‹ La Main-d’Œuvre Étrangère dans l’Agriculture FrançaiseChapitre 5 sur 49 · A VOS · texte numérisé non relu

A VOS

Le territoire de notre pays est par conséquent chaque jour davantage mis en valeur et la production est devenue telle que la France a pu non seulement satisfaire presque en totalité les besoins de ses habitants, mais encore fournir aux autres pays un grand nombre de produits agricoles parmi lesquels les produits de luxe horticoles, maraîchers et fruitiers ne sont pas les moins importants.

Cette situation exceptionnelle de notre pays au point de vue agricole à fait dire à un grand agriculteur allemand qui parlait à M. Viger : « Comme vous êtes heureux en France ; vous êtes le seul pays du monde qui actuellement produise le pain de ses habitants, la viande, le sucre, l’alcool, la flécule, les légumes, puis les fleurs pour embellir votre existence, enfin le vin qui, si on en croit le proverbe, doit réjouir le cœur des Français ». (1)

Cependant un certain malaise continue à régner dans les milieux agricoles français. On ne dit plus, comme il n'y a pas longtemps, que nous souffrons de la crise agricole pour définir une perturbation d’origine purement économique qui faisait vendre à vil prix les produits du sol, on parle de crise rurale pour définir un phénomène démographique absolument général mais auquel pour le moment on attribue un caractère de gravité plus grand chez nous que partout ailleurs. î

(1) Le Musée Social.— Mémoires et documents.— Mars 1912,

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Les travailleurs des champs désertent la ferme pour la boutique, l’usine ou le sous-sol :leur nombre ne diminue pas seulement par rapport à la population globale, c’est-à-dire en valeur relative, mais il diminue en valeur absolue comme nos statistiques l’établiront. Les déserteurs ne sont en effet pas remplacés par les jeunes : les naissances sont insuffisantes pour combler les vides ; la natalité d’ailleurs en France est à pei- . ne supérieure à la mortalité. Ce phénomène paraît d'autant plus inquiétant que la population rurale remarquable par son activité et généralement supérieure par sa fécondité à la population urbaine, allant diminuant il y a lieu de redouter pour l'avenir une natalité toujours décroissante.

La conséquence de cette situation est que dans notre pays la terre n’a plus assez de bras à sa. disposition pour'produire {tout ce qu’elle pourrait produire . :

Dans de récents et très intéressants congrès le problème a été «envisagé : on y a fait de remarquables rapports, émis des multitudes de vœux, demandé aux pouvoirs publics d’enrayer le mal et fait appel à lPinitiative privée ; mais les résultats, nous continuons à le voir aujourd’hui, sont à peu près nuls. Notre état social est tel que les salariés de la terre trouvent qu'ils n'ont plus intérêt à rester aux champs.

Le grave problème qui se pose depuis assez longtemps dans l’agriculture française ne peut être résolu qu'avec le concours des travailleurs

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étrangers. En réalité depuis longtemps il avait été partiellement résolu : les peuples voisins venaient déjà à certaines époques travailler chez nous. Aujourd'hui par suite des progrès réalisés dans notre agriculture et malgré le développement du machinisme agricole il nous faut songer à organiser cette immigration des ouvriers agricoles étrangers.

Le but de notre étude est précisément, après avoir posé le problème et en avoir étudié en détail toutes les données, de montrer comment à notre avis, il faudrait organiser l'immigration pour le résoudre intégralement.

Nous avons fait appel pour nous documenter à un certain nombre d'organisations et de persunnes françaises ou étrangères. Il nous fallait eu effet obtenir certains documents, en contrôler d’autres, préciser quelques points de détail €t avoir enfin quelques renseignements particuliers. Nous avons rencontré partout et auprès de tous le meilleur accueil : nous devons de chaleurcux remerciements à tous et c’est de grand cœur que nous les leur adressons.

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