‹ La Main-d’Œuvre Étrangère dans l’Agriculture FrançaiseChapitre 28 sur 49 · en 1910 5512 %enri91l · texte numérisé non relu

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(1) Auguste Bosco, Le Correnti migratorie agricole, p. 35.

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Ces chiffres ne sont pas élevés eu égard à la population de la Suisse qui atteignait auler décembre 1910, le chiffre de 3.753.293 habitants.

En 1911, ces émigrants se sont dirigés au nombre de 3.969 sur les Etats-Unis d'Amérique et au nombre de 997 sur la République Argentine (1).

Sur ces 5.512 émigrants il y avait 1640 personnes se livrant à l’agriculture, à l'élevage du bétail et au jardinage. Les ouvriers agricoles suisses sont, grâce à leur instruction et moralité, très recherchés et bien rémunérés en Suisse ; d’ailleurs ceux qui émigrent doivent être remplacés par des étrangers.

Il a été répondu à une enquête que nous avons faite en Suisse que l’émigration en France des ouvriers agricoles suisses ne peut être considérable vu les salaires élevés qui sont payés en Suisse et le docteur Laur, secrétaire de la ligue des paysans suisses fépond à une demande de renseignements que nous avions adressée : « Le mouvement d'émigration des ouvriers agricoles suisses vers la France est nul ou du moins très minime. Les quelques employés agricoles qui se rendent en France sont surtout des vachers; mais du fait que la main-d'œuvre agricole est très recherchée dans notre pays, nos gens préfèrent rester chez nous où les gages sont le plus souvent supérieurs à ceux de l'étranger. »

L'enquête sur les salaires agricoles signale la présence des Suisses comme vachers dans huit

(1) Renseignements fournis par l'Office fédéral de l’émigration.

CPI AN ETS

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départements de la région de l'Est et de l'Ile de France. Au moment des grands travaux de l'été un certain nombre passent la frontière pour veunir travailler en France.

Les Hollandais sont quelquefois appelés en France pour accomplir des travaux très spéciaux comme celui du déssèchement des marais. Nous citons cette main-d'œuvre hollandaise à titre de simple renseignement, parce qu'elle est très peu importante. Il sera parlé cependant plus loin de la valeur professionnelle et morale des Hollandais, car cette question peut présenter quelque intérêt pour certaines régions de nos pays.

Les besoins en main-d'œuvre sont tellement impérieux à certaines époques de l’année dans le Midi de la France, qu’on avait songé, sans d’ailleurs mettre le projet à exécution, à faire venir des Kabyles au moment des moissons et des vendanges. Mais un essai a été tenté par quelques propriétaires de l’arrondis. d'Aix. Ces essais n’ont pas eu de suite et ne portaient d’ailleurs que sur une dizaine d'ouvriers. Il était cependant intéressant de les signaler.

Il est une nationalité à laquelle on pourrait peut-être faire utilement appel pour combler les vides qui se font sentir dans notre population ouvrière au moment des grands travaux : il s’agit des Hongrois.

Les Hongrois sont un peuple essentiellement agricole et les sympathies pour notre pays sont très grandes en Hongrie. Les statistiques établis-

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sent que la population agricole représente 66 p. cent de la population totale.

La Hongrie est caractérisée par le régime de la très grande propriété et par un prolétariat rural excessivement nombreux. Jusqu'à ces dernières années, le paysan a conservé la neutralité du serf': il acceptait toutes les conditions même les plus dures. Les châtiments corporels ont été admis jusqu’en 1907. Mais peu à peu, sous l’influence des idées socialistes, un vent d’indépendance a soufflé sur le peuple paysan et des grèves importantes ont éclaté en divers endroits. Le gouvernement n’a pas hésité à prendre fait et cause pour les grands propriétaires et à répriimer les grèves d'ouvriers agricoles. Il a organisé des troupes de briseurs de grèves et élaboré une législation très sévère contre les grévistes.

Les naissances d'enfants vivants étaient en 1909 de 3.690 et les décès de 2.510 par 100.000 habitants ,soit un excédent de 1180 par 100.000 habitants. La très grande culture, celle des céréales surtout, n'occupe pas en permanence un grand nombre de bras, de sorte que les travailleurs ruraux sont voués au chômage pendant une grande partie de l’année.

Aussi l’émigration est-elle grande malgré les entraves apportées par le gouvernement. Les prolétaires ruraux fuient chaque jour plus nombreux leur patrie pour aller vers des régions plus habitables pour eux.

Cette émigration a été de 615 pour 100.000 habitants en 1909 et elle a été en tout de 129.000

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individus (ann. stat.). Tout part : hommes, femmes, enfants, vieillards et il semble bien que le gouvernement hongrois soit impuissant à arrêter le mouvement d’émigration redoutable pour un pays qui n'a que 64 habitants par kmq. Le com-

te Maïilath dit à ce sujet : « Depuis une quinzaïi-

ne d'années, l’émigration jette une ombre noire sur la situation économique et sociale de la Hongrie.

« L’émigration de notre peuple n’est due en aucune façon à un excès de population ; elle constitue une perte sèche et doit être considérée comme le résultat d’un état maladif bien plus que comme une conséquence d’une situation saine.

Elle enlève chez nous à l’économie nationale des forces ouvrières nécessaires, souvent même irremplaçables ; ces effets funestes se font sentir surtout dans l’agriculture ; elle amoiïindrit la force de l'Etat et enlève au foyer le chef de famille. Dans ces derniers temps, l’émigration des femimes et des enfants est devenue de plus en plus fréquente. Au lieu de quelques particuliers, ce sont des familles entières qui quittent le pays. « La perte en hommes causée en Hongrie par l'émigration est aujourd'hui supérieure à l’accroissement naturel de la population » (1).

Nous avons demandé à M. le Délégué commercial de Hongrie à Marseille, s’il ne serait pas possible de canaliser vers la France un courant qui est surtout dirigé vers l'Amérique du Nord.

(1) Revue économique inter nalionale. Juin 1905.

I1 serait peut-être intéressant pour notre pays de recevoir un Complément de main-d'œuvre saisonnière venue d’un pays essentiellement agricole et fournie par des individus habitués aux rudes et pénibles travaux des champs comme les Hongrois ; D’autre part comme le reconnaissait le délégué commercial lui-même ,la question peut être intéressante pour la Hongrie qui ne verrait pas s’en aller et pour toujours la partie robuste et vraiment laborieuse de sa population.

Nous croyons savoir que la question est à l’étude et que le problème sera posé dans les milieux officiels hongrois.

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