RUE VU
On les considère comme indispensables. Le
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Président du Syndicat des Agriculteurs et Vignerons de l'arrondissement de Château-Thierry dit à ce sujet : « Les ouvriers et serviteurs du pays sont réfractaires aux soins de l’étable et bien qu'on rencontre quelques vachers Bretons ou Auvergnats, on se demande comment sans les Suisses pourrait se faire le service des vacheries comptant 30 ou 40 têtes et même plus ».
Un vacher gagne en moyenne 60 francs par mois, nourri et logé. S'il n’est ni nourri, ni logé, son mois est doublé en général.
La Compagnie agricole de la Crau et des Marasi de Fos, lors des premiers travaux, avait fait appel à des ouvriers hollandais qui avaient l’habitude des terrains marécageux. On avait fait venir en même temps de Hollande des chevaux plus aptes que les chevaux ordinairement utilisés dans le pays au travail des marais et qui pouvaient se tirer des « gargattes » ou parties boueuses alimentées par des sources ou laurons.
Parfois les chevaux, malgré des sabots ad-hoc, disparaissaient ne laissant voir que la tête: hommes et chevaux arrivaient cependant après bien des efforts il est vrai, à se tirer de ces mauvais pas. -
Les ouvriers hollandais mariés gagnaient 140 francs par mois, les célibataires 125 francs ; mais la femme de l’ouvrier marié devait s’entendre avec les célibataires pour la nourriture qu’elle était tenue de leur préparer s'ils le demandaient comme elle était obligé de tenir en parfait état de propreté l'appartement qu’elle
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habitait avec son mari et le dortoir des célibataires. Elle devait en outre laver deux fois par mois les draps de lit et les réparer : elle recevait pour ces soins de lingerie 0 fr. 20 par drap.
Comme on le voit on est loin des conditions de couchage et d'hygiène des puvriers agricoles dont nous avons parlé jusqu'à maintenant. D'ailleurs les Hollandais, gens très propres, sont en outre très sobres : ils se nourrissent très bien sans faire des excès. C’étaient de bons hommes et pour le travail des marais ils rapportaient plus que les ouvriers français ; ils étaient agiles et on peut les comparer aux Bœærs ajoute le correspondant qui nous à renseigné à leur sujet.
Il a été déjà dit qu'un essai d'ouvriers Kabyles avait ét tenté par des agriculteurs de l’arrondissement d'Aix. N’ayant pas la main-d'œuvre suffisante au moment des moissons, un propriétaire, ayant entendu dire que des Kabyles étaient disponibles à Marseille, se rendit dans un bar du quai de la Joliette et en embaucha dix. C’étaient des hommes très robustes et capables de fournir sans protester une somme de travail considérable; mais ils n'étaient pas au courant des travaux. Néanmoins ils ont été très utiles et ils ont permis au propriétaire de mener à bonne ‘fin les moissons commencées. Mais les ouvriers français les voyaient d’un assez mauvais œil non parce qu'ils les considéraient comme des concurrents, mais surtout parce qu'ils ne les comprenaient guère, les Kabyles parlaient un
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français déplorable, et aussi parce qu’ils étaient sales : ils sentaient mauvais et mangeaient avec les mains. Le propriétaire dut les mettre complètement à part.
L’essai n’a pas eu d’autres suites, mais si pour une raison quelconque il était'utile de faire appel à la main-d'œuvre kabyle, peut-être pourraiton éviter les inconvénients signalés ci-dessus en choisissant convenablement les hommes nécessaires.