement, on a vu les villages se vider, leur population diminuer dans de fortes proportions. Dans beaucoup de communes on voit un grand nombre de maisons abandonnées tomber en ruines ; il en est qui sont à peu près complètement démolies et il semble bien qu'on ne doive plus voir à moins de circonstances absolument exceptionnelles, la population atteindre à nouveau les chiffres qu’elle atteignait avant le phylloxéra. SH
Nous allons à titre d'indication donner les chiffres de la population dans quelques cantons du département des Bouches-du-Rhône en 1872 et en 1901 d’après les recensements officiels. Nous prendrons comme exemple, bien entendu, des cantons essentiellement agricoles, car il en est quelques-uns, qui comprennent des centres miniers, industriels ou commerciaux qui
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ont pris entre temps un grand développement ; nos chiffres pourraient alors n’avoir plus le sens que nous entendons leur donner.
Canton de Berre 7.575 hab. 6.411 hab.
— de Lambesc 8.818 — 7.547 — — de Peyrolles 5.981 — 4909 — —— d'Eyguières 8.090 — 6.553 — Commune d’'Eguilles 1.551 — 853 — — de Velaux 1.150 — 702 =
== de Vitrolles 1190076
— de St-Mitre 984 — 499 —
— de Peynier 1.047 — 642 —
— de Rousset 1.109 — 668 —
Dans ces communes ou cantons dont nous aurions pu donner une liste beaucoup plus longue, ç'a été le désarroi au premier temps de la crise. C'était pour la plupart de ‘ceux qui restaient, la misère ou à peu près: on ne s'improvise pas producteur de toute autre espèce végétale quand on n’a presque jamais fait que de la vigne. On se remit à l’ouvrage avec ardeur et aujourd'hui dans les régions essentiellement viticoles d’autrefois on se livre à la polyculture. On y est moins nombreux, mais on est plus heureux que si on était davantage, dans cette région où la petite culture est la règle (nous faisons exception de la Camargue et de la Crau) :;ceux qui sont partis ont laissé la place aux autres et nous ne craignons pas d'affirmer que personne n’y a perdu.
Dans la vallée de la Durante et en Vaucluse,
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une autre crise spéciale a aussi jeté le désarroi : nous voulons parler de la crise de la garance. Cette culture qui occupait un nombre considérable de bras et donnait de si beaux bénéfices a dû être abandonnée à la suite de la découverte de l’alizarine, extraite des goudrons de houille.
Ce fut la ruine pour un grand nombre ; mais dans une région où le soleil ne boude guère, on ne boude pas non plus à l'ouvrage et nos agriculteurs se ressaisissant ont transformé en véritables jardins maraîchers et fruitiers des terres qui étaient autrefois occupées par la garance. La production des fruits et primeurs a pris dans cette région de la Provence, un essor des plus brillants et il a donné naissance à un commerce international des plus actifs dont Châteaurenard est le centre. Dans les régions où l’on peut avoir l’eau en quantité suffisante, la population, un moment en voie de décroissance s’est subitement relevée et il n’est pas téméraire d'affirmer qu'il en sera ainsi dans la plupart des contrées provençales quand on aura l’eau nécessaire, cet adjuvant indispensable et précieux collaborateur du soleil méridional.
La Haute-Provence, etnous entendons par là le département des Basses-Alpes, a vu sa population se décimer avec une très grande rapidité pendant la deuxième moitié du XIXe siècle. Ici ca n’est pas seulement le phylloxéra qui provoqua la chûte, mais encore l’aridité d’un sol, qui ne fut pas toujours ingrat, mais qui était, en quelque sorte descendu des ‘hauteurs pour venir oc-
cuper les vallées. Le déboisement, en effet, permet aux eaux de ruissellement d'entraîner la terre arable, quelquefois en ‘masses considérables ; cette terre emportées par les eaux tumultueuses des torrents s’est déposée sur des épaisseurs importantes parfois. Grâce à des travaux de protection les rives de cours d’eau que l’on croyait indombptables font l’objet d’une culture intensive qui prend chaque jour un développement plus grand. Dans les Basses-Alpes, la terre et les villages descendent dans la vallée. On voit en effet des villages entiers tperchés, absolument vides de leurs habitants qui sont venus s'installer dans des villages entièrement neufs ou dans des fermes isolées de la région fertile ; mais tous les Bas-Alpin ne sont pas restés, parce que tous ne possédaient pas en bas des propriétés capables de les occuper, tandis que celles d’en haut devenaient impropres à la culture. Alors les rudes travailleurs des Alpes ont émigré par villages entiers ; on cite le cas de populations villageoises qui se sont entièrement transportées en Algérie pour y, constituer des villages nouveaux, d’autres sont allés dans l'Amérique du centre et du sud notamment. Il existe au Mexique une colonie bas-alpine des plus importantes et comme ce sont les habitants de la région de Barcelonnette qui ont donné l’exembple et l’emportent en nombre, on appelle ces émigrants des Barcelonnettes. Ils reviennent en France une fois fortune faite, cédant à de nouveaux arrivés des situations qui sont quelquefois des plus lucratives.
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Les Bas-Alpins sont nombreux dans la Basse-Proventce ; si le travail du sol en solliciter quelques-uns, c’est dans les diverses branches de l’activité commerciale et industrielle qu’on les rencontre surtout. Les carrières libérales en attirent beaucoup et dans les grands centres ils sont généralement si nombreux qu’il peuvent constituer des groupements amicaux importants.
Mais on ne peut terminer les considérations sur cet intéressant département sans parler d’une cause inattendue de l’exode rural. Nous avons indiqué les méfaits du déboisement ; son antidote pour tout esprit non prévenu, semble être nécessairement le reboisement. C’est ce qu’on pense en haut lieu car on consacre chaque année des sommes importantes à l’achat de terrains pour les reboiser. Mais de fréquents incendies viennent détruire l’œuvre bienfaisante du service forestier et il est surtout pénible de constater que ces incendies sont incontestablement volontaires pour la plupart. C’est que le reboisement est une entreprise de longue haleine dont le paysan bas-alpin à courte vue ne comprend pas toujours l’importance. Parce que les parcelles reboisées mises en defens ne sont plus accessibles aux troupeaux, des propriétaires et des pâtres montagnards ne reculent pas devant le crime dont ils ne voient pas, et c’est leur excuse, toute l’étendue. Cependant des personnes instruites ont même essayé de montrer que le reboisemnt était nuisible, théorie que nous croyions être l'apanage exclusif des ignorants
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et des esprits bornés. Quoiqu'il en soit, devant l'impossibilité actuelle de faire pâturer les troupeaux sur les terrains que gagne la forêt, les montagnards émigrent et vont livrer à des occupations non agricoles leurs énergies et leur bonne volonté.
Les conséquences de cet exode se font sentir dans toute la région provençale. Quand le temps des moissons arrivait, les moissonneurs bas-alpins par bandes nombreuses, descendaient dans la Basse-Provence et commençaient le travail dans les régions les plus précoces, puis remontant progressivement, ils arrivaient chez exu juste à temps pour les moissons après avoir toutefois amassé un petit pécule qui venait compléter les produits de la fpetite exploitation et permettait au ménage de subsister. Nous avons gardé le souvenir de ces troupes nombreuses, composées de familles entières parfois ; aujourd’hui dispersés comme nous l'avons vu et concurrences d’ailleurs par les machines, les moissonneurs bas-alpins ont disparu. Non seulement ils ne fournissent plus la main-d'œuvre intermittente nécessaire à la Basse-Provence, mais encore certains travaux ne peuvent être faits chez eux que grâce à la main-d'œuvre étrangère.
Le service forestier lui-même, malgré les décrets Millerand de 1899, est OHISE de faire appel à des salariés italiens.
Dans ce département qui comprend des régions d’une fertilité rare, à côté de régions au sol ingrat, on assiste à une espèce de condensation
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de la propriété ;la poussière de la propriété est achetée par de petits propriétaires qui cessent d'aller à la journée parce qu'ils sont désormais suffisamment occupés sur leur patrimoine agrandi. C’est on le voit un retour au phénomène social déjà constaté et que l'étude de la statistique nous a appris : la diminution des journalierspropriétaires.
S VI. — L’exode rural dans le Gentre
Le Plateau Central est la région du territoire français que l’on considère à juste titre comme la moins fertile, la plus déshéritée. La rigueur du climat et a nature! granitique de la plupart des terrains rendent cette région impropre à un certain nombre de cultures.
Les originaires du Plateau Central ont de tout temps émigré au moins temporairement; on sait que depuis longtemps la Creuse fournit les ouvriers maçons à ‘Paris notamment, que l’Auvergne proprement dite ‘et le Cantal en particulier ont la réputation d’avoir fourni les charbonniers et porteurs d’eau à Paris, les chaudront niers, les colporteurs et marchands de parapluies aux diverses régions de la France, du midi particulièrement. De tout temps, aux approches de la belle saison, les robustes montagnards du Plateau Central se répandirent en troupes nombreuses dans les plaines que domine le massif
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granitique pour y aïder aux travaux agricoles. Le nombre de ces derniers a diminué considérablement tandis que ‘les colporteurs allaient augmentant en nombre et se répandaient à l’étranger. Le colportage est, pour les Cantaliens, une source importante de revenus ; beaucoup réalisent des fortunes sérieuses qui leur permettent de vivre en bourgeois dans leurs modestes villages auvergnats. à La population globale diminue dans tout le centre de la Frante, mais! C’est surtout sur la nombre des salariés que se fait sentir cette diiminution. Dans l’Aveyron, l'exode rural a pour cause, en outre des causes générales dont nous avons parlé, la crise phylloxérique qui chasse vers Paris les habitants de l'arrondissement d’'Espalion, fixés sur les bords du Lot;la crise du Roquefort jointe à celle de la vigne chasse vers le bas Languedoc les cultivateurs du sud de l’Aveyron. Enfin les mines d’or et les terres à bon marché attirent vers la République Argentine de nombreux Aveyronnais qui forment en ce moment dans un Coin de l'Amérique du sud, une petite colonie de ‘2.000 individus (1). Ceux qui s’en vont représentent non seulement l'élite intellectuelle, mais encore la partie la plus robuste de la population. C’est ainsi que dans l'arrondissement d'Espalion, tous les cantons, sauf ceux de Saint- Geniez et d'Espalion, où l’on rencontre des établissements industriels, 154 conscrits, en 1908,
(1) Gabriel Boscary : Evolution agricole et condition des cultivateurs de l'Aveyron pendant le XIXe siècle.
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ont tiré au sort chez eux, tandis que 202 ont tiré au sort à Paris et, fait significatif, la proportion des réformés {et des ajournés est plus faible à Paris que dans l'Aveyron.
Dans la Haute-Loire, le développement de l’industrie dentelière à domicile a fait que le nombre des ruraux n’a pas diminué, mais ce qui prouve bien qu’il y a dans la région centrale de notre pays quelque chose de changé, c’est que tandis qu'autrefois le plateau Central fournissait la main-d'œuvre nomade à toutes les régions avoisinantes et que cette nappe humaine s’étendait très loin, aujourd’hui, certains départements sont obligés d'appeler des nomades et même des étrangers ; c’est aïlnsi que « à la période des grands travaux de fauchaison et des moissons, pendant trois à quatre mois, 5.000 travailleurs nomades environ viennent apporter le concours de leurs bras aux fermiers et propriétaires cantaliens » (1).
Dans la Limagne, la société des sucreries de Bourdon fait venir chaque année une centaine d'ouvriers belges pour les binages et le démariage des betteraves.
Ces faits sont trop significatifs pour qu'il soit possible de les passer sous silence.
= (1) Enquête sur les salaires agricoles.
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